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Sexe : comment rallumer la flamme après des années de vie commune
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Bonnes feuilles

Sexe : comment rallumer la flamme après des années de vie commune

Ce livre vous invite à explorer votre vie érotique et à vous poser les bonnes questions qui amèneront de véritables changements dans votre façon de vivre votre sexualité. Extrait du "Décodeur sexuel", de Yves-Alexandre Thalmann, publié aux éditions First (2/2).

Yves-Alexandre  Thalmann

Yves-Alexandre Thalmann

Yves-Alexandre Thalmann anime des ateliers centrés sur le développement de la communication interpersonnelle, la gestion des émotions et l'affirmation de soi. Auteur d'une douzaine de livres de développement personnel dont Le Décodeur psy (First, 2009), il exerce actuellement en Suisse et en France comme formateur, professeur et psychologue clinicien.

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« Oh, vous savez, après trente ans de mariage, ce n’est plus la même chose ! Avant, il suffisait qu’il m’effleure de sa main pour que je sente le désir monter en moi instantanément. S’embrasser langoureusement m’excitait déjà suffisamment. Maintenant, il faut qu’il me stimule longuement, et ce n’est même pas assuré que le désir soit au rendez-vous. »

Paroles banales chez les personnes en couple depuis longtemps. Faut-il en conclure, puisque l’excitation sexuelle n’est plus aussi réactive, que l’envie de faire l’amour a déserté la scène conjugale. C’est mal connaître l’excitation ! Il est vrai que dans la jeunesse, l’excitation est impérieuse et rapide. Le pénis se dresse fièrement alors que le vagin s’humidifie abondamment. Nul besoin de viagra® ou de lubrifiants artificiels. Cela se passe comme ça. Une simple pensée érotique, une caresse anodine et voilà que la chimie du corps fait son travail.

« Je me rappelle que lorsque j’avais quinze ou seize ans, j’avais l’excitation à fleur de peau. Il m’arrivait de bander durant la journée, jusqu’à en avoir mal. J’allais alors me masturber dans les toilettes, sans grand plaisir, juste pour évacuer cette tension. » Philippe

Comme la sexualité est pour beaucoup d’entre nous découverte et expérimentée sur ce mode-là (on ne parle pas uniquement des premières fois, qui sont plus souvent qu’on ne l’imagine laborieuses et douloureuses, marquées par les éjaculations précoces et les douleurs de la défloration, mais bien des premières années de vie sexuelle), c’est la pierre de touche qui va rester ancrée dans la mémoire : on s’attend à être excité très facilement et que notre partenaire le soit avant même d’amorcer la rencontre sexuelle. 

Jouir malgré eux

Le plaisir féminin ne se laisse pas aussi facilement apprivoiser que celui de l’homme, chez qui quelques va-et-vient de la main ou dans un fourreau suffisent pour atteindre l’acmé. La femme doit explorer son corps et découvrir les zones sensibles, ainsi que le type de stimulations qui lui fait du bien. Il existe de plus de grandes différences interindividuelles. Comment voulez-vous qu’un jeune mâle sache quoi faire pour donner du plaisir à sa partenaire ? Ce n’est certainement pas ce qu’il a pu voir dans les films pornographiques qui va l’aider ! Sans compter que sa fougue l’amène à pouvoir éjaculer en quelques secondes, alors que sa partenaire nécessite quand même plus de temps… Ainsi, dans ses premières expériences sexuelles de couple, la jeune femme devra apprendre à jouir malgré son partenaire, et bien souvent non pas grâce à lui. D’où l’angoisse qui s’empare des personnes prenant de l’âge. Monsieur a certes envie, du moins le clame-t-il, mais son sexe n’est pas en érection. Et pour que celui-ci daigne durcir, il faut lui prodiguer maintes caresses expertes ! Terreur pour l’homme que de voir son sexe ne pas réagir comme il en avait l’habitude jusqu’alors, mettant en doute sa virilité. Inquiétude et crainte chez madame, attribuant cette mollesse à un manque d’attrait, de charme ou de sexappeal de son corps marqué par les années… L’excitation masculine se voit, son absence ne manque pas de questionner et de dérouter, alors que la femme peut plus facilement donner le change (pour peu qu’elle connaisse l’usage des lubrifiants artificiels). Il n’en reste pas moins une inquiétude face à ce fonctionnement moins performant que par le passé.

Angoisses typiquement masculines

Les angoisses fondamentales des hommes en matière de sexualité tournent autour des thèmes suivants :

• La peur du rejet : que leur désir soit dévalorisé, rabaissé, et qu’ils soient rejetés (« T u as toujours envie… », « Tu n’es qu’un obsédé ! »).

• La peur d’être inadéquat : ne pas savoir faire ce qu’il faut pour que leur partenaire éprouve du plaisir.

• Un doute lancinant quant au plaisir de la femme : jouit-elle vraiment ou fait-elle semblant ? Raison pour laquelle ils demandent souvent après l’acte : « c’était bien ? »

La biologie du désir et de l’excitation est tributaire de l’âge, mais aussi d’autres facteurs dont le plus souvent incriminé est le stress. Rien de plus anti-érotique que le stress ! C’est pourquoi l’arrivée d’un bébé dans le couple porte généralement un coup à la qualité de la sexualité. À côté de la fatigue due aux nuits entrecoupées de pleurs, allaitements et biberons, le rythme trépidant des jeunes parents qui tentent d’équilibrer vie familiale et vie professionnelle a souvent raison des ébats amoureux. Ceux-ci surviennent  lorsqu’il reste du temps et de l’énergie, c’est-à-dire moins souvent qu’auparavant.

Motivations pour l’acte sexuel

Il y a diverses motivations à s’engager dans un acte sexuel :

• Des motivations non sexuelles : par exemple pour la paix du ménage, pour se relaxer, pour faire plaisir à son partenaire, etc.

• Pour répondre à une excitation physiologique, par exemple après avoir regardé un film pornographique.

• Un désir de faire l’amour avec son partenaire.

• La volonté : par exemple parce que l’on a découvert que cela nous faisait du bien de faire l’amour et nous rapprochait de notre conjoint. Il serait erroné de rabaisser certaines motivations (se détendre) pour en encenser d’autres (le désir et l’amour). De même que s’offrir un bon repas au restaurant ne devrait pas seulement répondre au besoin de calmer sa faim…

« Je me suis longtemps inquiété du peu d’initiatives de ma compagne, en particulier en matière de sexualité. Elle ne me fait des avances que très rarement, ce que j’interprétais comme un manque de désir de sa part. Elle dit souvent : “Je ne suis pas très intéressée par le sexe.” Mais au fil du temps, j’ai remarqué qu’elle fonctionnait dans de nombreuses situations de façon analogue. Par exemple, elle ne prend pas souvent l’initiative d’un weekend à l’étranger… mais est ravie lorsque nous en passons un sous mon impulsion. J’ai ainsi compris que son désir n’était pas préexistant, comme le mien, mais qu’il gonflait avec mes propres stimulations. De fait, elle est souvent ravie d’avoir fait l’amour après coup. L’appétit vient en mangeant est un dicton qui s’applique bien à elle. » Jean

Si l’on associe les effets de routine, de lassitude, d’âge, de fatigue et de stress, tout semble concourir au déclin du désir sexuel. Pour le maintenir vivace, il est alors nécessaire d’y porter son attention et de volontairement y mettre de la motivation. Attendre qu’il survienne de lui-même, qui plus est durant un moment privilégié où il pourrait effectivement être concrétisé, n’est pas suffisant. Il faut nourrir l’envie d’avoir envie, c’est-à-dire faire en sorte de stimuler son envie de faire l’amour.

L’excitation n’est pas synonyme de désir

L’excitation sexuelle est une réponse physiologique : elle se passe dans le corps. Les organes sexuels peuvent cependant être excités sans que cela soit traduit dans la conscience par un désir. Par exemple lors d’une consultation médicale, d’un massage, d’une vision involontaire de matériel pornographique, voire d’un viol. Le désir, c’est la traduction consciente de l’excitation sexuelle acceptée et assumée. C’est le sens que l’on donne aux sensations perçues. Notre société romantique a malheureusement exacerbé le mythe de la spontanéité : si le désir sexuel n’apparaît pas de lui-même, comme par magie, alors il serait de moindre valeur ! Il faudrait avoir envie avant même de commencer un rapprochement érotique. Dans la réalité, c’est plus souvent l’inverse qui se produit : le rapprochement et les caresses viennent faire naître et attiser le désir. D’où la détresse de nombreux couples à l’heure actuelle…

Extrait du "Décodeur sexuel", de Yves-Alexandre Thalmann, publié aux éditions First, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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