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Le vrai scandale n'est pas dans le nombre de très riches. Il est surtout dans l'augmentation des plus pauvres.
Le vrai scandale n'est pas dans le nombre de très riches. Il est surtout dans l'augmentation des plus pauvres.
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Atlantico Business

Selon le Boston Consulting Group, les riches sont de plus en plus riches mais de moins en moins nombreux : 1% de la population détient 50% de la richesse

L'analyse annuelle du Boston Consulting group révèle que les très riches, ceux qui possèdent plus d'un million de dollars, ne représentent que 1% des habitants de la planète. Mais ils se partagent plus de la moitié de la richesse mondiale.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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La dernière publication du BCG est intéressante mais elle ne fait que confirmer par les chiffres un des effets les plus spectaculaires de la crise économique et financière, à savoir que la richesse mondiale s'est encore concentrée, puisque l'on ne compte plus désormais que 18 millions de familles qui détiennent 47% de la richesse accumulée sur la planète sous formes de revenus, de dépôts bancaires, de titres boursiers, d'immobiliers et de fonciers.

En fait 1% de la population mondiale possède 50% de la richesse, soit 80 000 milliards de dollars en gros le PIB mondial.

Alors cette concentration est aussi géographique puisque les Etats-Unis est le pays au monde qui a le plus de riches.

Les Etats-Unis abritent 8 millions de millionnaires.

La Chine 2 millions de millionnaires.

La France,  450 000 millionnaires (seulement).

L'année 2015 ne restera pourtant pas un bon cru, la richesse n'a augmenté que de 5, 2% alors que pendant les années précédentes, elle avait progressé de près de 10% en 2012, 2013, 2014. Une augmentation en partie liée au rattrapage après le coup de tabac sur les marchés financiers mais pas seulement. Les riches sont riches aussi, parce qu'en valeur relative, la crise a appauvri les classes moyennes partout dans le monde et gonflé en valeur absolue, le nombre des plus pauvres.

D'ailleurs le vrai scandale n'est pas dans le nombre de très riches. Il est surtout dans l'augmentation des plus pauvres.

Alors que les règlementations se seraient durcies et que la vigilance des Etats est plus serrée, le montant des richesses expatriées dans les centres offshores, (en clair des paradis fiscaux difficilement accessibles) a augmenté de 3%. La Suisse est encore aujourd'hui la destination privilégiée des grandes fortunes allemandes, françaises, scandinaves, britanniques (depuis la menace de Brexit), et russes. Singapour est très fréquentée par les Chinois, les Américains et les Européens.

Pour le BCG, l'évasion de capitaux dans les paradis fiscaux va progresser en dépit des efforts de régulation. L'imagination des banquiers et des juristes internationaux va plus vite que la régulation et le contrôle des Etats.

Ceci étant, on touche là, à un des effets de la crise financière parmi les plus compliqués à traiter.

La crise a continué à accroître les inégalités sur la planète entre les riches et les pauvres. Entre les jeunes et les seniors ?

La richesse dans le monde est détenue par un nombre de plus en plus étroit d'hommes et de femmes qui sont aussi parmi les plus âgés. Ce phénomène est évidemment lié à l'importance prise par les facteurs financiers.

Les gouvernements ont évidemment tendance à corriger ces inégalités par la fiscalité,  mais ça n'est guère probant. Au contraire.

1. La surfiscalité épargne les plus riches qui ont les moyens d'y échapper en partie, ne serait ce que par les paradis fiscaux.
2.     La surfiscalité empêche les presque riches d'accéder au club des très riches.
3.     La surfiscalité étouffe les classes moyennes.
4.    L'appauvrissement des classes moyennes
et le chômage obligent les Etats développés à multiplier les prestations sociales, mais les Etats s'endettent.
5.    Cette dette est le plus souvent titrisée et transformée en produits financiers qui aliment le marché de la spéculation.
6.    L'animation des marchés financiers profite aux acteurs de ce marché et par conséquent protège les plus riches ? La boucle est bouclée. 

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