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Soif de l’or vert : ces appetits business colossaux qu’aiguisent le phénomène Greta Thunberg
©GEORG HOCHMUTH / APA / AFP

Greenwashing

Soif de l’or vert : ces appetits business colossaux qu’aiguisent le phénomène Greta Thunberg

L'adolescente est au centre d'un vaste système d'influence qui veut transformer l'économie européenne à son profit.

Benoit Rittaud

Benoit Rittaud

Benoît Rittaud est un mathématicien maître de conférences à l'université Paris 13, au sein du laboratoire d'analyse, géométrie et applications (Institut Galilée).

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Atlantico : Vous dénoncez un business derrière Greta Thunberg, sorte de nouvelle égérie de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais de quel business on parle ? Qui sont les acteurs concernés ?

Benoît Rittaud : Comme toujours dès qu'il y a un mouvement social se trouvent des personnes qui veulent profiter du sens du vent. Ici, en l'occurrence ce sont des groupes environnementaux, des idéologues, des industriels voulant promouvoir tel ou tel type d'énergie dans laquelle ils sont parties prenantes. Et puis vous avez tout un mouvement intellectuel qui consiste à utiliser l'écologisme comme un moyen de critique de la société occidentale et de son modèle économique. Tous ces gens s'unissent, pas forcément de manière consciente ou concertée, mais ils se sont cristallisés autour de cette question du climat, notamment avec Greta Thunberg en nouvelle égérie grâce à une campagne de communication plutôt efficace.

Vous dites qu'ils critiquent notre modèle économique. Est-ce pour en imposer un autre ? Lequel ?

Finalement, les acteurs ont finalement des objectifs divergents dépendant de leurs intérêts privés. Certains promeuvent le capitalisme vert, d'autres au contraire souhaitent la décroissance ou encore un système soviétisé de planification idéologique. Il n'y a donc pas d'unité sur les choses à faire, mais bien une unité pour critiquer ce qui fait notre modernité : le développement occidental, la révolution industrielle et technologique, le développement du commerce et des échanges.

Or, nous pensons – les climato-réalistes- qu'il n'est absolument pas démontré que l'homme soit la cause principale du réchauffement climatique –que nous ne nions pas en soi. Il n'est également absolument pas démontré que nous nous dirigeons vers la catastrophe et un temps climatique bouleversant la planète. Bien sûr, il y a des ouragans ou des sécheresses mais rien de plus alarmant que par le passé. De surcroît, nous sommes bien mieux armés que par le passé pour y faire face. Un cyclone, vous préférez être en Floride qu'en Philippine quand il vous arrive dessus ! Et pour des raisons très simples : certains pays développés peuvent mieux réagir.

En somme, ce que vous dénoncez peut s'incarner dans le rôle que joue Ingmar Rentzhog, petit génie suédois des relations publiques, accusé par Isabelle Attard, dans une tribune pour Reporterre, de se servir de son image pour mouvoir sa start-up de "croissance verte" ?

Greta Thunberg est la dernière réussite en termes de communication! Une commentaire efficace mais particulièrement abjecte avec les enfants qu'on expose comme symbole de la pureté. Ils sont tombés sur une bonne cliente.

Ceci dit, et concernant Ingmar Rentzhog, il y a pas mal d'activistes – depuis les années 70- qui se sont structurés avec un discours cohérent et une idéologie précise, et un certain nombre de financiers les ont rejoint. Jusque-là, ils n'avaient jamais vraiment réussi à porter leurs idées au-delà d'un succès d'estime comme c'était le cas avec le Club de Rome. Ce phénomène à la marge a poussé au point de gagner la bataille culturelle – pour reprendre une expression gramscienne : résultat, on ne peut plus aller contre cette pensée dominante. On l'a bien vu avec Nagui traitant de criminel les "climato-sceptiques".

Ces enfants du Club de Rome, aujourd'hui sur le devant de la scène médiatique et culturelle, qui jouissent du business du climat et que vous dénoncez, qui sont-ils précisément ?

En France, on peut citer Nicolas Hulot dont la fondation [Fondation pour la Nature et l'Homme] perçoit chaque années des centaines de milliers d'euros de l'Etat par an. Au niveau du privé, vous avez la fondation de Yann Arthus Bertrand, GoodPlanet. Aux Etats-Unis, vous avez Al-Gore avec ses films s'attaquant au dioxyde de carbone. Au final, ce n'est même pas un reproche de faire cela. Mais il faut comprendre qu'il ne s'agit pas simplement de "philanthropes" mais avant tout d'hommes d'affaires faisant tourner la boutique exactement comme les pétroliers le font avec la leur. C'est hypocrite quand on voit quelqu'un comme Nicolas Hulot nous faire la leçon alors qu'ils ont probablement le pire bilan d'empreinte carbone ! Ils font commerce de leurs propres regrets.

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