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La date de début des soldes a été repoussée d'une semaine.
La date de début des soldes a été repoussée d'une semaine.
©Damien MEYER / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

« Suis disponible, j’ai pas piscine » : la paralysie française due au principe de précaution

Le ministère de l'Economie a décidé de repousser la date du début des soldes d'une semaine. Une mesurette symbole d'un gouvernement pour qui l'économie se résume à une feuille Excel.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Les soldes vont être repoussées. Afin de donner une semaine de plus aux consommateurs pour dépenser à prix fort ce qu’ils pourraient dépenser sept jours plus tard à prix faible. Les consommateurs, selon Bercy, sont des êtres étranges tellement ravagés par le désir de consommer qu’ils ne pourront résister à des pulsions refoulées depuis 15 mois et que, dans un élan de patriotisme économique, ils préféreront dépenser plus pour avoir moins. Vous me direz maintenant qu’ils savent qu’ils peuvent faire la nique à Nicolas Sarkozy en gagnant plus tout en travaillant moins, donc « the sky is the limit* » !

Pas un moment penserions-nous à interdire les soldes, tout simplement ? Y compris sur Internet, et pénaliser les Amazon qui outrepasseraient cette mesure, afin que vraiment, les commerçants puissent à nouveau faire l’amour avec les marges et les Français avec la solidarité économiques. Ils ont entassé plus de 2 milliards d’euros d’épargne, ils peuvent se le permettre, avant que l’économie ne sombre à nouveau à l’aune des liquidations et plans sociaux à venir cet hiver. Ainsi ils (nous) paieront TOUT à prix fort, c’est ce qui protège une économie faible.

Pour Bercy, l’économie c’est une feuille Excel et une bouteille vide. Excel car il suffit de changer un chiffre pour changer toute la colonne. Je change la date des soldes et les gens, stupides, ne vont pas un moment réaliser qu’en attendant une semaine de plus ils le paieront 30 à 50% moins cher ! Bouteille vide, car je remplis de subventions les entreprises et elles font de la croissance et de l’emploi, comme la poule élevée au grain subventionné. Désespérant. Soviétique.

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L’État si prompt, au moindre rhume au journal de 20H, à durcir telle ou telle mesure concernant cette « épidémie » qui au final n’a toujours pas pesé sur la surmortalité des moins de 65 ans, et sera, nous le verrons d’ici deux ans, quasi neutre pour les plus âgés, lissée sur trois ans, aura été l’expression de l’irrationalité de l’usage désespéré du principe de précaution. Il marche toujours, mais uniquement dans le mauvais sens, jamais dans le bon.

Le dernier exemple ? Malgré un démarrage catastrophique de la campagne de vaccination, nous avons une moyenne de 130 morts par jour (certainement la moitié, une fois corrigée des comorbides), soit le même chiffre que les USA. Les USA sont 100% ouverts, nous sommes toujours 50% fermés. Couvre-feu à 21H. Restaurants, clubs, fermés. Clubs de sports interdits. L’économie est toujours le dernier soucis du politique, qui oublie que l’économie ce sont des hommes et territoires, qui avaient avant, des racines et des ailes. Ils ont désormais les ailes de géant de l’Albatros, une excroissance liée aux subventions qui l’empêchent pourtant de voler. Les chiffres sont bons. Ouvrons ! Les gens se mélangent, partout, s’entassent, partout, les chiffres continuent à baisser, ouvrons les vannes ! Cela ne changera rien, ni de supprimer le couvre-feu, ni d’ouvrir les restaurants. Rien pour la maladie, tout pour les futurs chômeurs de ce pays. Il faut retourner au travail, et pas seulement parce qu’il n’y a plus piscine.

Cette maladie pourrait s’installer et devenir une « régulière », donc immunisons-nous, sur fonds de vaccination pour ceux qui aiment les piqûres et servir de cobaye, et travaillons comme avant (je n’ai rien contre le vaccin, mais n’étant pas dans la cible et ne comprenant pas pourquoi les moins de 15 ans ou les immunisés provisoires comme moi, devraient être vaccinés, et sachant que les « dégâts »potentiels et effets secondaires longs, d’un vaccin demandent au moins 5 ans d’observation, j’ai juste décidé d’attendre un peu).

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Vivons comme avant. Les chiffres sont là désormais et vous pouvez vous donner une excellente idée de la gestion comparative de cette crise dans le monde dans le livre intitulé « COVID, le début de la peur, la fin d’une démocratie », dont je suis un peu responsable ! Nous savons désormais que l’ouverture des restaurants et magasins, nulle part, n’a influé sur la mortalité.

Donc M. Lemaire s’il vous plaît, je sais que vous êtes un politique et un technocrate, mais accordez un peu d’importance à ce que vous disent les entrepreneurs, à ce que crie la réalité des chiffres dans le monde, à ce que réclame notre économie. Je sais qu’au fonds de vous, vous le savez, car vous avez milité pour plus de souplesse. Les régionales et les présidentielles approchent, le président a besoin de vous dans son travail de sape contre les oppositions, alors faites jouer votre pouvoir au profit de votre pays. Il vous le rendra.

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