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Semaine de la santé mentale : pourquoi apprendre à réagir à un épisode psychotique est tout aussi utile que de passer un brevet de secourisme
©Rickydavid / Flickr

Gestion de crises

Semaine de la santé mentale : pourquoi apprendre à réagir à un épisode psychotique est tout aussi utile que de passer un brevet de secourisme

Un Français sur cinq est aujourd'hui concerné au cours de sa vie par une maladie psychique, un chiffre voué à augmenter dans les prochaines années. Pourtant, peu de formations sont proposées pour apprendre à faire face à ce genre de pathologies, souvent ponctuées par des épisode psychotiques.

Annick Hennion

Annick Hennion

Directrice de la Fondation FALRET et Directrice Générale de l’Œuvre FALRET. Après une carrière opérationnelle puis de cadre dans le secteur sanitaire, elle se lance dans l’action sociale, d’abord par la direction d’un établissement social puis la direction générale de l’Œuvre FALRET à Paris. Titulaire d’un diplôme de statistiques (CESAM), elle à notamment créée la 1ère unité d’informatique médicale de France à l’Hôpital de Roubaix, et a été un appui à la réalisation d’une trentaine de thèses de doctorat et de professorat en médecine.
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Atlantico : Ce lundi 14 mars commence "La semaine de la santé mentale". D’ici 4 ans, 1 personne sur 5 sera touchée par un trouble mental. Qu'est-ce qu'un épisode psychotique ?

Annick Hennion :Un épisode psychotique peut être caractérisé par une crise chez une personne atteinte d'une maladie psychique, telle que la schizophrénie, la paranoïa, la bipolarité ou encore durant un épisode délirant.

Pendant l'épisode psychotique, les premiers symptômes apparaissent chez la personne, qui peut alors voir la perception de son environnement être considérablement modifiée. Sa perception de la réalité est alors toute autre. Il peut parfois être relativement complexe d'évaluer avec certitude ces symptômes, et ainsi prévenir le risque d'épisode psychotique.

Cela touche-t-il beaucoup de gens ? Si oui, quels types de population ?

Comme le souligne l'OMS, 1 Français sur 5 est aujourd'hui concerné au cours de sa vie par une maladie psychique. Un chiffre voué à augmenter dans les prochaines années, tendant vers 1/4 de la population mondiale.

En parallèle, ces maladies se situent au 3ème rang des maladies les plus fréquentes, après le cancer et les maladies cardio-vasculaires. 5 maladies mentales ont même été classées par l'OMS parmi les maladies les plus préoccupantes du XXIème siècle : la schizophrénie, les troubles bipolaires, les addictions, les dépression et les troubles obsessionnels compulsifs. On estime aujourd'hui qu'1% de la population souffre de schizophrénie, un chiffre similaire pour les troubles bipolaires.

Ces chiffres témoignent de l'accroissement des troubles de santé mentale dans la société, et confirment qu'il est nécessaire d'agir, tant par l'information, la sensibilisation ou la formation, que par le développement de la recherche et de l'innovation des pratiques d'accompagnement.

Comment réagir face à quelqu'un qui fait un épisode psychotique ?

Il faut savoir qu'un épisode psychotique prend la forme d'une crise multiforme : il peut s'agir pour la personne d'une situation de repli sur soi, de délire, de crise maniaque ou de toutes sortes d'attitudes comportementales différentes. La réaction doit être adaptée à chaque situation et en tout état de cause nécessiter le recours aux services de santé.

Existe-t-il des formations pour appendre à réagir à un épisode psychotique ?

A ce jour, il existe des formations pour les psychiatres et les psychologues, qui sont des professionnels directement concernés par l'appréhension et la gestion de ce public.

Toutefois, nous constatons qu'il manque aujourd'hui un véritable volet informatif pour toutes les personnes susceptibles de rencontrer cette situation. Le grand public, mais aussi certains professionnels de santé, ne bénéficient pas aujourd'hui d'une information suffisante pour appréhender efficacement cette situation.

C'est pourquoi la FONDATION FALRET réalise cette année une campagne de sensibilisation, symbolisée par la réalisation d'un baromètre pour évaluer les perceptions des Français sur la santé mentale, et l'organisation d'une table ronde d'experts pour traiter les problématiques liées à la stigmatisation des personnes souffrant d'un problème de santé mentale. Il faut aujourd'hui prendre la parole et offrir des solutions nouvelles d'information.

La majorité des gens savent-ils réagir à ce genre de situation ? Si non, pourquoi est-ce qu'on n'apprend pas à réagir face à un épisode psychotique, alors que tant de gens savent porter les premiers secours ?

En matière d'information et de connaissances, il faut savoir que plus de 7 Français sur 10 s'estiment mal informés sur les problèmes de santé mentale (Source :  baromètre FONDATION FALRET / IPSOS 2016). Pourtant, ils sont conscients des enjeux d'une bonne santé mentale.

Le besoin d'information est aujourd'hui bien réel, l'attente de leur part en matière d'information existe. Selon notre étude, 83% d'entre eux ont des difficultés à repérer les signes d'un problème de santé mentale, ce qui laisse penser qu'ils seront en difficulté pour agir face à une situation où ils seraient eux-mêmes touchés par un trouble de santé mentale. Ceci confirme l'importance de développer une base solide d'informations sur le sujet pour sensibiliser les Français aux questions de santé mentale afin de définir la santé mentale comme étant une priorité sociétale de santé.

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