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Tous les moyens d'aider les migrants
©Reuters

Le plan de secours des citoyens

Tous les moyens d'aider les migrants

Depuis le début de l'année 2015, plus de 300 000 réfugiés ont voyagé clandestinement en Méditerranée pour rejoindre l'Europe au péril de leur vie. Comment les citoyens de l'Union européenne peuvent-ils leur venir en aide ?

Selon un rapport publié par l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés en juin dernier, près de 60 millions de personnes ont été déplacées de force de leurs foyers à la fin de l'année 2014, dont 19,5 millions d'entre eux étaient des réfugiés, soit plus de 3 millions que l'année précédente. La moitié de ces réfugiés étaient des enfants.

La photo saisissante du corps d'Aylan Kurdi, un petit garçon syrien de 3 ans, gisant sur une plage turque après que le navire qui transportait sa famille ait chaviré en mer, a créé la consternation et donné un visage à la crise des migrants. Face à cela, Antonio Guterres, le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), a appelé à la répartition d'au moins 200 000 réfugiés dans les états de l'Union européenne et estimé qu'il était vital pour l'Europe de participer à ce programme d'aide aux migrants. Mais comment venir en aide aux réfugiés de façon productive ? Quels sont les différents moyens, pour un citoyen, d'apporter son soutien aux migrants ?

1. Faire des dons financiers... mais à qui ?

L'intermédiaire entre l'Europe et les camps de réfugiés situés en Jordanie, au Liban ou en Turquie est bien trop difficile pour envoyer de la nourriture et des médicaments. Il arrive souvent que les dates de péremption soient dépassées et que ces produits ne servent plus à rien une fois arrivés à destination. Pourtant, les familles de réfugiés forcées de fuir leur maison à la hâte, n'ont que très peu de ressources et vivent souvent dans des conditions sanitaires déplorables. La précarité de leur situation peut ainsi favoriser le développement d'infections et de maladies, que la mal nutrition ne peut qu'encourager. En outre, le meilleur moyen de venir en aide à ces réfugiés reste le don financier, qu'il soit fait auprès d'une association nationale ou d'une organisation internationale.

La Croix Rouge

Il existe plusieurs organismes pouvant récolter et reverser cet argent. En faisant un don à la Croix Rouge par exemple, l'argent pourra être reversé au Croissant Rouge en Syrie. L'association a par ailleurs publié sur son site Internet, une carte des zones où les dons financiers sont reversés en priorité.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)

Le HCR est le principal acteur mondial de l'aide humanitaire apportée aux réfugiés et concentre ses actions principalement sur la protection des migrants, les interventions d'urgence et l'aide humanitaire comme la construction d'abris ou le ravitaillement d'eau et de nourriture. Le HCR s'efforce également d'apporter des solutions durables comme l'intégration locale et la réinstallation des réfugiés. La contribution financière des citoyens est importante pour continuer à agir sur le terrain.

Médecins Sans Frontières (MSF)

MSF œuvre pour l'ouverture d'hôpitaux dans les camps de réfugiés, la distribution de fourniture et de soins médicaux, psychologiques et nutritionnels. L'organisation s'occupe également de ravitailler les réfugiés en eau potable et lance régulièrement des opérations de sauvetage pour retrouver les migrants égarés en Méditerranée. En 2014, les MSF ont dépensé 3,5 millions d'euros en Syrie.

L'Unicef

L'Unicef défend et protège les enfants dans près de 190 pays de la planète. L'organisation est notamment présente en Macédoine, pays de passage des migrants et met à la disposition des milliers de personnes qui affluent chaque jour, des tonnes d'eau potable afin qu'elles puissent s'hydrater.

Il est également possible de faire des dons à l'organisation Save the Children qui distribue de la nourriture et des vêtements en Jordanie, au Liban, en Irak et en Égypte. De même que les contributions financières faites auprès de Médecins du Monde permettent aux bénévoles d'apporter les premiers soins aux réfugiés qui ont parfois marché pendant des jours, sans manger ni boire.

2. S'informer et communiquer sur la crise des migrants qui s'étend à l'échelle mondiale

Depuis le début de l'année 2015, plus de 300 000 réfugiés ont voyagé clandestinement en Méditerranée, la plupart du temps dans des conditions dangereuses. Quelques 200 000 réfugiés sont parvenus à gagner les côtes grecques, tandis que 110 000 autres ont débarqué en Italie. A ce jour, 2 500 personnes ont perdu la vie en tentant de se rendre en Europe. Cette crise des migrants, provoquée essentiellement par les conflits qui ont éclaté au Moyen-Orient et en Afrique sub-saharienne, s'inscrit comme le plus important déplacement d'êtres humains sur la planète depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il est très important de se tenir au courant de l'évolution de cette crise et de prendre conscience de l'état d'urgence. Selon le droit international, un réfugié est quelqu'un qui fuit les conflits armés ou la persécution de son pays et qui cherche refuge au-delà des frontières internationales. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) définit les réfugiés comme "des gens pour qui le refus de l'asile a des conséquences potentiellement mortelles".

3. S'engager bénévolement

La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge offre la possibilité de s'engager bénévolement dans des sections locales à travers le monde. La main d'œuvre sur place et l'aide apportée aux autorités locales nécessitent un grand nombre de bénévoles, notamment à proximité des camps de réfugiés.  

De son côté, l'organisation Médecins du Monde recherche régulièrement des bénévoles pour compléter l’équipe du programme Migrants Littoral Nord Pas de Calais. L'objectif de la mission : principalement "distribuer des kits d'hygiène" ainsi que le "matériel de première nécessité", "organiser les files d'attente" et offrir (si besoin) les premiers soins médicaux aux migrants. Sur son site Internet, Médecins du Monde précise que "chaque année, plus de 2000 bénévoles s’investissent en donnant du temps et en mettant leurs compétences et leur motivation au service de l’association sur une centaine d’actions en France et au siège".

4. Accueillir un migrant dans sa famille

En Allemagne, le concept d'accueillir des réfugiés chez soi a déjà séduit de nombreux citoyens. Le site Internet Bienvenue aux réfugiés met en relation des migrants et quelques 800 personnes désireuses de leur venir en aide afin de les héberger le temps d'obtenir les papiers nécessaires à leur insertion dans la société.

En France, l'association Singa a également développé le projet, qu'elle a baptisé Calm (Comme à la maison).  En seulement quelques jours, 200 personnes s'étaient déjà inscrites sur le site et souhaitaient accueillir des migrants en difficulté. "C'est plutôt cool parce qu'on manque de logements sur Paris, alors que c'est l'endroit où on a le plus de réfugiés statutaires" s'est enthousiasmé Nathanaël Molle, le cofondateur du projet. "Il y a aujourd'hui un vrai réveil de la société civile sur cette question-là. On ne peut plus rester sans rien faire, c'est un message qu'on reçoit tout le temps" a-t-il ajouté.

Alice Barbe, elle aussi cofondatrice du projet, a expliqué qu'il y avait " tous types de familles parmi les inscrits: des agriculteurs, des banquiers, des gens qui vivent à la campagne, d'autres en ville, à Béziers, Montpellier, Bruxelles…". Selon elle, "il peut y avoir des différences culturelles sources de malentendus. Il est important par exemple que réfugiés et familles fixent une charte sur le fonctionnement au quotidien […] "Si on donne une chance à ces réfugiés et si on améliore les conditions d'accueil, on peut arriver à une société ou le vivre-ensemble est possible pour tout le monde".

5. Signer les pétitions mises en ligne sur la toile et participer aux manifestations 

Il s'agit certainement de l'action la plus complète, rapide, et accessible pour se mobiliser collectivement afin de faire bouger les lignes en transmettant un message clair aux décideurs politiques, en France comme à l'échelle européenne.

Depuis quelques semaines, plusieurs pétitions ont été créées et circulent désormais sur internet. L’une des initiatives les plus récentes s'intitule "Nous voulons accueillir des réfugiés". Celle-ci a été mise en ligne le 1er septembre par le mouvement baptisé "Vague citoyenne", récemment mis sur pied dans le sud-ouest de La France. En à peine 72 heures, cette pétition a déjà recueilli plus de 16 000 signatures sur internet. À une échelle plus importante, la pétition intitulée "Pour que cesse la honte en Europe" a été mise en ligne au mois de juillet 2015 et compte déjà plus de 460 000 signataires. Le texte de cette pétition a été adressé aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne. Plusieurs autres textes veulent inciter à l'engagement sur des questions plus précises, comme en France, l'aide médicale apportée aux migrants de Calais. 

Par ailleurs, différents rassemblements citoyens ont été lancés ces derniers jours sur le réseau social Facebook, avec le slogan "Pas en notre nom". Les organisateurs appellent à une manifestation samedi 5 septembre à 17 heures place de la République, à Paris, afin crier haut et fort leur solidarité avec les migrants.

Dans le même temps, plusieurs autres rassemblements auront lieu dans une dizaine villes à travers l'hexagone : à Bordeaux, à Montpellier, à Grenoble, à Vannes, à Nantes, à Briançon, à Strasbourg (à 16 heures) ou à Arras. A Rouen, une manifestation est prévue le dimanche 6 septembre. Deux autres seront organisées dimanche 13 septembre à Rennes et Marseille.

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