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Des données en Suède, du Royaume-Uni et en Italie révèlent une progression du variant britannique qui pourrait être responsable d’une multiplication des cas de Covid-19 chez les enfants.
Des données en Suède, du Royaume-Uni et en Italie révèlent une progression du variant britannique qui pourrait être responsable d’une multiplication des cas de Covid-19 chez les enfants.
©SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Contaminations

Pas de danger pour les enfants, vraiment ? L’inquiétante progression des cas de Covid-19 pédiatriques constatée à travers l’Europe

Des données venues de Suède, du Royaume-Uni ou encore d’Italie indiquent que la progression du variant britannique ou B117 pourrait être responsable d’une multiplication des cas de développement de la maladie chez les enfants.

Michaël Rochoy

Michaël Rochoy

Le Dr. Michaël Rochoy est Médecin généraliste, PhD, spécialiste de la pédiatrie et du Covid-19 chez les enfants. Il est également membre du Collectif Du Côté de la Science.

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Atlantico : De nouvelles données suédoises montrent une poussée soudaine et dramatique des cas pédiatriques de Covid-19 depuis janvier dans le contexte de la nouvelle prédominance du variant anglais. Que disent ces chiffres ? A-t-on les mêmes en France ?

Michaël Rochoy : Les données suédoises montrent qu'il y a une augmentation du nombre de cas chez les jeunes. Entre la semaine 3 et la semaine 9 de 2021, il y a eu une diminution chez les plus âgés (probablement due à la vaccination) et une augmentation chez les enfants. Quand on compare semaine 8 et 9 ça allait déjà dans le même sens. Ce n'est donc pas juste une fluctuation d'une semaine sur l'autre.
 
La proportion en semaine 8 du variant à Stockholm était de 53%. La situation en France et en Italie est à peu près la même. En France, la semaine du 3 mars, le variant anglais était présent dans toutes les classes d'âges et particulièrement chez les enfants. La plus forte proportion de suspicions de variant anglais était observée chez les 0-9 ans (64.9%) et les 10-19 ans (61.9%). Cette proportion diminue en fonction de l'âge pour atteindre 41,2% chez les 90 ans et plus notamment parce que ce sont des personnes qui ont plus souvent été vaccinées pendant la période d'augmentation du variant.
 
Avec la diffusion active du variant au début d’année (certainement arrivé fin 2020), le taux d'incidence chez les 0-9 ans est passé de 34 à 89 / 100 000 (x2,5), chez les 10-19 ans de 105 à 248 (x2,5), chez les 20-20 de 207 à 325 (x1,5)… Plus on monte en âge moins il progresse, voire chute chez les plus de 80 et plus de 90 ans, très probablement grâce à la vaccination.

Comment expliquer cette augmentation ?

On savait déjà qu'avec la souche dite « sauvage » les enfants étaient contaminés et contaminants. Mais comme ils étaient le plus souvent asymptomatiques, on a pu entendre ou lire qu'ils n'étaient pas à risque et que l'école ne participait pas à la dynamique de transmission du virus. Nous avons toujours soutenu que c’était faux : même si les enfants sont moins susceptibles d’être contaminés, ils sont très exposés (famille, enseignants, camarades de classe) ce qui compense malheureusement. Par ailleurs, ils ont de nombreux contacts, ce qui les rend contaminant. Tout cela motive bien sûr le port du masque chez les enfants, et l’adoption d’autres mesures de ventilation, de sécurisation des cantines, etc. 
 
Maintenant, avec le variant anglais, nous pouvons penser à plusieurs hypothèses. 
Si on a un virus qui est plus virulent ou qui entraîne plus de symptômes, il entraîne aussi plus de tests PCR et donc plus de détection de cas positifs chez les enfants. C’est très probablement la proportion de cas symptomatique qui augmente en lien avec le variant et non le nombre d’enfants contaminés. Cela devient simplement plus visible. 
Il se peut que le variant se transmette spécifiquement plus chez les enfants, pour des raisons immunologiques qu'on ignore encore. Mais je pense qu'on assiste surtout à un rattrapage. Cette augmentation pourrait simplement être le signe d'une sous-détection dans les mois qui ont précédé car si le variant rend les enfants plus symptomatiques, il devient aussi plus visible. 

Ces nouveaux chiffres devraient-ils inspirer de nouvelles mesures concernant les enfants et les écoles ?

Ce variant confirme le fait que les enfants ont un rôle dans la transmission du virus. Plus le virus est transmis entre enfants, plus il y a de risques d'avoir des enfants qui développent des formes graves du Covid-19, sans compter les formes chroniques et les Covid long. 
 
On sait qu'il y a eu un sous-diagnostic des enfants. Comme les enfants sont plus asymptomatiques, ils sont moins testés. En France, on a une méthode qui incite au sous-diagnostic en considérant qu'un enfant n'est pas cas contact s'il n'y a pas plus de 3 cas dans la classe, etc. 
 
L'Italie a fait fermer les écoles dans certaines régions. C'est la vraiment la dernière solution. Il faut continuer à prévenir la contamination. Heureusement en France on a rendu la masque obligatoire à l'école mais il y a encore beaucoup de points d'améliorations, notamment dans les cantines qui restent encore des lieux clos de contamination, idem pour les détecteurs de CO2 qui ne sont toujours pas généralisés dans les classes, et l’absence d’un protocole d’aération pour enfin prendre le risque de transmission aérienne sérieusement et ainsi diminuer le risque dans les établissements d'éducation. 
 
Il faut aussi tester massivement et régulièrement toutes les classes, ce qui serait possible avec des tests salivaires par pooling. Lors de l’identification d’un cas, toute la classe doit être testée et le traçage et isolement  doivent être plus efficaces, notamment pour tous les enfants ayant mangé ensemble, donc sans masque.
 
Enfin, il faut intégrer la notion d’exposition dans la priorisation des vaccins. Un enseignant, a fortiori en maternelle face à des enfants non masqués, est particulièrement exposé à la COVID-19 ; il est important de les vacciner rapidement compte tenu de la stratégie choisie qui maintient une circulation élevée du virus.

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