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Pourquoi le contrat signé avec les sociétés chargées des radars privés ouvrent la porte à bien des dérives
©NICOLAS TUCAT / AFP

Danger

Pourquoi le contrat signé avec les sociétés chargées des radars privés ouvrent la porte à bien des dérives

Les premières voitures-radars privées flasheront à partir de lundi en Normandie. Le dispositif sera ensuite étendu à toute la France.

Pierre Chasseray

Pierre Chasseray

Pierre Chasseray est délégué Général de l'association 40 Millions d'automobilistes.

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Atlantico : Les premiers radars embarqués privatisés arrivent. Selon vous, quels sont les risques de donner une mission de sécurité (habituellement attribuée aux forces de l'ordre) à une société privée ? Le gouvernement explique que l'argent récolté servira aux accidentés de la route. Peut-on en être certain ?

Pierre Chasseray : Tout d'abord, il faut bien dire que cette affaire selon laquelle l'argent récolté reviendrait aux accidentés de la route est un gros mensonge. Ce qu'il faut savoir c'est que l'argent qui revient aux accidentés – prime qui finance la prise en charge par le secours puis par l'hôpital – n'est pas payée par l'Etat. Elle est payée principalement par les assurances et par le fonds de sécurité qui lui aussi est abondé par les assurances. C'est donc un vrai mensonge pour masquer une mesure qui n'a pas lieu d'être.

Concrètement, comment ces systèmes fonctionnent-t-il ?

Il s'agit de radars cachés dans des plaques d'immatriculation, à l'avant ou à l'arrière de la voiture. C'est un système de flash invisible, qui ne signale même pas au conducteur qu'il est en excès de vitesse sur le moment. Ces véhicules seront donc gérés par des compagnies privées. Et comme le but d'une compagnie privée est de gagner de l'argent, on peut s'attendre à ce qu'ils fassent en sorte de flasher le plus possibles de monde pour récupérer à nouveau le marché que lui offre l'Etat. C'est complètement impensable ! Ce n'est pas le rôle des entreprises privées, mais des forces de l'ordre.  Et ce tout simplement parce qu'on parle bien ici d'une mission de sécurité, pas d'une mission banale de contrôle.

L'expérimentation a commencé le 1er septembre 2017, sur les routes de Normandie. Quel bilan en tirer ?

La vraie question qu'on doit se poser, au-delà de ces essais, est : "est-ce qu'on est d'accord pour mettre entre les mains de sociétés privées des outils de sécurité routière ?". Est-ce qu'on se rend bien compte de ce que cela implique. Parce qu'on ne confierait pas une autre mission de police à n'importe qui. Et que, dans l'autre sens, on peut voir dans cette mesure quelque chose d'aberrant, comme s'il était logique de cambrioler des gens parce que l'argent va à une bonne cause. On marche sur la tête.

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