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Pourquoi le Coronavirus est un révélateur et un accélérateur du choc de civilisation en cours
©JUNG Yeon-Je / AFP

Dérèglements

Pourquoi le Coronavirus est un révélateur et un accélérateur du choc de civilisation en cours

Cette crise du coronavirus est un choc du réel qui nous oblige à essayer de comprendre le bouleversement civilisationnel qui est en train de se produire sous nos yeux.

Eduardo Rihan-Cypel

Eduardo Rihan-Cypel

Ancien Député de Seine-et-Marne 

Conseiller national du PS 

Coauteur de La gauche en commun aux nouveaux paisibles, éditions UPPR.

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Atlantico : Face à cette crise sanitaire, doit-on penser l’après avant le présent ? 

Eduardo Rihan-Cypel : Il faut penser l’histoire au moment où elle se passe, au moment où elle a lieu. Quand Karl Marx écrit en 1852 Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, il n’a pas la tête dans un monde-d’après messianique. Il est sur l’événement, en temps réel, mais avec le recul conceptuel qui lui permet de dégager les spécificités du moment. Quand Machiavel rédige Le Prince, il médite la nouveauté des temps présents, ses effets politiques en laissait la pensée morale de côté. Il y a un temps pour la morale et un temps pour l’utopie. Et un temps pour saisir le réel du moment, l’événement dans ce qu’il a de nouveau, de spécifique et d’inédit. Je crois que c’est cet effort qui doit être privilégié à ce stade si on veut être en mesure d’écrire le futur sur des bases solides.

Que vit-on ? Cette pandémie du Covid 19, qui confine d'un seul coup la moitié de l'humanité, se produit dans une situation de désordre mondial préexistant.  Depuis quelques années, l'humanité vit dans un monde instable et dangereux où les règles internationales et de la gouvernance internationale sont très peu respectées, voire pas du tout.

Un monde où la force et le fait accompli dominent dans les affaires du monde. Nous sommes depuis plusieurs années dans un monde déréglé: dérèglements géopolitiques, économiques et financiers depuis la crise de 2008, qui n'ont pas été réglés, dont nous pouvons encore observer les effets aujourd'hui. S'ajoutent à cela les dérèglements climatiques et écologiques, dont l'humanité commence à mesurer la puissance et la dangerosité. D'autres facteurs, comme l'accroissement démographique, produisent des dérèglements, face à une humanité qui comptera bientôt plus de 7 milliards d’individus, pour atteindre plus de 9 milliards d’êtres humains d'ici 2050 avec des projections des disparités démographiques particulièrement inquiétantes selon les régions du globe.

Quand j'étais jeune, un certain George Bush réclamait un « nouvel ordre mondial ». Dans les années 1990, après la chute du Mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique, il prônait alors un « nouvel ordre mondial » s’appuyant notamment sur les thèses du penseur américain Francis Fukuyama, qui nous a fondé un nouveau dogme, « la fin de l’histoire », où nous devrions tous nous orienter vers des démocraties libérales heureuses, alors qu'au même moment, nous avions au cœur même de l’Europe, la guerre de Yougoslavie qui disloquait une partie du continent.

En réalité, depuis probablement la chute du Mur, en lieu et place d’un nouvel ordre mondial, nous avons hérité d’un nouveau désordre mondial. Jusqu'aux attentats terroristes de 2001 à New York, il y avait une hyperpuissance unilatérale américaine qui a tenté tant bien que mal d'équilibrer le monde, sans pour autant réussir à masquer les désordres, qui se sont amplifiés. L'ordre bipolaire n'a pas été remplacé à ce stade par un autre ordre international capable de maîtriser justement les difficultés et les problèmes du monde nouveau qui se dessinaient à l’aune du nouveau siècle naissant. 

Dans ce désordre mondial, dans ce dérèglement qui s'accentue depuis les années 2010, on assiste à un retour du terrorisme, à de nouvelles volontés de puissance, à une nouvelle course aux armements, avec un retour de la prolifération nucléaire, en particulier ce qu'on appelle le « nucléaire tactique » ( des mini bombes nucléaires dont sont en train de se doter aussi bien la Russie, l'Inde, le Pakistan et, depuis 2018, les Etats-Unis).

En même temps, la prolifération d'armes conventionnelles s’accentue (les budgets militaires n’ont jamais autant augmenté dans le monde), mais aussi des cybermenaces, provenant d’entités étatiques ou non étatiques, lesquelles peuvent porter des attaques massives tout aussi destructrices sur le plan physique et matériel. Bref, nous ne sommes pas à l’abri d’un « cyber-11 septembre ». On sait aussi que des pays développent des « armes écologiques », qui donneraient la possibilité de fabriquer des tsunamis, des tremblements de terre ou encore des pluies acides. Soyons clairs : l’enjeu aujourd’hui est la sécurité et la paix. Rien de moins. Un peu comme le monde l’était à la veille de la Première Guerre mondiale, vers 1910-1911. J’y vois beaucoup de similitudes, bien plus qu’avec les années 1930 comme on l’entend souvent.

Cette crise du coronavirus, vient donc révéler tous ces dérèglements, ces désordres, pour ensuite les accentuer, les accélérer, les aggraver, les amplifier.

Assiste-t-on actuellement à un « choc de civilisation » ?

Tout à fait. Nous sommes selon moi dans un « choc de civilisation », dans la mesure où des ruptures civilisationnelles sans précédent se produisent aujourd’hui dans l'histoire de l'humanité. Les ruptures scientifiques, technologiques et démographiques que nous vivons depuis la révolution numérique et de l'intelligence artificielle, pour simplifier, bouleversent nos sociétés et l'histoire de l'humanité comme jamais auparavant. Les changements en cours auront non seulement une dimension historique mais aussi et, surtout, une portée anthropologique sur le long terme.

Nous allons basculer de monde et de civilisation dans les années et les décennies à venir. Demain nous serons dans une société de robots, tout sera robotisé au possible, les objets interconnectés dits « intelligents » envahiront notre vie (sociale, quotidienne et intime), tout cela sous la supervision ultralogique et imparable de puissants algorithmes complexes dont on veut qu’ils assurent et facilitent tous nos comportements. Dans quelques années, dans trois ou cinq ans peut-être, nous verrons l’avènement de l'ordinateur quantique, dont la capacité de calcul et la puissance sont incommensurables par rapport à ce qui existe aujourd’hui. Par exemple, un calculateur quantique sera en mesure de casser de nombreux systèmes cryptographiques, voire toutes les capacités de cryptage de très haut niveau actuelles. Cela représente tout de même quelques enjeux… C’est l’une de ces ruptures technologiques qui nous font changer de paradigme, bien plus que l‘invention de la machine à vapeur qui a présidé aux débuts de la première révolution industrielle à la fin du 18ème siècle.

Ces ruptures, autant technologiques que scientifiques pures, nous donnent le sentiment que notre puissance est décuplée. Ce qui est vrai en grande partie, car notre puissance d'agir sur le réel et de le connaître n'a pas jamais été aussi grande. Mais ces ressemble davantage à une nouvelle illusion de la toute-puissance des humains qui se croient les maitres et possesseurs de l’univers. Mais au même moment s'abat sur nous la limite des limites qui est le défi écologique et le défi climatique qui nous montrent que la Nature est une limite avec laquelle nous ne pouvons pas rompre. Nous devons rompre avec l’illusion dangereuse de la toute-puissance fondée sur une rationalité réduite à sa seule puissance de calcul et de sa force de prédation. Nous allons devoir réapprendre à concilier la Raison et la Nature. Le Logos n’est pas séparé du Cosmos.

Je crois que cette crise du coronavirus est un choc du réel qui nous oblige à faire une sorte de pause et d'essayer de comprendre le bouleversement civilisationnel qui est en train de se produire sous nos yeux. Comment et dans quelle direction pouvons-nous l'orienter? Tous ces bouleversements peuvent être positifs dès lors qu’on les oriente vers des buts humains et que l’on refuse la déshumanisation rampante dans laquelle nos sociétés se sont engagées.

Le jour d’après sera-t-il nécessairement si différent du jour d’avant ?

Il y a un grand risque de voir les forces d’inertie plus puissantes que les forces de changement et de dépassement, dès le premier jour d’après… Ne soyons pas naïfs. Nous allons certainement assister à un affrontement entre des forces d'inertie qui voudront reprendre la vie comme avant et des forces de changement qui voudront rebâtir à partir du chaos de cette crise.  Cela sera vrai tant sur le plan individuel que collectif. Chacun des acteurs en place, surtout s'ils sont dominants, voudront reprendre leurs positions et ne se laisseront pas balayer par ceux qui voudront du changement, et prendre la place de ceux qui sont déjà en place.

Même si nous pouvons nous diriger vers un changement d’ordre qualitatif, meilleur pour tous, je crains malheureusement que des forces d'inertie ne dominent le jour d'après. Il faudra y faire face. Car si rien ne change dans l’après coronavirus, nous n’aurons que davantage de désordres, de décompositions géopolitiques, de dérèglements économiques et une aggravation de la situation climatique. Ce chemin a un nom : c’est le chemin de la destruction et de la mort. C’est la voie morbide. Elle ne peut pas être une option.

Doit-on s’attendre à un certain repli sur soi après la crise, notamment au niveau de l'Europe ? Peut-on enrayer la crise de la gouvernance mondiale ?

Un monde où les égoïsmes et le repli sur soi dominent est aujourd’hui à l’oeuvre en effet, aussi bien pour les individus comme pour les nations. Individualismes, égoïsmes, nationalismes… c’est un cocktail explosif et dangereux. Un monde où dominent le chacun pour soi dans une sorte de lutte effrénée pour la survie, c’est un possible que nous oblige à envisager cette pandémie du Covid-19. Ce monde doit être évité coûte que coûte, chacun en a conscience, même si tout le monde n’a pas la même vision du futur. Il y a pour moi une certitude : il faut privilégier la coopération à la compétition. Seule une meilleure coopération nous permettra à tous de préparer un futur positif. Une meilleure coopération entre la France et ses terrioires, une coopération politique approfondie au sein de l’Europe, une meilleure coopération internationale. Je dis une banalité… mais on en est à se rappeler des banalités si évidentes que nous les avons perdues de vue… Il faut donc se concentrer sur ce qui peut sembler une banalité et qui est en réalité une nécessité : coopérer, il n’y a pas le choix ; les défis, les risques et les menaces sont globaux et transfrontaliers. Ils appellent des règles et des limites nouvelles à créer si l’on veut préserver un modèle de société démocratique protecteur, prospère et libre. Préparer ce monde suppose que nous soyons déjà capables d'identifier les forces d'inertie et que nous essayions de nous poser la question de ce que nous avons entre les mains pour construire un modèle de société qui nous convienne. Mais il faut affronter les défis de la civilisation. Il se trouve que nous sommes en Europe, nous sommes Français et qu'à partir d'où nous sommes, de ce que nous sommes, nous pouvons agir de manière utile et judicieuse. J’avais évoqué des pistes de réflexion dans un livre publié en novembre 2018 avec un collectif d’amis : De la Gauche en commun aux nouveaux possibles. On y analyse ce que nous avons nommé la « crise du futur », qui est une crise du sens, une crise du progrès et de l’humanisme.

Le coronavirus agit comme une sorte d'universel négatif. La moitié de l’humanité est confinée et à l’arrêt, toute l'humanité affronte le même problème en même temps. C'est inédit et cela aura nécessairement des effets dans la conscience collective de l'humanité. 

Il y a quelque chose du « travail du négatif » dans la pandémie du coronavirus. Jean-Paul Sartre est sans doute le dernier grand philosophe à avoir pris au sérieux ce travail du négatif. Le moteur de la grande Histoire est toujours travaillé par le négatif, c’est-à-dire toutes ces forces bifurquantes qui agissent en sous-terrain, en profondeur, et font bouger les plaques tectoniques du réel en devenir.

Si l'Europe se donne par exemple comme tâche d'être le premier continent dans la transition énergétique et écologique, nous avons là une chance de gagner une autonomie stratégique que nous n’avons pas et qui se révèle auiourd’hui décisive avec cette crise. Il en va de même pour les nouvelles technologies et toutes les grandes innovations. On ne doit pas simplement rêver d’un grand Green New Deal. Il faut aussi un New Deal de l’innovation stratégique en Europe. En somme, nous devrions défendre la vision d’une Europe-providence disposant d’une grande capacité d’autonomie stratégique. Ce n’est pas une utopie, c’est un possible. Encore faut-il en avoir la volonté. Une Europe qui rompe avec la logique anesthésiante de la globalisation uniformisatrice et libérale. Une Europe qui assume la mondialisation mais qui refuse la globalisation tentaculaire qui nie la singularité des peuples, des nations et des cultures européennes. Nous sommes fondés à porter un modèle de civilisation européen mais celui-ci ne réussira jamais s’il est uniformisant, unilatéral et a-culturel. La raison technocratique ne peut pas fonder un projet européen. En somme, il faut concilier souveraineté et universalisme, singularité des nations et unité politique de l’Europe. Pour cela, nous devons renouer avec le principe de subsidiarité qui permet de déterminer le niveau d’autorité publique le plus compétent pour agir entre les collectivités territoriales, l’Etat ou l’Europe, en privilégiant que la décision soit toujours prise à l’échelle la plus proche de son lieu d’application.

On peut imaginer par exemple une banque de développement européen, instrument d’une politique de développement digne de ce nom, comme on a pu imaginer une banque européenne d’investissement. Elle sera le moyen de nous doter des infrastructures et des projets nécessaires à la transition énergétique, écologique et technologique pour construire cette autonomie stratégique. Le problème est que, jusqu’à présent, l’Europe refuse de s’assumer comme une puissance, comme me l’a dit un jour Hubert Védrine. Il a raison. Les dirigeants européens n’ont pas conçu l’Europe comme puissance. Sans doute en raison aussi des nations et de leurs logiques ambivalentes sur la construction européenne. Il est temps de sortir de ces gamineries, d’être sérieux et lucides, de regarder avec courage le siècle nouveau. On n’a pas le choix : si on ne veut pas subir le monde mais le maîtriser un tant soit peu, on doit alors construire cette autonomie stratégique à l’échelle de l’Europe ; et on ne doit pas le faire contre les nations mais avec les nations, en posant les sujets sur la table : qu’est-ce qu’on partage, jusqu’où ? Et qu’est-ce qu’on ne partage pas ? Peut-on discuter de la division du travail et des capitaux productif er cognitif en Europe ? Est-on capable entre européens de coeur et d’esprit de construire une politique de sécurité et de prospérité collectives ? Il doit bien avoir un chemin qui permette de concilier souveraineté des nations et autonomie stratégique européenne. Je le crois. Les pistes existent dans le débat. Et celles qui n’existent pas, nous devons avoir la force de les inventer. Comme par exemple l’idée d’une « dissuasion créative de souveraineté » développée par l’essayiste et économiste Pierre Larrouy1 dans le cadre d’un nouveau modèle productif en faveur d’une économique politique numérique où stratégies nationale et territoriale sont articulées, incluant acteurs publics, économiques et citoyens, dans un modèle gagnant-gagnant. Je propose aussi de réfléchir à la création de circuits courts d’échanges, d’approvisionnement, de production et d’action publique entre européens, et élargir ces circuits à nos différents environnements stratégiques immédiats (le sud de la Méditerranée mais aussi l’Est hors Union européenne dont la Russie, l’Eurasie étant une vision stratégique à reprendre et à mettre sur la table sans a priori). Les Chinois construisent bien de nouvelles routes de la soie. Pourquoi l’Europe se priverait-elle d’une réflexion stratégique de cette portée? Je me demande s’il n’y pas des moments dans l’histoire où l’esprit militaire doit inspirer l’esprit civil pour l’aider à affronter les structures réelles qui font que le monde est monde. Car c’est bien au niveau de la structure (des structures) qu’il faut agir. L’esprit militaire est peut-être la continuation de l’esprit civil par d’autres moyens, pour détourner la formule célèbre de Clausewitz. Ne nous privons pas de l’intelligence militaire pour comprendre le moment.

L’Europe est objectivement la première puissance économique et commerciale au monde, avec une population de plus de 500 millions d’habitants, et un capital cognitif et scientifique de premier plan. Cela représente quelques atouts pour nous engager sur le chemin d’une possible et souhaitable renaissance européenne et de défendre un modèle de société conforme à nos valeurs fondamentales.

Le désordre politique causé par la crise actuelle peut-il être une opportunité pour la gauche de se refonder?

Je crois que la question dépasse largement celle la gauche. La gauche elle-même n'est à l'abri ni des conservatismes, ni de l’obscurantisme, ni du populisme. J’espère que cette crise soit surtout une opportunité pour que la France comme l’Europe sortent de leur sommeil dogmatique ! Je suis un homme de gauche, un gaulliste de gauche même, je crois à un large spectre républicain capable de réunir des femmes et des hommes partageant une même ambition de progrès humaniste. Il s’agit de penser si un progrès humain est de nouveau possible dans un monde où le « progrès » prend de plus en plus le chemin réducteur d’un « progrès-puissance », un progrès de la technique et de la puissance, mais un progrès déshumanisant et non partagé, réservé à une élite. Si on essaye de prendre point par point tous les sujets évoqués ici, et bien d’autres encore, si on se réarme idéologiquement avec un nouvel humanisme, de nouvelles Lumières - les deux grands courants de pensée fondateurs de notre modernité européenne en tant que civilisation - alors nous saurons relever les enjeux du présent et les défis du futur, avec l’ambition qui convient : celle d’une espérance nouvelle. C’est le sens du collectif la Gauche en commun que nous avons fondé il y a deux ans : travailler pour retrouver du commun à gauche et au-delà en partant de la crise de sens dans laquelle nos sociétés sont prises. Il faut multiplier les initiatives et favoriser le dialogue, partout, sur des bases sincères, sans a priori. De toutes ces énergies peut naître quelque chose de neuf, de solide et de prometteur. Il faut promouvoir la créativité et l’agilité qui existent chez les gens, partout on repère des énergies fortes sur le territoire. Les pouvoirs publics, à toutes les échelles, doivent y être attentifs pour les capturer et les orienter dans un sens positif pour tous. Regardons l’énergie, l’agilité et l’inventivité des personnes soignants ou d’autres professions dans cette crise ! L’énergie et la vie comme force sont bien là.

Nous avons devant nous de nouveaux possibles.  Il nous appartient de trouver la voie. Les énergies existent, elles se révèlent sur tout le territoire à la faveur de cette pandémie. Il n'y a pas de solution prête-à-porter. C'est de la haute-couture, c’est fin et précis. Il faut qu'on se donne le temps, qu’on prenne les bonnes matières, qu’on se dote de bons savoir-faire pour trouver de nouvelles manières de concevoir, d’écrire le futur, de recoudre notre monde. Avec beaucoup d’humilité, d’abnégation et de volonté, c’est une voie que nous pouvons envisager. Nous devons avoir l’audace de nous y engager.

1 Pierre Larrouy, « Terra Incognita », journal prospectif, Revue Politique et Parlementaire : https://www.revuepolitique.fr/terra-incognita-journal-ephemere-libre-et-prospectif-3/

 

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