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Emmanuel Macron après une cérémonie marquant la réouverture du grand magasin emblématique de Paris "La Samaritaine" après 16 ans de fermeture, le 21 juin 2021 à Paris
Emmanuel Macron après une cérémonie marquant la réouverture du grand magasin emblématique de Paris "La Samaritaine" après 16 ans de fermeture, le 21 juin 2021 à Paris
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Un appétit d’ogre

Uber, über alles

N’est-ce pas Emmanuel Macron ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Un lobbyiste de la multinationale a balancé à la presse 124 000 documents internes d’Uber. Mails, SMS … On découvre ainsi comment, et par quels moyens, cette firme est partie à la conquête de la planète. Des économistes mobilisés et achetés, des sollicitations pressenties auprès des gouvernements pour qu’ils se prêtent à l’uberisation. 

Rien là que de très normal ni même de répréhensible. Dans le système capitaliste, tout est bon pour agrandir les parts de marché. Toute la presse européenne publie les documents d’Uber. Pour la France, c’est Le Monde qui en a eu la primeur. On y apprend entre autre qu’Uber a fait entrer dans son capital Bernard Arnaud et Xavier Niel. Dans un mail, un des artisans de cette enquête écrit à sa direction américaine : « nous n’avons pas besoin de leur argent mais leur influence peut nous être utile ». 

Question influence, des émissaires d’Uber se sont rendus à Bercy. C’était en 2016 et le ministre de l’économie d’alors s’appelait Emmanuel Macron. Les uberistes ont attiré son attention sur les blocages administratifs qui freinaient l’expansion de leur société en France. Macron les a écoutés d’une oreille très bienveillante. Et leur a, semble-t-il, donné quelques conseils. 

Un des émissaires d’Uber a envoyé le mail suivant aux États-Unis après l’entrevue : « du jamais-vu, on nous aime en France ! ». Ainsi, Uber s’installa chez nous. Ainsi, des milliers d’emplois furent créés dans notre pays dans des conditions il est vrai très particulières. Une bonne affaire pour Uber. Et peut-être une bonne affaire pour la France. Il était logique qu’à Bercy on ait souhaité faciliter les choses. Ce qui l’est moins, c’est que ce soit le ministre lui-même qui ait mis la main à la pâte. 

Un chef de cabinet, un directeur, un sous-directeur auraient suffit. Mais Emmanuel Macron ne résiste jamais à la tentation de fréquenter les riches. C’est chez lui un problème d’égo. On ne lui demande certes pas de s’acoquiner avec ceux qui ne sont rien. 

Mais il aurait été prudent de sa part de prendre en compte le ressenti du bas peuple quand celui-ci entend parler d’Uber. François Hollande a fait savoir que lorsqu’il était à l’Elysée, il n’avait eu aucune connaissance d’un entretien ou d’un deal entre Macron et les représentants d’Uber. Son ministre de l’Économie lui aurait-il fait des cachotteries ? 

PS : Gabriel Attal a oublié qu’il n’était plus porte-parole et a déclaré a propos de l’affaire Uber : « un gramme savon et des tonnes de mousse » ! Le « gramme de savon » c’est la rencontre entre Macron et les émissaires d’Uber. Forcément ça fait beaucoup de mousse… 

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