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Une étude scientifique réalisée en Chine montre que la pollution nuit sérieusement aux capacités cognitives
©NICOLAS ASFOURI / AFP

Dangers insoupçonnés

Une étude scientifique réalisée en Chine montre que la pollution nuit sérieusement aux capacités cognitives

L'exposition chronique à la pollution atmosphérique pourrait faire chuter l'intelligence selon une récente étude en Chine.

Antoine Tanet

Antoine Tanet

Antoine Tanet est neuropsychologue au service Psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière, doctorant dans le laboratoire ISIR (Cnrs-Paris VI). Il exerce aussi en libéral à Tours.

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Atlantico : Une nouvelle étude en Chine suggère que l'exposition chronique à la pollution atmosphérique pourrait faire chuter l'intelligence. Concrètement, que se passe-t-il ? Comment expliquer ce lien entre pollution et intelligence ? Quels sont les risques vraiment encourus ?

 
Antoine Tanet : Dans cette étude ils font un lien de corrélation. Il y a deux phénomènes.
 
Le premier, c'est l'exposition des polluants sur des critères spécifiques d'évaluation du fonctionnement intellectuel qui entraîne une diminution des performances. Mais ils ne font pas de lien de cause à effet direct. Il y a d'autres facteurs intermédiaires qui peuvent intervenir comme la qualité de la vie, l'exposition aux relations sociales.
 
Deuxième élément, d'un point de vue développemental, tout produit qui viendra altérer le développement du système nerveux le plus précocement possible peut avoir des conséquences sur la capacité d'un enfant à apprendre et à interagir avec son environnement. Les données montrent que plus l'exposition est précoce, plus le risque d'avoir des problèmes respiratoires et développementaux est important.
 

Cette tendance peut-elle être considérée comme réversible ?

 
Je pense que nous n'en savons rien. On peut toujours compter avec un effet d'entraînement et un travail de rééducation cognitive pour améliorer les performances cognitives. Un des problèmes de cette étude, c'est qu'elle ne prend pas en compte le vieillissement qui implique un fonctionnement intellectuel différent. Nos capacités ne diminuent pas avec le temps, mais elles évoluent. Dans l'étude, les mêmes tests sont utilisés qu'importe l'âge. Si on voulait être plus précis, il faudrait choisir des tests différents. À travers l'âge, nos performances sur des tâches mathématiques par exemple, diminuent. De même que la rapidité d'esprit.
 

Qui sont les personnes les plus concernées ?

 
L'étude commence de 10 ans et va jusqu'à 55 ans.
 
On constate que les personnes les plus exposées sont celles qui appartiennent à des catégories socio-professionnelles basses. Tous ces facteurs sont difficiles à maîtriser.
 
Même s'il est difficile d'isoler ce facteur sur un produit en particulier, de plus en plus de données nous montrent que l'exposition précoce a un impact.

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