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« Et si on replaçait vraiment 
la croissance au cœur du débat ? »
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Austères

« Et si on replaçait vraiment la croissance au cœur du débat ? »

L’exigence de croissance est au cœur du New York Forum depuis sa création en 2010. Si la gestion de la crise mondiale a semblé longtemps uniquement reposer sur la rigueur, les lignes bougent aux quatre coins du globe en matière de soutien à la croissance. La lutte contre les déficits demeure certes (et pour longtemps) une préoccupation centrale des gouvernements, mais les dirigeants politiques doivent en faire plus pour relancer une croissance créatrice d’emplois.

Richard Attias

Richard Attias

Richard Attias est un homme d'affaire et fondateur du New York Forum, un espace de rencontre et de débats dédié aux enjeux de l'économie globale

Il avait auparavant été l'organisateur du Forum mondial de Davos et de diverses rencontres internationales (Gatt, Apec, Clinton Initiative,...)

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L’économie réelle est le patient oublié de la crise mondiale. Un patient gravement atteint qui ne peut se contenter de mesures d’austérité pour récupérer. Si la crise mondiale a commencé par la finance et s’est poursuivie avec les problématiques de dettes souveraines, l’économie réelle est en réalité celle qui a été le plus touchée.

Entre la hausse du chômage, la chute de l’activité, les baisses de salaires dans certains pays et les menaces de délocalisation, c’est au cœur même de l’économie que se situe aujourd’hui le mal le plus grave. L’économie réelle a besoin d’un sérieux coup de pouce pour se relancer, créer de la richesse et des emplois. Un véritable pari sur la croissance !

Un pari sur la croissance qui est au cœur des engagements du New York Forum, que nous avons justement lancé en 2010 pour chercher des réponses globales à une crise internationale majeure qui nécessite de conjuguer réformes structurelles d’allègement des déficits et bouffées d’air pour les entrepreneurs et les acteurs de la vie économique.

Les émergents, Chine et Brésil en tête, ne connaissent pas les problématiques de l’Europe (mais aussi des Etats-Unis et du Japon) en matière de dettes souveraines. Ils n’ont donc jamais cessé de soutenir leur économie et leur croissance… avec les résultats que l’on connait. Les « vieilles » économies, traumatisées par la double-crise de 2008 et 2011, sont frileuses à accompagner la relance économique. Mais les lignes bougent.

Les résultats des élections en France et en Grèce, s’inscrivent dans un contexte global où les principales puissances économiques en Europe et en Amérique du Nord, s’ouvrent à des politiques de croissance. Si Mario Monti, qui effectue un travail remarquable pour relever l’Italie, y est ouvertement favorable ; si les Etats-Unis et Barack Obama ont toujours eu une approche pragmatique en la matière ; l’évolution de la position allemande est la plus significative.

Chahutée sur sa gauche (mais également par des économistes plus proches de son camp politique), confrontée à l’alternance en France, Angela Merkel, championne (que l’on croyait inflexible) de la rigueur budgétaire, est en train de mettre de l’eau de son vin en matière d’austérité. Une opportunité qui s’ouvre ?

Favoriser la croissance, pas les déficits publics

Le retour de la croissance dans les agendas politiques est incontestablement une bonne nouvelle, mais elle comporte aussi sa part de risques, de dérives dépensières et de promesses impossibles à tenir. Aider l’économie à se relancer, oui ! S’embarquer dans une frénésie de dépenses publiques, non !

Il ne faudrait pas passer d’un extrême à l’autre et oublier les fondamentaux de la crise des dettes souveraines. Les Etats occidentaux vivent depuis des décennies au-dessus de leurs moyens et le poids des dettes publiques est devenu insoutenable.

Une fois ce constat posé, les gouvernements peuvent-ils et doivent-ils demeurer figés et refuser les investissements qui permettront de réamorcer durablement la pompe de la croissance ? Certainement pas.

Une politique de relance n’est pas nécessairement synonyme d’explosion des dépenses. Les combats de la rigueur et de la croissance doivent être menés de front. Avec réalisme, imagination et audace… L’obésité morbide des Etats occidentaux n’est plus supportable et les coûts de fonctionnement du secteur public doivent être dégraissés avec énergie. Il faut investir pour la croissance de demain ; pas pour alourdir le fardeau absurde de la dette structurelle.

L’alternative à la rigueur n’est pas une politique d’assistanat ou de fonctionnarisation de l’économie qui serait désastreuse. Il faut au contraire chercher des pistes pour libérer les énergies, favoriser l’investissement et la création de richesses.

Dans un monde globalisé et ouvert, la compétitivité est la seule garantie de croissance. La baisse du coût du travail, à travers les charges qui pèsent sur les entreprises, est un premier pas indispensable. Une société de croissance ne peut pas éternellement faire porter le poids de la protection sociale sur l’entreprise… sous peine de voir ses outils de production délocalisés.

Une politique de croissance bâtie sur la responsabilité et clairement orientée vers la création de richesses réelles et durables. C’est le pari audacieux dont l’économie mondiale a besoin et que nous avons choisi de mettre au cœur des débats lors du prochain New York Forum le 23 mai, et de la première édition du New York Forum Africa, consacré cette année à la croissance africaine.

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