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La crise sanitaire a aussi entraîné l'essor du sport à la maison, au grand étonnement de nos animaux.
La crise sanitaire a aussi entraîné l'essor du sport à la maison, au grand étonnement de nos animaux.
©AL BELLO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Fini le télétravail

Petits conseils pour préparer votre animal domestique à votre retour au bureau

L'amélioration de la situation sanitaire va permettre à de nombreux salariés de retrouver le chemin du bureau. Et donc de laisser seul leur animal, qui a peut-être pris l'habitude d'être chouchouté plus qu'à l'accoutumée lors des périodes de confinement ou de télétravail.

Pierrette Serventi

Pierrette Serventi

Pierrette Serventi est comportementaliste animalière certifiée pour les chiens, chats et autres animaux domestiques.

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Atlantico : Du fait de la pandémie et du développement du télétravail, de nombreux animaux se sont habitués à voir leurs maîtres tout le temps à la maison. Maintenant que les travailleurs vont devoir retourner au bureau, les chiens vont se retrouver seuls à la maison. Comment les préparer à cette nouvelle routine ?

Pierrette Serventi : Il faut déjà leur expliquer la situation, en étant le plus clair possible et en essayant de rester serein par rapport à la situation qui s'impose à l'humain. De toute façon, on ne peut pas y échapper ! Plus le référent - personnellement je préfère parler de référent que de maître - explique avec sérénité la situation qui va changer, plus ça peut passer correctement auprès de son animal.

Il faut aussi restaurer ou retrouver les rituels qui ont été mis en place avant la pandémie. Pour certains chiens qui ont vécu avec leurs propriétaires avant la pandémie, il s'agit de retrouver un temps d'avant qu'ils connaissent déjà. Pour les chiens qui ont été adoptés pendant la pandémie et qui n'ont pas un référentiel antérieur, il faut conserver autant que possible les mêmes habitudes, les mêmes rituels, les mêmes rendez-vous. Ainsi, même si le temps de présence change radicalement, l'animal ne sera pas trop perturbé. Il s'agit des rendez-vous de promenade, de jeu, les heures pour manger, etc. Il y aura forcément une période de transition, c'est sûr. Mais on peut éventuellement profiter du weekend pour se remettre sur les bonnes voies.

L'important, c'est que même si on consacre moins de temps à son animal, il faut conserver les mêmes rituels. C'est moins bien au niveau durée, mais ces moments qualitatifs donnent des repères qui sont immuables et peuvent aider le chien à rester serein malgré l'habitude qu'il avait pris d'avoir son référent à proximité.

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Ce qui peut être intéressant aussi, c'est de laisser un jouet qui porte l'odeur du référent ou éventuellement un ancien vêtement qui peut être laissé à disposition. C'est "l'effet doudou", la bulle olfactive qui compense l'absence physique du référent. L'odeur étant là, ça peut aider le chien à passer ce cap difficile.

S'il y a possibilité de faire une période de transition - pour par exemple promener moins longtemps l'animal - cela limitera la période d'adaptation.

Concrètement, comment l'expliquer à l'animal ?

Par le verbal. Cela peut paraître étrange, mais c'est comme une confidence : "tout va aller bien, je vais reprendre le travail". Il s'agit de rassurer l'animal. Je suis parfois appelée auprès de personnes qui ont changé de travail ou de lieu d'habitation et ont donc changé la quantité d'interactions avec leur animal. Et le fait de lui en parler, de se livrer, de faire comme une confidence à l'animal, peut permettre à ce dernier de se sentir encore plus connecté à son référent. Il est important de ne pas cacher sa propre inquiétude, parce que l'anima ressent énormément les émotions de son être d'attachement. Il est vraiment branché, il est comme une éponge : il absorbe les émotions. Et si, d'aventure, le propriétaire de ce chien redoute le moment du retour au travail, il le sentira. Il vaut donc mieux l'exprimer verbalement. En plus, ça soulage l'humain ! Si le propriétaire ne dit rien, le chien va savoir qu'il y a quelque chose qui se trame et ça va augmenter son anxiété.

Comment voir si un chien ne supporte pas bien le changement de rythme?

Cela pourrait se traduire par de l'anxiété de séparation, qui peut se traduire par de la malpropreté urinaire ou fécale, mais aussi des aboiements intempestifs - qui sont une plainte pour faire venir son humain. Ça peut se traduire aussi par des destructions du mobilier ou de l'environnement direct du chien. Ça peut se traduire aussi par un comportement de léchage intempestif ou de grignotage : ils peuvent se faire des plaies du fait de ce sentiment d'abandon. Cela dépend aussi si l'animal est seul ou s'il a des congénères, qui peuvent modérer les effets de cette séparation. Mais attention, ce n'est pas toujours le cas. J'interviens parfois auprès de chiens qui, malgré la présence de congénères, ne se sentent pas rassurés car ils ont un relationnel tout à fait spécifique avec l'humain et même la présence d'un congénère est insuffisante pour les remplir de sécurité et d'assurance.

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