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Pourquoi trouver des traces de vie passée sur Mars aurait des conséquences bien concrètes sur Terre
©Nasa/JPL-Caltech

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Pourquoi trouver des traces de vie passée sur Mars aurait des conséquences bien concrètes sur Terre

Le rover Perseverance, qui sera lancé le 30 juillet vers Mars, tentera de trouver des traces d'une vie passée. S'il y parvient, il s'agira d'une révolution pour les sciences.

Olivier Sanguy

Olivier Sanguy

Olivier Sanguy est spécialiste de l’astronautique et rédacteur en chef du site d’actualités spatiales de la Cité de l’espace à Toulouse.

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A lire aussi : Mission Perseverance sur Mars : à la recherche d’une vie passée

Atlantico : Les Etats-Unis lanceront le 30 juillet vers Mars leur rover Perseverance, qui tentera, entre autres objectifs, d'y détecter des indices éventuellement fossiles d'une vie passée. Quel serait l'impact d'une découverte de vie préexistante sur Mars pour la recherche scientifique ?

Olivier Sanguy : Découvrir qu’une vie a existé sur Mars multiplierait tout simplement par 2 le nombre de corps célestes où il est connu que le vivant a éclos. Car, pour le moment, le seul endroit dans l’Univers où on est certain que la vie s’est développée c’est tout simplement la Terre. Cette particularité terrestre intrigue, car on constate que les éléments de base pour le vivant sont finalement assez répandus. Dans les vastes nuages de gaz à partir desquels se forment les étoiles et leur futur cortège de planètes, les astronomes ont détecté avec des télescopes (par spectroscopie) les molécules jugées nécessaires à amorcer une complexe réaction aboutissant à l’émergence du vivant. Il en est de même dans le Système solaire avec Mars où l’eau a existé sous forme liquide à la surface il y a très longtemps. Et même dans des endroits plus inattendus à l’image de la petite lune de 500 km de diamètre Encelade autour de Saturne. Les données de la sonde Cassini indiquent que les effets de marée gravitationnelle de la géante aux anneaux chauffent le cœur d’Encelade qui héberge très probablement un océan d’eau liquide sous sa surface gelée. Au sud de cette lune, des geysers de glace témoignent de l’activité de cet océan. On a de la chaleur, donc de l’énergie, de l’eau liquide et même la détection de molécules assez complexes dans les geysers. Mais pour le moment, si on constate la présence de quelques «bons ingrédients» en dehors de la Terre, la «recette» ne semble pas avoir donné de résultats ailleurs. Ainsi, trouver une trace de vie même passée sur Mars, démontrera que les processus amenant au vivant ne sont pas une exception terrestre. On penchera alors plus vers l’idée que ces mécanismes peuvent même être assez répandus. On jaugera aussi plus aisément les limites de l’éclosion du vivant puisqu’on examinera d’autres conditions que celles qui ont prévalu sur Terre. C’est toute l’astrobiologie qui fera un bond, mais on en saura aussi par comparaison beaucoup plus sur l’apparition de la vie sur Terre.

 Quel impact cette découverte aurait-elle sur notre vie sur Terre ?

Outre d’éventuelles conséquences philosophiques quant à notre place dans l’Univers, comme dit précédemment, trouver de la vie même aujourd’hui éteinte sur Mars, nous éclairera sur la façon dont elle apparue sur Terre. Cette base de connaissance profitera à d’autres champs d’études scientifiques et favorisera des découvertes qui nous concernent plus directement, qui concernent «notre» vivant. La recherche fonctionne ainsi, les différentes disciplines se nourrissant des avancées des autres. Et la science accomplie grâce aux missions spatiales a déjà apporté de nombreuses pierres à cet édifice, que ce soit pour la recherche fondamentale ou des applications plus immédiates. Par exemple, l’étude de Jupiter, en ce moment avec la mission Juno, permet d’observer les phénomènes extrêmes de cette planète géante, notamment son champ magnétique très puissant. On observe du coup des niveaux d’énergie impossibles à recréer en laboratoire. Plus immédiat, dans la Station Spatiale Internationale, on procède à des études sur la combustion en profitant de l’impesanteur. Des chercheurs espèrent en tirer des leçons qui aboutiront un jour à des moteurs bien plus propres. Et il ne s’agit là que de 2 exemples parmi une multitude.

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