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Tentative d'attentats aux bonbonnes de gaz : l'été qui a changé la France a-t-il aussi changé les aspirants terroristes ?
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Nouveaux périls

Tentative d'attentats aux bonbonnes de gaz : l'été qui a changé la France a-t-il aussi changé les aspirants terroristes ?

Alors que la France a connu un été particulièrement sanglant en matière d'attentats à caractère islamiste et que le débat sur la laïcité a été ravivé par la polémique autour du burkini, un projet d'attentat a récemment été déjoué, impliquant de jeunes femmes musulmanes.

Guylain Chevrier

Guylain Chevrier

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant, formateur et consultant. Ancien membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration. Dernier ouvrage : Laïcité, émancipation et travail social, L’Harmattan, sous la direction de Guylain Chevrier, juillet 2017, 270 pages.  

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François-Bernard Huyghe

François-Bernard Huyghe

François-Bernard Huyghe, docteur d’État, hdr., est directeur de recherche à l’IRIS, spécialisé dans la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique, derniers livres : « L’art de la guerre idéologique » (le Cerf 2021) et  « Fake news Manip, infox et infodémie en 2021 » (VA éditeurs 2020).

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Atlantico : Dimanche 4 septembre, un projet d'attentat impliquant trois jeunes femmes "radicalisées" a été déjoué à Paris. La présence de jeunes femmes dans un tel projet, dont une se serait revendiquée de l'EI, paraît être un phénomène nouveau en France. En quoi l'été 2016, entre attentats et crise autour de la laïcité avec la polémique sur le burkini, a-t-il pu participer à ce phénomène ? Dans quelle mesure une tendance à la "victimisation" de la communauté musulmane peut-elle être dangereuse ?

François-Bernard Huyghe : L’apparition de femmes djihadistes n’est pas tout à fait nouvelle : je vous rappelle qu’on a pu voir ce genre de femmes originaires de Tchétchénie dans des opérations commando, qui se sont faites exploser, etc. Elles ont commencé à participer aux activités djihadistes d’Al-Qaïda avant celles de Daech. On remarque que cette dernière organisation emploie également beaucoup de femmes, et pas seulement pour faire la cuisine ou des petits djihadistes. Il y en a certaines à qui l’on confie des tâches de police au sein de leur police des mœurs ; d’autres, semble-t-il, combattraient même. Comme à chaque fois avec Daech, ils vont chercher des arguments théologiques. On a remarqué récemment des articles parus dans les médias du groupe djihadiste, comme Dar al-Islam, s’adressant aux femmes sur la manière de bien se conduire en tant que "sœur", d’être solidaire avec les autres "sœurs", etc. D’autres articles faisaient mention des "sœurs" savantes ayant existé par le passé, celles qui ont connu la prospérité économique du temps du prophète, allant jusqu’à affirmer que certaines pouvaient même se battre ; on pourrait presque dire que Daech serait devenu quelque peu "féministe", en ce sens que les femmes semblent avoir désormais, elles aussi le droit de combattre et de mourir pour cela. On peut prendre aussi l’exemple de la veuve d’Amedy Coulibaly, qui a été présentée par les djihadistes comme une héroïne. On s’est également rendu compte, à travers des photos, qu’elle s’entraînait au pistolet-arbalète avec son compagnon. Une fois arrivée en Syrie, elle a donné des interviews aux différents supports médiatiques de Daech dans lesquelles elle appelait les "sœurs" au combat.

Si l’on tient compte désormais, après l’aspect théologique, de l’aspect sociologique du phénomène, on a pu remarquer en France des "sœurs de", "cousines de", "mères de", "femmes de", etc. qui ont pu beaucoup participer aux opérations pour des rôles secondaires comme trouver des abris, porter des messages, etc. mais également dans le recrutement. Ainsi, il y a un certain nombre de femmes musulmanes françaises, et notamment chez les nouvellement converties, qui sont attirées par le djihad comme une manière de s’émanciper.

Pour en revenir sur le débat autour du burkini, je ne pense pas que celui-ci ait suscité de nouvelles vocations djihadistes chez les femmes musulmanes françaises. Le vote de la loi sur le mariage pour tous a bien plus secoué les femmes musulmanes croyantes que l’affaire du burkini qui, pour elles, n’a pas beaucoup d’importance ; je rappelle d’ailleurs que pour les authentiques djihadistes, les femmes qui portent un burkini sont considérées comme d’effroyables salopes. Les vocations djihadistes auprès des femmes musulmanes françaises sont davantage alimentées par les bombardements en Syrie et la dissolution de nos mœurs.

On a beaucoup tendance en France à produire des théories sur la guerre civile dans lesquelles les djihadistes souhaiteraient stimuler le FN, sinon les réflexes identitaires, ou du moins que le racisme et l’islamophobie des Français se développent très ouvertement afin de susciter le soulèvement des musulmans. Je n’ai vu ces thèses que chez des intellectuels parisiens et aucunement dans la presse djihadiste. D’ailleurs, l’EI ne reproche pas à la France d’être raciste, identitaire, etc. L’EI a pu appeler, dans l’un des numéros de son magazine, à commettre des attentats contre le FN, non pas parce qu’il s’agit d’un parti dangereux, antimusulman, mais parce que le groupe considère ce parti comme idolâtre. L’accusation de racisme des Français est quasiment absente de leur littérature, contrairement à Al-Qaïda.

Quant à la victimisation de la communauté musulmane française mentionnée dans la question, le problème que pose véritablement le burkini réside dans l’interprétation, par les non musulmans, du port de ce vêtement comme une avancée territoriale. Chez beaucoup de Français, il y a le sentiment d’une agressivité dans l’ostentation identitaire de l’islam. Encore une fois, il faut faire la distinction entre islamisme et djihadisme. Ce ne sont pas les tensions autour de symboles d’appartenance identitaire entre musulmans et non musulmans qui produisent des djihadistes supplémentaires en France. Les aspirants djihadistes sont motivés par le fait que la France bombarde la Syrie, que la France est un pays athée aux mœurs abominables, et que la loi des hommes est opposée à la loi de Dieu. 

Guylain Chevrier : La victimisation dont font preuve les musulmans qui revendiquent le burkini ou s’en sentent solidaires, cache mal un phénomène qui pose de graves problèmes à note société. L’affirmation, à travers des signes de plus en plus ostensibles, d’exigences religieuses pousse dans le sens d’une mise à part qui rejettent la modernité démocratique. On voit de plus en plus s’afficher l’infériorité juridique et sociale de la femme musulmane, et à travers elle, de la femme tout court, qui doit cacher son corps pour rester pure, désignant les autres comme impures, sur un fond de retour du sacré. On pousse là dans le sens d’un affrontement avec le reste de la société.

Malek Chebel avait appelé au lendemain de l’attentat de Nice, dans le journal Le Parisien, à ce que les musulmans fassent passer leur citoyenneté avant leur religion et à faire preuve de plus de discrétion. On a assisté au contraire ensuite à une provocation en règle avec la multiplication de burkinis sur les plages, sur la Côte d’Azur, jusqu’à Nice même où un camion, au nom d’Allah, a pulvérisé une centaine de personne le 14 juillet dernier. Il n’y a aucune volonté d’apaisement du côté de ceux qui soufflent dans le sens du communautarisme, ce qui ne devrait pas laisser indifférent le Conseil d’Etat, comme cela a été le cas en déclarant illégaux les arrêtés anti-burkini. Même si tous les maires n’étaient peut-être pas indemnes d’arrières-pensées politiques en prenant ces arrêtés, ils ont été pris en l‘absence d’autres moyens, pour prévenir des risques de trouble à l’ordre public, qui n’est autre que l’ordre républicain. Un ordre des valeurs et un idéal - liberté-égalité-fraternité - attaqués de plein fouet par ces manifestations. Cela a exprimé comme jamais le refus du mélange au-delà d’une communauté de croyance, et avec elle la volonté d’une mise à part à hauts risques.

On cherche à expliquer que ce serait la laïcité qui pousserait à se radicaliser, alors que depuis les premiers voiles dans l’école publique à Creil, en juin 1989, on assiste à travers la montée des affirmations identitaires à une même offensive contre la laïcité, qui est l’obstacle majeur à la mise en place du communautarisme dans notre pays. Il ne faut pas inverser les termes de ce qui se joue, ici.

En criant à la victimisation dans cette affaire, une fois de plus, on pousse à croire qu’il y aurait une injustice à s’opposer à ce mouvement de mise à part sur fond de rejet des valeurs communes. On renforce ainsi des rancœurs comme autant de malentendus, sur les exigences d’une intégration républicaine en dehors de laquelle il n’y a pas de vivre ensemble possible. On aiguise les tensions et on invite à se tromper de colère, ce qui ne peut être qu’un atout entre les mains des endoctrineurs, qui préparent les esprits de certains à partir en Syrie ou à commettre de nouveaux attentats. N’oublions pas non plus qu’ainsi, on détourne la vigilance de nos concitoyens de confession musulmane sur la défense de leurs propres libertés, sur lesquelles pèsent ce communautarisme et cette victimisation. Tout un climat de tensions qui renforce les risques de passage à l’acte, comme on l’a vu avec cet attentat avorté à Paris organisé par des radicalisées.

 

Outre les discours pro-burkini, cette volonté de passer à l'acte des trois jeunes femmes peut-elle témoigner d'un problème lié au communautarisme en France ? En quoi l'été 2016 a-t-il pu participer à l'aggravation du phénomène ?

Guylain ChevrierEn croyant pouvoir s'en remettre aux seuls libertés et droits de la personne, quand c'est l’affirmation d’un groupe de pression identitaire qui tire derrière de façon évidente les ficelles, qui est en jeu, on laisse ces libertés et droits être bafoués par l'usage qui en est fait, pour entraîner une partie de ceux qui vivent sur notre sol à se séparer, à se retourner contre les autres. Et jusqu’où ?

A travers la tolérance du burkini, on laisse s’insinuer dans notre société, fraichement acquise à l’égalité hommes-femmes, la banalisation d’une infériorité de la femme pour motif religieux comme une liberté, comme la reconnaissance d’un droit d’un groupe à faire prévaloir ses préceptes religieux sur les valeurs et normes communes. En faisant cela, on rend objective l’idée d’une normativité identitaire qui vient assigner des femmes à une religion par leur origine, pour qu’elles se plient devant cet état de fait, ce nouvel ordre de soumission qui s'installe. Un phénomène qui, par sa progression, attire, se rend magnétique vis-à-vis d'une partie de notre société déboussolée. Le burkini n’est rien d’autre qu’un cran de plus sous le signe de la montée de l’intégrisme religieux, qui constitue un terreau de plus en plus favorable à la propagation de la radicalisation.

Des centaines de milliers de femmes ont intériorisé comme légitime un état d’infériorité, parce qu'on a laissé faire la logique communautaire au nom de la liberté de la personne, de la liberté religieuse. Ce phénomène de rupture avec notre société pousse au pire. Il faut stopper cette montée de violence symbolique qui devance la violence tout court, sinon, nous l'aurons à une toute autre échelle et il n'en ira plus d'arrêtés de quelques maires. Combien de femmes demain, pensant devoir se sacrifier sous cette logique de soumission et d’affrontement, deviendront des terroristes dans ces conditions, pour se faire sauter, comme celles qui avaient prévues de le faire près de Notre-Dame en plein Paris ?

François-Bernard Huyghe : Les attentats de cet été ont eu un effet d’imitation. On rentre dans une logique où les « exploits » du djihadiste qui a tué les deux policiers à Magnanville, ainsi que ceux du terroriste de Nice félicités par les djihadistes pour sa « performance technique », suscitent un effet d’admiration.

Pour revenir sur la fille de ce groupe qui a fait allégeance à l’EI comme vous le rappeliez dans la question précédente, il faut bien comprendre que l’allégeance est un acte juridique très important pour l’EI. Cette allégeance signifie que les bons musulmans sont uniquement ceux qui ont fait le djihad et allégeance à la seule autorité qui soit, le califat d’al-Baghdadi. Cette jeune fille a dit qu’elle voulait venger la mort d’al-Adnani, le porte-parole de l’EI. Or signalons quand même que celui-ci a été tué très vraisemblablement par un drone américain…Néanmoins pour eux, d’une manière générale, tous les Occidentaux, tous les athées, les mécréants, sont à mettre dans le même sac et sont globalement criminels vis-à-vis des musulmans.

Quant au problème du communautarisme que soulève votre question, il convient de rappeler que ce terme correspond au fait que des individus, qui ont une appartenance commune culturelle, ethnique et surtout religieuse, ont de plus en plus tendance à se comporter uniquement comme des membres de cette communauté. Ceci est en train d’arriver à beaucoup de musulmans en France ; on voit bien effectivement une montée des signes d’affirmation. Je fais partie d’une génération où l’on ne se posait absolument pas la question du voile, du porc dans les cantines, etc. La question de la religion n’intervenait pas ; le changement s’est produit en l’espace d’une génération. Par ailleurs, il convient de préciser que les pratiquants du djihad appartiennent et se réclament d’une communauté symbolique, celle des bons vrais monothéistes. Selon leur littérature, cette communauté est composée uniquement des bons sunnites salafistes qui font le djihad en Syrie ou qui essayent de tuer des incroyants ; ils ont un mépris énorme pour les sunnites ordinaires, même si la femme porte le voile et qu’ils font bien le ramadan, simplement parce qu’ils ne font pas le djihad. 

Comment mettre un terme à ce phénomène sans tuer le débat autour de l'islam ? Est-il seulement possible de faire émerger des questionnements – et des réponses de part et d'autres – saines dans un tel contexte ?

Guylain Chevrier : "La question est donc de savoir comment faire vivre la religion musulmane dans le cadre de la laïcité ? Si elle ne vit pas dans cadre de la laïcité, elle n’a pas sa place dans la République. Mais à part les radicaux, les salafistes, personne ne remet en cause cela", nous dit Jean-François Carenco, préfet de l’Ile-de France, dans une interview qu’il vient d’accorder (1). Les termes de l’enjeu sont posés. Pour autant, on ne saurait dédouaner aussi vite ceux qui entendent ré-encadrer la société civile par le religieux, en installant un communautarisme que peu ou prou, l’essentiel des représentants de l’islam laissent faire ou encouragent. La constante victimisation dont ils font preuve pousse indéniablement dans ce sens en s’opposant à un dialogue décrispé sur les rapports entre islam et République.

L’entrée dans la modernité de l’islam, passe par le fait qu’il puisse se départir d’une conception de la foi conçue comme supérieure au droit. C’est tout le fond de cette affaire : accepter pour les musulmans qu’en France, il n’y ait ni religion dans l’Etat comme c’est le cas dans les pays musulmans, ni communauté fermée se dotant de principes religieux, constituant une sorte d’Etat dans l’Etat. Ce qui est loin d’être acquis, et c’est à la République ici de savoir en imposer les termes, alors qu’elle vient encore de reculer. Il faut y arriver, que ce soit par la volonté ou l’obligation, savoir affirmer que les libertés impliquent des devoirs qui dépassent même le cadre du droit, mais un droit qui doit être capable, le cas échéant, de les faire respecter. Il en va de la sauvegarde de la liberté de tous. On doit d’autant plus s’atteler à cette démarche, que la neutralité juridique face au burkini laisse les coudées franches à l’extrême droite pour endosser le rôle du sauveur, au risque de mettre par terre les murs de la maison commune.

L’indivisibilité de la République répond à celle du peuple qui fonde le suffrage universel. C’est bien cela qui, au fond, est attaqué, et qu’il faut défendre, principe pour lequel le communautarisme est un péril mortel, puisqu’il divise la société selon des groupes d’appartenance qui font voler en éclat le corps politique, l’intérêt général. Se limiter à la défense d'une laïcité juridique valable uniquement pour l'Etat et ses services, ce serait livrer la société civile au communautarisme, l'Etat laïque lui-même n'y résisterait pas.

La laïcité ne peut être considérée seulement comme principe juridique, car c’est une valeur ciment de notre société, un fait social qui façonne les mentalités, une culture. Les individus n’ont pas besoin de connaitre le cadre juridique de la laïcité pour se comporter en laïc, en considérant autrui comme un égal par-delà les différences, pour se mélanger. Ce que l’on fait mieux que nulle part ailleurs, quand dans d’autres sociétés on voit cela comme impensable. La défense de la laïcité comme valeur, comme forme de conscience sociale, est vitale au regard de la volonté de ré-encadrement de la société civile par le religieux, que poursuit le mouvement de communautarisation de trop de nos concitoyens de confession musulmane qui s'y prêtent, dont le burkini est une nouvelle étape.

Notre République, bien plus encore qu’une simple forme de la démocratie, est avant tout une communauté de destin. Elle ressort de libertés et aussi de devoirs. Pour conjurer les risques qui pèsent sur elle, nous ne pourrons pas faire l'économie d'un retour sur le projet politique qu’elle représente, dans ce qu’elle a à éclairer, comme modèle de liberté universel.  

(1). Acteurs publics, Jean-François Carenco : “La discrétion est sans doute l’une des voies de la laïcité”http://www.acteurspublics.com/2016/09/05/jean-francois-carenco-la-discretion-est-sans-doute-l-une-des-voies-de-la-laicite

François-Bernard Huyghe : Notre conception de la laïcité est très particulière, pour des raisons historiques. Les étrangers ont beaucoup de mal à comprendre d’ailleurs ce que recouvre pour nous ce terme. Pour mettre fin à ce phénomène, il conviendrait pour moi de proposer un modèle positif et qu’on apprenne aux enfants à l’école à aimer la France, sa langue, son histoire.

Le dialogue avec les musulmans est tout à fait possible. Le problème, c’est que les aspirants djihadistes et les djihadistes eux-mêmes sont dans une telle diabolisation de l’autre que ceux qui esquisseraient même l’idée de parler à des mécréants sont déjà coupables. A titre d’exemple, les djihadistes détestent l’imam de Brest qui, pourtant, est réputé pour ses propos particulièrement durs sur la musique, les mœurs sexuelles des Occidentaux, etc. Les stades du non-dialogue ont malheureusement été franchis depuis longtemps. 

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