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Favoriser l'actionnariat salarié : quand la loi Macron permet (enfin) l'union des salariés et des entrepreneurs
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Favoriser l'actionnariat salarié : quand la loi Macron permet (enfin) l'union des salariés et des entrepreneurs

En favorisant l'actionnariat salarié, la loi Macron offre un mariage d'amour et de raison aux salariés et aux entrepreneurs ayant pour objectif la réalisation d'un projet commun.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Il était une fois un couple qui démarrait sa vie sur un malentendu. Plusieurs malentendus même, entre 2 parties que les syndicats ont rendues malentendantes. Injectant un cérumen dogmatique, année après année, afin d’assurer que le dialogue s’opére bien entre personnes devenues sourdes. Et donc ne se fasse pas.

Premier malentendu. Le travail rend sourd. Non pardon, le travail c’est une contrainte, une servitude, une forme d’exploitation permanente. Jamais un épanouissement, un lieu d’évolution et de plaisir. Partant de ce pied, le mariage démarre certainement avec du plomb dans l’oreille. Difficile d’assembler et de garantir une vie commune à deux parties qui partent du principe que l’un abuse l’autre. L’entrepreneur serait un violeur patenté, récidiviste, et chronique, voire massif, puisque ce viol se reproduit autant de fois qu’il embauche. En clair, plus il embauche, plus il commet de crimes.

Second malentendu. Le travail est moins considéré que le capital. Tous ceux qui sont à la tête de PME, s’étranglent en entendant pareilles billevesées. Mais après une déglutition difficile, force est de constater que c’est une vue qui va au delà de l’esprit. C’est une idée répandue. Par et à cause des grands groupes, d’un capitalisme certainement dépassé, qui fait passer la valorisation capitalistique avant le réalisme économique et le culte de la seule performance. Inventant des subterfuges pour augmenter la valeur de ses titres, au détriment de l’organisation humaine qui, seule, devrait la sous-tendre. Ce capitalisme là, nous fait tant de mal, à nous, entrepreneurs.

A nous les petits, les gueux, les gagne-petit, qui animons ces 99% de sociétés de moins de 250 salariés en France, de détruire ces idées stupides. Un salarié serait donc un mal nécessaire pour la valorisation du capital. Voilà ce que nombre de colonnes et de syndicalistes scandent, avec un certain succès, dans les médias, dont un grand nombre aiment à le colporter. Un méchant, c’est pratique pour tout le monde.

Troisième malentendu. Conséquence logique des 2 premiers malentendus, le capital étant mortifère et le travail un long et pénible asservissement, qui se traduit par une souffrance inévitable et programmée, il faut un samaritain pour protéger les premiers contre les seconds. On appelle cela un syndicat. Patronal ou salarié. Et quand on considère le résultat de leur entreprise de protection, il est assez évident, qu’il y a dû avoir un caillou dans la chaussette doctrinale. Les salariés se détournent depuis toujours des syndicats qui ne souhaitent pourtant faire que leur bonheur. Le patronat semble avoir oublié ce qu’est un entrepreneur, devenant une machine administrative tout aussi terrible que l’administration qu’il somme de se réformer.

Et le salarié, aidé par un internet parfois libérateur, démontre que le printemps n’est pas qu’Arabe (d’ailleurs ce printemps là n’en a jamais été un, mais c’est une autre histoire, il était plutôt la préfiguration de l’avènement d’un radicalisme pervers) mais aussi salarial. Des salariés descendant dans la rue, pour s’insurger contre ces syndicats qui leur volaient leurs heures supplémentaires et leur travail dominical. Heureusement que la vie est finalement bien faite. Au final, un jour, la vérité triomphe, la supercherie s’écroule et les intermédiaires finissent par être montrés du doigt.

Heureusement un marieur est arrivé pour mettre un peu d’huile sur le feu d’amour qui couve pourtant, contre toute attente, entre les entrepreneurs et leurs salariés. Emmanuel Macron encore lui !

Si vous demandez à un entrepreneur pourquoi il monte une société, jamais il ne vous répondra « pour créer des emplois ». Sauf si il est mytho, menteur et démagogue. Non, il créé parce qu’il est animé par la volonté de réussir, et que son ambition sans limite (quoi que en France…) nécessite des salariés comme « carburant » à cette ambition.

On ne créé pas une société pour créer des emplois. Est ce que cela signifie que la conséquence la plus probable est un mépris pour cette masse coûteuse que nous devons absolument embaucher ? (J’utilise à dessein cette horrible expression syndicale pour maquer mon propos) ? En aucun cas. Ce qui distingue, selon moi, l’entrepreneur du capitaliste pur crin, c’est que l’entrepreneur a compris que ses salariés sont aussi importants que ses actionnaires. Les uns apportent le carburant financier incontournable. Les autres, leur talent, leur génie, leur motivation. Pas toujours, mais la plupart du temps. On a les salariés que l’on mérite. Un entrepreneur reconnaissant et ouvert a toujours les meilleurs salariés du monde.

Il faut donc les marier. Le salarié est naturellement le premier actionnaire de son entreprise. Il y investit souvent bien plus que ce que son contrat de travail prévoit. Notamment, mais pas seulement, les cadres. Regardez jusqu’à quelle heure brillent les lumières des bureaux l’hiver.

Ce mariage c’est l’actionnariat salarié. Macron vient de le remettre à l’ordre du jour, en faire un article nouveau d’un code civil du mariage entre tous, entre les salariés et les entrepreneurs. Il y aura des dérives, au niveau des grands groupes. Laissons à la justice le soin de les réguler. Cessons de faire des Lois en imposant à la majorité, les conséquences des turpitudes d’une minorité, comme le fait avec une obstination dogmatique, aigrie et stupide, une Karine Berger ou une Valérie Rabaut.

L’une des plus emblématiques actionnaires de Microsoft est sa première assistante, à l’accueil ! Ses stocks représentent plusieurs millions de dollars. Et pourtant elle exerce toujours son travail asservissant ! CQFD.

Il était temps, pour compléter la révision de la taxation de la plus-value que nous avions obtenue, avec nos plumes de pigeons, pendant les Assises de l’Entrepreneuriat.

A l’issue d’un combat homérique à l’assemblée, le texte est passé. Quel soulagement. Nous allons désormais pouvoir, c’est notre responsabilité d’entrepreneurs, modèle d’un nouveau capitalisme, de faire de nos salariés les investisseurs de leur temps, que nous ne pouvons rémunérer à la hauteur des prétentions syndicales, pour de stupides raisons de trésorerie et de coût complet, mais que nous pouvons récompenser avec des actions.

Ainsi unis dans une quête commune pour la réussite de notre objet commun, ayant glissé l’anneau magique à notre doigt, grâce à Macron, nous sommes en route pour une belle histoire d’ambition partagée, de libération par la création de valeur, par la reconnaissance du travail et de l’implication de chacun. Les actionnaires purement financiers verront vite qu’ils seront les gagnants de ce nouveau pacte de passion partagée. Alors emparons nous vite de cet outil, et qu’il remplace sur les drapeaux rouges, qui devront alors changer de couleur, la faucille et le marteau, pour y faire apparaître des mains unies par un anneau actionnarial. Bravo Macron !

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