Quel bilan tirer des missions de Gérald Darmanin au poste de Ministre de l’Intérieur ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'exprime lors d'une conférence de presse. Quel bilan tirer de l'action de Gérald Darmanin au poste de Ministre de l’Intérieur ?
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'exprime lors d'une conférence de presse. Quel bilan tirer de l'action de Gérald Darmanin au poste de Ministre de l’Intérieur ?
©CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Bonnes feuilles

Quel bilan tirer des missions de Gérald Darmanin au poste de Ministre de l’Intérieur ?

Anita Hausser et Jean-François Gintzburger publient « Gérald Darmanin, Les secrets d’un ambitieux » aux éditions de l’Archipel. Héritier de Sarkozy, disciple de Xavier Bertrand ou meilleur atout de la Macronie face à l'extrême droite, Gérald Darmanin n'a jamais varié dans ses fondamentaux : de droite, tendance souverainiste, soucieux des questions de sécurité et de lutte contre les communautarismes. Il revendique sa fibre populaire et sociale, cultivant son profil d'homme politique qui ne sort pas de l'ENA. Extrait 2/2.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

Voir la bio »
Jean-François Gintzburger

Jean-François Gintzburger

Jean- François Gintzburger est journaliste. Il a notamment travaillé au quotidien La Voix du Nord.

Voir la bio »

Quel sera le bilan de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur ? « J’aimerais qu’on dise : la maison est tenue. » Un peu plus d’un an après son arrivée place Beauvau, il n’a que sa fermeté et son volontarisme à mettre en avant pour convaincre les sceptiques qu’Emmanuel Macron n’est pas « faible sur le régalien », comme lui en font grief ses détracteurs. En attendant la Lopsi (loi d’orientation et de programmation sur la sécurité intérieure), promise par le président pour septembre 2021 en clôture du « Beauvau de la sécurité » et dont le chef de l’État aura bien besoin pour convaincre les Français de sa fermeté dans une campagne présidentielle qui promet d’être dominée par les questions sécuritaires. Emmanuel Macron a accordé un satisfecit à son ministre dans son discours de Roubaix et annoncé une hausse historique du budget de 1,5 milliard d’euros pour l’Intérieur.

Impossible pour le ministre de l’Intérieur d’aligner des statistiques flatteuses, comme à Bercy : en matière de sécurité et de terrorisme, aucune victoire n’est jamais acquise. Ses amis se rassurent en expliquant qu’il « incarne l’ordre ». Ses détracteurs s’en prennent directement à Emmanuel Macron. Le terrorisme, lui, n’a pas disparu : si des projets d’attentats islamistes sont régulièrement déjoués – une trentaine depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron –, les actions commises par des radicalisés de la dernière heure, tels les assassinats de Samuel Paty ou de Stéphanie Monfermé, restent imprévisibles. Pour afficher son volontarisme en la matière, le ministre de l’Intérieur a annoncé la dissolution de lieux de culte et d’une dizaine d’associations islamistes, quelques semaines seulement après la promulgation de la loi confortant les principes de la République. Mais il s’agit d’un travail de longue haleine.

Depuis peu, c’est la montée en puissance du suprémacisme blanc et du survivalisme qui inquiète les autorités. En matière d’immigration, Gérald Darmanin subit le procès en laxisme intenté à Emmanuel Macron par la droite. Elle dénonce la hausse jamais égalée du nombre d’immigrés clandestins en France. À Calais, les démantèlements répétés de camps de migrants n’empêchent pas les regroupements de candidats à la traversée vers l’Angleterre. En visite dans la sous-préfecture du Pas-de-Calais en juillet 2021 pour inspecter les dispositifs de contrôle en place, le ministre s’est montré fataliste : « Tant que la situation ne sera pas stabilisée en Afghanistan et en Libye, il y aura des migrants », a-t-il déclaré devant la presse. Quant aux faits de délinquance, ils ont explosé pendant le premier semestre 2021 d’après les statistiques du ministère. « Les atteintes à l’intégrité physique, majoritairement des coups et blessures volontaires, n’ont jamais été aussi nombreuses », constate le rapport. Cette hausse est particulièrement élevée dans les zones rurales et périurbaines. À l’été 2021, les manifestations contre la vaccination et le pass sanitaire sont venues allonger la liste des crises que doit gérer le locataire de la place Beauvau. Dans les banlieues, les saisies de véhicules et de motos ne découragent pas les auteurs de rodéos urbains. On est loin de la « vie paisible » pour laquelle Emmanuel Macron jure de se battre. Quant à la guerre totale engagée contre les trafiquants de drogue, elle n’est pas près d’être gagnée, en dépit des déclarations volontaristes du ministre et des actions vigoureuses engagées contre le trafic de cannabis.

Gérald Darmanin a toutefois une satisfaction : celle d’avoir gagné la confiance des policiers, qu’il soutient en toutes circonstances. « J’ai reçu des messages de policiers qui m’ont dit : “Vous en prenez plein la g… pour nous, bienvenue au club…” Les policiers, ils ont vu que j’avais pris la poudre pour eux. Aujourd’hui, les ondes sont positives. C’est comme la veille d’une élection : vous savez que vous avez gagné quand, le samedi, les gens vous serrent la main et vous disent : “Ça va aller.” Il y a huit mois, le travail était à faire et l’article 24 y a contribué », croit-il pouvoir avancer.

À bas bruit, des mesures ont été prises pour limiter les effets des « violences policières », telles que l’utilisation d’une nouvelle grenade de désencerclement et l’obligation de l’accord d’un superviseur pour un tir de LBD. Les caméras-piétons arrivent progressivement dans les commissariats. Et le 31 juillet 2021, on n’a guère entendu de protestations lorsque le directeur de la police nationale a annoncé l’abandon de la « clé d’étranglement », qui avait jeté des milliers de manifestants dans la rue après le décès de George Floyd.

A lire aussi : De Tourcoing à l’UMP : les premiers pas de Gérald Darmanin dans la vie politique

Extrait du livre d’Anita Hausser et de Jean-François Gintzburger, « Gérald Darmanin, Les secrets d’un ambitieux », publié aux éditions de l’Archipel.

Lien vers la boutique : cliquez ICI et ICI

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !