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Présidentielle : la taille, c’est important ?
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Zone franche

Présidentielle : la taille, c’est important ?

Les statistiques et l’observation des mécanismes de l’évolution en attestent, le candidat à une présidentielle est avantagé par une haute stature. Le président du Groland tentera-t-il sa chance en France voisine ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Les universitaires anglo-saxons sont plus rigolos que les nôtres. Et les études farfelues qu’ils publient sur tout et n’importe quoi, si elles ne les aident pas toujours à décrocher un Nobel, apportent fréquemment un éclairage intéressant sur le monde tel qu’il va.

Témoin, les travaux de Gregg Murray, un prof de sciences politiques à l’université du Texas. Tombé par hasard sur un site recensant les présidents yankees et les classant par taille, le crâne d’œuf s’est demandé si ressembler à un joueur de la NBA n’était pas un avantage comparatif majeur pour accéder à la fonction suprême.

On veut bien le croire, l’immense (hé hé) majorité des 44 occupants successifs de la Maison-Blanche mesurant plus de 1,80 m (1,93 pour Abraham Lincoln, recordman à ce jour) même si James Madison, l’un des plus prestigieux, a vu sa croissance stoppée net dès 1,63 m…

Mieux : dans 58% des élections américaines depuis la première, le candidat le plus grand l’a emporté, les êtres humains, comme tous les primates, accordant généralement une prime à un « physique de dominant » au moment de se choisir un chef.

« Nos ancêtres vivaient en groupes constamment impliqués dans des conflits qu’il fallait résoudre par la violence physique, explique le professeur au Guardian de Londres. Si vous êtes dans un groupe et que les hordes ennemies s’apprêtent à franchir la colline, vous voulez qu’elles repèrent le grand type qui vous dirige pour qu’elles se rendent compte de la dure bataille qui les attend ».

Cherchant à confirmer cet attrait populaire pour les boss à haute stature, Murray a ensuite demandé à près de 500 étudiants de dresser les portraits comparés d’un « leader national idéal » et d’un « citoyen typique ». Dans deux-tiers des cas, les leaders sont 12% plus grands que leurs administrés et le même phénomène est apparemment observable sur tous les continents et dans toutes les cultures...

Incidemment, un second volet de l’étude apporte encore de l’eau à ce moulin : questionnés sur leurs propres aptitudes au commandement, plus les étudiants sont grands, plus ils sont convaincus de leur capacité à entraîner les foules.

Hollande et Bayrou dansant le Haka pour effrayer les hordes ennemies ?

Si ces éléments ont effectivement une valeur universelle, seuls trois des six présidents de la Ve République se sont vraiment montrés à la hauteur (De Gaulle, 1,93 mètre ; Chirac, 1,90 m ; Giscard, 1,89 m), éclipsant le  reste du gang sur la photo de famille (Pompidou, 1,73 m ;  Mitterrand, 1,72 m ; Sarkozy, 1,65 m).

François Hollande (1,74 m) et François Bayrou (1,75 m) devraient donc bénéficier d’une (très) légère avance sur l’actuel président en 2012, même s’il est difficile de se les figurer en train de danser le Haka pour effrayer les hordes ennemies.

A tout prendre, un Sarkozy au gabarit de taurillon amateur de jogging et de vélo semble un meilleur pari sur ce point. Voire Mélenchon, qui exige à peu près la même longueur de pantalons que l’omniprésident (il mesure 1,68 m) mais compense avec une sacrée grande gueule.

Chez les femmes, une Éva Joly riquiqui de 1,58 m ne devrait guère faire le poids, si l’on ose dire, face à une Marine Le Pen de 1,74 m. Mais l’étude qui nous sert de « benchmark » est nécessairement sexiste, aucune présidente n’ayant encore été élue de l’autre côté de l’Atlantique.

Bah, il ne faut sans doute pas accorder trop d’importance à la statistique ou à la traduction politique de l’évolutionnisme. Des petits leaders, l’histoire en est pleine : de Napoléon (1,68 m) à Staline (1,65 m), en passant par Ahmadinedjad (1,57 m) et  Bouteflika (1,59 m), pour ne rien dire de Benito Juarez (1,37)… Dans le cas contraire, et maintenant que l’ami Villepin (1,93 m) est hors course, les bookmakers britanniques commenceraient à parier sur les chances Christophe Salengro, président du Groland, dans une élection française (ce chef d’État de 2 m jouit de la double nationalité).

Ça ça serait rigolo.

Bon, j’espère qu’une nouvelle étude de ce genre nous dira bientôt si les gros sont également avantagés, histoire de vérifier si François Hollande a fait des efforts dans la bonne direction…

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Note : l'auteur de cet article mesure 1,85 m mais n'envisage pas de se présenter à la présidentielle en 2012. Pour 2017, il réserve sa position.

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