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Les Franciliens ont à nouveau été mis en garde contre les particules fines le jeudi 27 mars.
Les Franciliens ont à nouveau été mis en garde contre les particules fines le jeudi 27 mars.
©Reuters

De l'air !

Qui risque quoi : pourquoi nous ne sommes pas tous égaux face à la pollution

Après avoir connu il y a deux semaines un pic de pollution, les Franciliens ont à nouveau été mis en garde contre les particules fines le jeudi 27 mars.

Gilles Dixsaut

Gilles Dixsaut

Gilles Dixsaut est spécialiste du fonctionnement de l'appareil respiratoire. Il a été conseiller scientifique auprès du ministère de la Santé de 1983 à 2003. 

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Atlantico : Quelles sont les parties du corps qui souffrent le plus lors d'un pic de pollution ? Et pourquoi ?

Gilles Dixsaut : L'organe qui souffre le plus de la pollution de l'air est le poumon puisqu'on respire cet air pollué. Et avec le poumon, le système cardiovasculaire parce que la pollution va pénétrer en partie dans le sang et conduire à l'aggravation des maladies respiratoires et cardiovasculaires. On parle là du système cardiovasculaire dans son ensemble, le cœur, les artères qui irriguent le cœur et qui sont touchées par les particules fines.

Les yeux peuvent également souffrir en raison de l'effet irritant de la pollution. Les personnes qui souffrent de conjonctivites, et notamment de conjonctivites allergiques, vont en raison de certaines pollutions comme celle due aux particules, vont connaitre des crises d'allergies. Nous avons davantage d'admission en urgence lors de pics de pollution.

Mais la pollution de "fond" est plus problématique pour les maladies cardiovasculaires que les pics de pollution. En revanche, il n'est pas sûr que les pics de pollution aient des effets sur les problèmes de peau comme l'eczéma qui est du à des réactions immunologique inadaptées du sujet. A priori, il n'y a pas de raison que la peau soit touchée par les pics de pollution.

Quelles sont les personnes les plus fragiles ?

De manière générale, les personnes âgées pour une raison simple, elles ont déjà des pathologies existantes. Elles sont donc particulièrement vulnérables aux vagues de chaleur comme aux vagues de froid. La deuxième catégorie, ce sont les gens qui souffrent déjà de pathologie cardiovasculaires et respiratoires.

La troisième catégorie de sujets sensibles à la pollution ce sont les enfants parce que pendant toute l'enfance, on a une maturation du poumon qui n'est pas totalement développé. L'irritation provoquée va freiner en quelque sorte le développement du poumon chez l'enfant. Et surtout chez l'enfant, il y a une relation très forte entre la pollution et les pathologies respiratoires.

Les deux extrémités de la vie sont tout simplement des périodes de fragilité globale pour la santé.

Et pour les autres, quelqu'un qui est en bonne santé est un malade en devenir ! Mais les gens en bonne santé, vont, lors de pics de pollution, connaître peu de répercussions. Mais la pollution au long cours, la pollution chronique va avoir un effet sur la population en général, y compris chez les personnes bien portantes.

Quels sont les risques encourus par la répétition de ces pics de pollution ?

En termes de développement de nouvelles pathologies, nous ne possédons pas d'arguments précis en ce sens. La pollution se comporte comme un ensemble d'irritants. Ce sont des produits que l'ont retrouve dans l'atmosphère et qui vont circuler dans le corps. Ces irritants déclenchent une chaîne dans le corps. Les irritants que l'on inhale par pollution vont potentialiser des allergies au pollen par exemple. Il s'agit d'un phénomène de potentialité.

Un deuxième phénomène existe probablement, certains polluants particulaires vont pouvoir se fixer sur des pollens et en augmenter le pouvoir allergisant. La pollution peut agir à la fois sur le récepteur et l'émetteur en termes d'allergies.

Sur la diminution de l'espérance de vie nous possédons des données assez précises qui montrent que la diminution de l'espérance de vie est proportionnelle à la valeur moyenne de polluant dans l'atmosphère.

Que faire pour se protéger ?

Malheureusement, il n'y a pas grand chose à faire car la pollution est diffuse. Le dioxyde d'azote est concentré à proximité des grandes voies de circulation, donc mieux vaut s'en tenir loin. Les particules sont un polluant un peu plus diffus. D'autres polluants comme l'ozone sont des polluants régionaux, on ne les trouve pas dans les centres villes mais plus à la périphérie. Les polluants, selon leur nature, sont diffus, peuvent migrer. On trouve dans l'antatctiquedes polluants qui peuvent venir de la terre entière.

Porter un masque dans le métro n'aide pas forcément car la plupart des masques ne sont pas étanches, il faudrait une vrai masque à gaz, c'est-à-dire un masque à cartouche. Ensuite, les masques en papier ne filtrent pas du tout les polluants gazeux comme le dioxyde et l'ozone. Par ailleurs, cela filtre à peine les particules ultras fines qui sont les plus toxiques et qui vont avoir tendance à aller au fond des poumons.

Il faut éviter de passer du temps dans les voitures et s'éloigner des grandes voies de circulation, mieux vaut être élevé par rapport au sol, car en hauteur, il y a plus de mouvements de l'air. On peut aussi s'éloigner des villes mais à la campagne, vous trouverez d'autres pollutions comme les pollutions agricoles. Même calfeutrer en intérieur, nous subissons la pollution de l'air intérieur, avec des polluants spécifiques. 

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