Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Science

Archéologie spatiale

Un nouveau site archéologique repéré par satellite pourrait totalement réécrire l’histoire des Vikings en Amérique du Nord

Jusqu'à présent, on n'avait connaissance que d'un seul site viking en Amérique du Nord. La découverte d'un deuxième pourrait changer notre compréhension de ce pan de l'histoire.

Un petit fait historique que la plupart des gens savent, mais sans en savoir beaucoup plus : il est maintenant prouvé que les premiers européens à avoir découvert l'Amérique n'étaient pas Christophe Colomb et ses compagnons, mais bien les Vikings, qui, partis de l'Islande, bâtirent des sites au Canada.

Tout de suite, beaucoup de questions viennent à l'esprit : combien étaient-ils ? Pourquoi sont-ils venus ? Sont-ils restés ? Longtemps ? Comment ? Pourquoi sont-ils parti ? Comment les Vikings ont-ils pu laisser ce nouveau continent sombrer dans l'oubli pour quelques siècles de plus ?

La raison pour laquelle on se pose ces questions est qu'on n'a aucune réponse. Tout ce qu'on sait, c'est les légendes de quelques sagas islandais sur un héros roux chassé de son village et qui navigue vers l'ouest, et la découverte d'un seul site archéologique au nord du Newfoundland, au Canada — assez pour prouver que les Vikings étaient effectivement là, mais pas assez pour nous en apprendre plus.

Après L'Anse aux Meadows, Point Rosee

Pas assez…jusqu'à aujourd'hui. En effet, des archéologues ont découvert un nouveau site qui montre probablement un nouvel établissement viking. A presque 500 kilomètres du premier site de L'Anse aux Meadows, à un lieu-dit appelé Point Rosee (ah, ce mélange canadien de français et d'anglais…), des archéologues ont trouvé…pas grand-chose, mais tellement : une pierre fracturée par le feu et quelques bouts de fer forgé sortis de la boue

"Soit […] c'est une toute nouvelle culture qui ressemble exactement aux Vikings et que nous ne connaissons pas, ou c'est un site viking, le plus occidental qu'on ait découvert", explique Sarah Parcak, exploratrice en chef, au Washington Post.

La découverte de fer forgé est particulièrement significative : il n'y a qu'un seul autre site découvert de forgerie de fer dans toute l'Amérique du Nord — à L'Anse aux Meadows. Et il n'y a aucune trace d'autres cultures au site, soit indigènes, soit des européens arrivés après Christophe Colomb. La probabilité qu'il s'agisse d'un site viking semble quand même vraiment élevée.

L'archéologie depuis l'espace, c'est possible

Parcak n'est pas du tout experte en vikings. Au départ, ce professeur à l'Université d'Alabama (Birmingham) a passé sa carrière à chercher des antiquités égyptiennes dans le désert, pas des cailloux vikings au Canada. Mais elle est également experte d'une pratique qui pourrait ressembler à un oxymore : l'archéologie spatiale.

Parcak examine des images prises par des caméras à presque 650 kilomètres de la surface de la Terre. Certains signes précis, comme une décoloration du sol, ou certains changements de végétation, suggèrent qu'il pourrait y avoir quelque chose d'enterré. Parcak est même capable de découvrir des passages souterrains ou des bâtiments enterrés avec un scanner à l'infrarouge.

Jusqu'à présent, Parcak a découvert 17 pyramides, 1 000 tombes et près de 3 000 sites oubliés…et peut être un site viking. L'archéologie spatiale, ça existe pour de vrai, et ça sert à quelque chose.

En savoir plus sur nos ancêtres les Vikings

La question essentielle sur la présence viking en Amérique du Nord est la suivante : furent-ils juste de passage, ou se sont-ils installés plus durablement qu'on ne le croyait ?

Depuis la découverte de l'Anse aux Meadows en 1960, aucune recherche de nouveau site viking n'a abouti, ce qui a mené beaucoup d'archéologues à conclure que les vikings n'ont eu qu'un séjour très bref et épisodique en Amérique du Nord. Mais "S'il y en a deux, il y a peut-être plus [de sites]", s'enthousiasme Parcak.

Que recèle le site ? On a trouvé des traces de bâtiments, mais ceux-ci n'ont pas encore été identifiés : des maisons ? Des entrepôts ? Autre-chose ? Et surtout, est-ce que le site de Point Rosee était un point d'arrivée — un site éphémère — ou un point de départ — un élément d'un archipel de colonies qui signalerait une présence durable des vikings en Amérique du Nord ?

Si c'était le cas, ce serait vraiment un pan de l'histoire qu'il faudrait réécrire.

Commentaires
Nos articles sont fermés aux commentaires.