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Syrie : Bachar el-Assad est-il finalement en train de gagner la guerre contre les rebelles (mais pas contre l'EI...) ?
©Reuters

Suspense

Syrie : Bachar el-Assad est-il finalement en train de gagner la guerre contre les rebelles (mais pas contre l'EI...) ?

S'il est prématuré de parler de victoire, la bataille d'Alep est décisive et a permis une reprise en main du régime syrien. En cas de victoire, Bachar el-Assad pourrait au mieux exercer son autorité sur la Syrie "utile" de l'ouest, la perspective d'un Etat unitaire étant de plus en plus éloignée.Toutefois, la situation pourrait évoluer différemment si la Turquie voisine, pays qui a le plus d'intérêts à faire tomber Bachar el-Assad, entrait directement dans le conflit.

Alexandre Del Valle

Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient dans des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan), La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) ou bien encore Le Projet: La stratégie de conquête et d'infiltration des frères musulmans en France et dans le monde (Editions de L'Artilleur). 

Son dernier ouvrage, coécrit avec Jacques Soppelsa, La mondialisation dangereuse, est paru en septembre 2021 aux Editions de l'Artilleur. 

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Atlantico : Alep est désormais la cible première du régime de Bachar el-Assad, ainsi que de l'aviation russe, qui cherchent à déloger les rebelles localisés dans la ville. Ceux-ci perdent du terrain. Est-il envisageable que Bachar el-Assad gagne cette guerre, après cinq ans de conflit ?

Alexandre Del Valle : Il est prématuré de parler de victoire, mais il est certain que la bataille d'Alep est décisive. Cette bataille a permis de déverrouiller le régime et d'empêcher les djihadistes d'avoir accès à l’extérieur, notamment à la Turquie par la voie du nord qui était celle du ravitaillement.

Tout dépend de ce qu'on appelle "gagner la guerre". Il y a un an et demi, le régime était déclaré comme étant en train de mourir. Si l'enjeu est de survivre, alors oui une bataille est en train d’être gagnée, mais si gagner la guerre signifie éradiquer tous les mouvements djihadistes sécessionnistes et rebelles et refaire vivre une Syrie unitaire sur un territoire dans lequel pourrait se déployer souverainement l'Etat syrien, alors non la guerre n'est pas gagnée du tout ! La perspective de redevenir souverain sur l'ensemble du territoire est aujourd'hui presque impossible pour l’Etat syrien dirigé par le régime baathiste-alaouite. Il est probable que l'on ne retrouve jamais dans le futur une Syrie unitaire comme ce qui existait dans le passé.

Mais il est clair qu’à l’opposé des pronostics des capitales occidentales et musulmanes sunnites qui déclaraient la fin imminente du régime Assad, ce dernier est bien tenace et a bénéficié ces derniers temps d'un appui massif non seulement de l’Iran - à la fois directement et indirectement au travers du Hezbollah libanais et des milices irakiennes entraînées par l'Iran - mais aussi de la Russie, qui lui a apporté une aide massive. Le but des Russes n'était pas uniquement de frapper Daech, mais de sauver le régime par rapport à tous ceux qui le menaçaient, à savoir les djihadistes et les islamistes modérés qui étaient autour de Damas. L'entrée en scène de la Russie a véritablement permis de retourner la situation. Les forces chiites iraniennes, irakiennes et du Hezbollah, quant à elles, ont servi de forces d'appoint complémentaires au régime et lui ont permis de se concentrer sur certaines zones. Récemment, le Hezbollah a libéré quelques villages chiites encerclés par les rebelles en utilisant la solidarité inter-chiite. Grâce à un appui extérieur indéfectible de l'axe irano-russe-Hezbollah, le régime syrien a pu reprendre un peu de souffle car son armée était épuisée et les soldats avaient du mal à se renouveler. De plus, à cela s’ajoute l’élément militaire kurde qui sert de facto de force d’appoint du régime qui lui a laissé les régions du nord et du nord-est. Les combattants kurdes ont d’ailleurs gagné des batailles significatives ces derniers jours et cela a été fort utile au régime, d’où le fait que les capitales arabes sunnites pro-rebelles refusent d’associer les forces kurdes séparatistes aux pourparlers de paix de Genève comme "troisième force" puisqu’elles sont accusées d’être devenues des forces d’appoint du régime pour Riyad ou Ankara.

Le concours massif des Iraniens et des Russes répond à des intérêts propres aux deux pays. Pour l'Iran, l'accès à la Syrie est vital pour pouvoir continuer à avoir une profondeur stratégique et un pouvoir de nuisance et d'influence au Proche-Orient. Sans la Syrie, l'Iran ne serait plus aussi influent en Palestine/Gaza, en Syrie et au Liban. Pour la Russie, la seule base stratégique navale en Méditerranée est en Syrie et Moscou en a fait une affaire de principe, en plus d’un levier de retour sur la scène internationale.

Par ailleurs, comme je l'ai déjà dit, l'armée syrienne étant épuisée et les désertions étaient nombreuses, la stratégie du régime syrien a alors consisté à accepter une multiplication des milices alaouites autonomes de l’armée syrienne officielle, des milices chrétiennes autonomes, et d’autres milices syriennes arabes ou non-arabes, musulmanes ou chrétiennes diverses, sans même parler des milices irakiennes ou du Hezbollah libanais et des Kurdes. Même à l'intérieur des troupes syriennes ou des forces pro-régime syrien, une multiplication des milices et une autonomisation de la résistance aux rebelles anti-régime ont pris forme. Quand une résistance est locale, autonome et qu'elle se bat pour la défense de son propre village, elle est parfois plus efficace qu'un fonctionnaire de l'armée qui va se battre sur un front plus "lointain". Cette multiplication des milices à la fois confessionnelles, locales, villageoises et territoriales a permis une plus grande combativité sur le terrain par rapport à des menaces qui étaient elles-mêmes polymorphes, puisque l'on avait d'un côté Daech, de l'autre des milices d'Al Qaïda, des rebelles sunnites divers (Jaich al Fatah, Ahram al Sham, Jaich al Islam, ASL, etc), des milices turkmènes qui se battent aussi contre le régime et qui ont un agenda pro-turc spécifiques (Légions Sultan Mourad, etc). Cette acceptation de la délocalisation par le régime, associée au patronage militaire iranien (Général Suleimani) et aux bombardements aériens russes, a permis cette reprise en main.

Dans ce même contexte, le régime a eu l'habilité de laisser aux Kurdes le front du nord. Jadis, les désaccords entre les Kurdes et le régime syrien étaient nombreux en raison de l'opposition du régime bassiste alaouite-nationaliste arabe aux indépendantistes kurdes non-arabes. La stratégie de Bachar el-Assad a en fait consisté à gagner du temps et à économiser de l'énergie et elle peut se résumer ainsi : "laissons aux Kurdes le soin de s'occuper de notre ennemi islamiste Daech ou autres jihadistes dans le Nord et laissons à des milices locales ou même alaouites le contrôle de certaines régions, puis aux Russes et aux Iraniens le support aérien et l’encadrement stratégique".

Dans cette situation, quelle est la part de responsabilité de la Russie et de l'Iran ? Sans ces deux alliés, une telle finalité au conflit serait-elle envisageable ?

Sans la Russie et l'Iran, le régime serait tombé depuis longtemps.

Le baasisme était une idéologie à la mode au temps du nationalisme arabe dans les années 1960, 1970 et 1980. Mais dès les années 1970, le nationalisme arabe a été concurrencé par le panislamisme et le régime n'est plus parvenu à masquer sa nature confessionnelle. Le régime baathiste a en effet été confisqué par les Alaouites dès les années 1966-1970 (Salah Jadid puis Hafez al-Assad), sous couvert de nationalisme arabe séculier et pluriconfessionnel, mais avec la radicalisation du conflit, les Alaouites ne pouvaient plus masquer leur agenda minoritaire-confessionnel derrière un panarabisme qui d'ailleurs n'était plus à la mode et était jugé anti-islamique par les islamistes. Les Alaouites ont été dès lors démasqués et l'essentiel de l'opposition est passée d'une opposition antidictatoriale face au régime tyrannique à une opposition sunnite de plus en plus islamiste face à un régime de "mécréants alaouites". On est alors passé d'un conflit idéologique, d’une opposition démocratique, à un conflit identitaire et confessionnel. Or, les forces alaouites, non-musulmanes et ethnies minoritaires plus ou moins associées au régime ou adeptes d’une Syrie laïque, donc ennemies radicales des rebelles islamistes, ne représentent au maximum  que 30% de la population au niveau ethno-confessionnel. De ce fait, le rapport du nombre leur est défavorable et ces minorités n'auraient pas pu faire face plus longtemps à une opposition sunnite plus nombreuse (70% de la population syrienne est sunnite). Sans l'aide de la Russie, de l'Iran et du Hezbollah, et, indirectement des Kurdes, le régime était voué à disparaitre.

Même s'il parvient à remporter une victoire militaire, pourra-t-on dire de Bachar el-Assad qu'il règne sur la Syrie ? Quels sont les différents obstacles qui persistent à se dresser face au régime Syrien ?

Le seul enjeu du régime aujourd'hui est de "sauver les meubles" et de conserver la Syrie "utile", c’est-à-dire la Syrie de l'ouest, du nord-ouest, d'Alep, du sud-ouest et du centre et de la capitale Damas, la Syrie voisine des autres pays riverains de la Méditerranée et qui a accès à la mer, et où vit plus de la moitié de la population. C'est là que se trouve le poumon économique, démographique, intellectuel et politique du pays. Le régime syrien est prêt à perdre une partie du désert syrien de l’est du pays, si c'est le prix à payer pour survivre dans la partie "utile". N’oublions pas que la base identitaire du régime, les Alaouites, se situe dans le nord-ouest, dans le Jebel alaouite. Il a déjà accepté cette idée même si ça ne lui plaît pas. Puisque le régime ne peut plus assurer son pouvoir sur l'essentiel du territoire, il va le faire là où c'est le plus important et même vital. Cela donnera lieu à une Syrie kurde au Nord, une Syrie sunnite à l'Est et une Syrie alaouite pluriconfessionnelle à l'ouest où il y aura également des sunnites et des chrétiens, d’où la proposition de Randa Kassis (co-auteur avec moi du Chaos Syrien, minorités et printemps arabes face à l’islamisme) d’oeuvrer en faveur d’une fédéralisation progressive de la Syrie de demain.

Le plus grand obstacle aujourd'hui est la Turquie d'Erdogan : c'est l'acteur local qui a la plus d'intérêt à faire chuter le régime puisque le président R. T. Erdogan joue sur la corde panislamiste et sur la fibre sunnite. Au début de la révolution, il soutenait Bachar el-Assad, mais il a subitement changé de position parce qu'il était intenable tant d'un point de vue électoral intérieur qu'à l'extérieur de soutenir un homme qui persécute des sunnites. De plus, la Turquie entretient un contentieux énorme avec les mouvements rebelles kurdes séparatistes proches du PKK kurde de Turquie. Ces mêmes mouvements se sont qui plus est considérablement rapprochés tactiquement du régime syrien ces derniers temps alors qu'ils étaient auparavant les pires ennemis. La Turquie est un pays qui a aujourd'hui intérêt à envahir une partie du territoire syrien, notamment la partie frontalière où vivent des minorités turkmènes pro-Ankara et où l’on craint une avancée kurde. La Turquie est le pays le plus motivé contre le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir et comme c'est un pays voisin qui a une frontière assez importante avec la Syrie, il ne va pas s'asseoir sur ses objectifs. Même l'Arabie Saoudite, qui a beau être très sunnite et être très islamiste, fait parfois preuve de pragmatisme. On le voit d'ailleurs dans les relations de proximité entretenues par l'Arabie Saoudite avec le dictateur égyptien al-Sissi qui a pourtant fait tuer de nombreux islamistes soutenus par Ankara. Si la nouvelle garde saoudienne/soudaiyrie n’était pas au pouvoir, et si la guerre civile syrienne n’avait pas éclaté, il pourrait très bien y avoir une convergence de vues entre les Syriens et les Saoudiens. Un pays lointain peut s’accommoder de réalités opposées à son idéologie, mais lorsqu'il s'agit de la Turquie, pays frontalier de la Syrie et qui a depuis toujours des pierres d'achoppement avec la Syrie et des contentieux notamment au niveau du contrôle des fleuves (la Syrie accusant la Turquie de faire des barrages et de la priver d'eau), les choses sont tout à fait différentes. Selon moi, Ankara essaie même d'entraîner l'OTAN dans son sillage, au nom de l'article 5. Elle fait tout depuis le début pour que la coalition internationale soit encore plus anti-Bachar que contre les terroristes.

Cette percée du régime syrien dans la province d'Alep affaiblit le camp de l'opposition. Dans ces circonstances, ce dernier, soutenu par l'Arabie Saoudite et la Turquie, pourrait-il infléchir ses positions et ses revendications ? Finalement, la bataille d'Alep va-t-elle faciliter la reprise des négociations ?

L’opposition anti-Assad affirme aujourd’hui que les négociations sont interrompues en ce moment parce que le régime épaulé par la Russie et l’Iran profiterait d'une perspective de trêve pour faire avancer ses pions en bafouant les accords en cours et en asphyxiant les populations civiles des zones rebelles. Mais on peut voir cela dans l'autre sens, car l’opposition pose des conditions - comme le refus de la pérennité d’Assad - difficiles à faire accepter et perd des points sur le terrain comme on l’a vu, car la bataille d'Alep est décisive. C'est vraiment un nœud extrêmement important dans la guerre civile et effectivement, si le régime marque des points et si l'opposition est véritablement affaiblie, le pouvoir baathiste sera en position de force dans les négociations. C'est d'ailleurs dans cette perspective que le régime a intensifié son offensive. Le but de négociations, comme on le vit avec les Albanais et les Serbes il y a 15 ans, à Rambouillet, est de traduire dans les faits diplomatiques des rapports de force militaires, protecteurs extérieurs inclus. Aidés par la partie la plus puissante, les forces de l’OTAN, les Albanais de l’UCK du Kosovo firent échouer les négociations de Rambouillet et firent accepter quelques temps plus tard la sécession du Kosovo ainsi qu’une nouvelle légalité. En ce moment, tout l'intérêt du régime syrien, fort d’une avancée stratégique grâce aux Russes et aux Iraniens, est d'arriver aux négociations en affaiblissant les rebelles. Le rebelle syrien Zahrane Allouche a déjà été éliminé il y a quelques semaines par le camp russo-baathiste. C'était l'homme des Saoudiens, à la tête de Jaich el Islam : il dirigeait l'un des plus puissants mouvements islamistes radicaux de l'opposition, soi-disant ennemi de Daech mais qui en réalité était également djihadiste (Jaich al -Islam).

Toutefois, cela ne signifie pas que cela se passera ainsi. Même si le régime est en position de force, on peut se demander comment réagiront certaines grandes puissances. Les Américains sont en pleine élection, et il peut y avoir des surprises. Souvent, les guerres ont un lien avec les agendas intérieurs et on peut se demander ce qu'il va se passer à la prochaine échéance américaine. Beaucoup de choses peuvent changer.

Par ailleurs, les Saoudiens et les Turcs ont vu leurs troupes s’affaiblir en Syrie depuis l’entrée en scène des Russes. Je ne crois pas vraiment aux promesses saoudiennes d'envoyer des troupes massivement en Syrie compte tenu de l'enlisement au Yémen, mais on a des indices très clairs des intentions turques notamment des mouvements de troupes et des préparations à la frontière syrienne constatés par les services de renseignement de différents pays. On peut vraiment se demander comment vont réagir les Turcs. S'ils font un peu comme les Russes et entrent par effraction dans le conflit, les choses peuvent évoluer différemment…

Sur le plan diplomatique et géopolitique, quelles seraient les conséquences d'une victoire de Bacchar el-Assad ? Tant sur le peuple Syrien qu'à l'échelle mondiale, qu'est-ce que ce conflit cristallise ?

Si vraiment il y avait une victoire de Bachar, perspective qu'il faut envisager avec des pincettes, le principal enseignement à tirer serait qu'il s'agit de la fin de l'unipolarité occidentale et que nous sommes entrés dans un monde multipolaire. Dans une telle configuration, les Etats-Unis ne pourraient plus décider de tout et l'Occident n'aurait pas le dernier mot. Dans un tel scénario, les incitations au renversement des dictateurs pro-russes au travers d'un soutien à des forces soi-disant démocratiques échoueraient. En effet, que ce soit en Irak ou en Libye, l'Occident a renversé des dictateurs plus ou moins laïcs ou en tout cas anti-islamistes ou très proches soit de l'Iran soit de la Russie, ou des deux. Dans le monde unipolaire, les Occidentaux pouvaient renverser ce genre de régimes pro-russes et nationalistes arabes ou autres (Serbes) sans entraves. Une victoire de Bachar el-Assad en Syrie serait la preuve que cette époque est révolue. La Russie serait entrée dans le jeu et l'Iran aurait redéployé sa profondeur stratégique. Les Russes en ont assez du fait que les Occidentaux aient profité de la fin de la Guerre froide et de l'affaiblissement de Moscou pour faire ce qu'ils voulaient sans contrepoids, que ce soit en Serbie, au Kosovo, en Irak ou en Libye. La Syrie est le terrain central de cette nouvelle bataille russe en faveur d’un monde multipolaire.

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