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Les derniers indices sur l'activité du secteur privé laissent présager que la zone euro pourrait entrer à nouveau en récession au troisième trimestre.
Les derniers indices sur l'activité du secteur privé laissent présager que la zone euro pourrait entrer à nouveau en récession au troisième trimestre.
©Reuters

Des dettes de partout

Nouvelle récession en zone euro : Allemagne et France sont-elles autant en danger que les pays du Sud de l'Europe ?

Plusieurs signes laissent présager une nouvelle récession en zone euro au troisième trimestre, après un premier repli du PIB au second trimestre.

Alain Henriot

Alain Henriot

Alain Henriot est Directeur délégué du Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises. Ses principaux thèmes de recherche portent sur l’analyse conjoncturelle, plus particulièrement en économie internationale.

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Atlantico : Les derniers indices sur l'activité du secteur privé laissent présager que la zone euro pourrait entrer à nouveau en récession au troisième trimestre, soit le second trimestre consécutif (la définition même de récession). Il pourrait alors s'agir de la seconde récession en trois ans pour la zone euro. La gestion de la dette sera-t-elle bientôt insoutenable pour les pays forts de la zone euro, Allemagne et France en tête ?

Alain Henriot : Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. En ce qui concerne l’activité, nous avons connu une stagnation au premier semestre, ensuite -0,2% au deuxième trimestre et il est possible que le troisième trimestre soit lui aussi caractérisé par une récession. Il y a eu un petit rebond courant 2009 et début 2010 mais depuis, nous connaissons une quasi-stagnation d’activité.

La croissance est affaiblie pour deux raisons principales : les politiques d'ajustements budgétaires ont pesées sur la croissance en zone euro. Deuxième point : nos exportations vers les pays hors zone euro se sont affaiblies du fait d'un ralentissement de l'économie chinoise et d'une fragilisation de l'économie américaine.

Les deux principales économies de la zone euro voient leurs activités se contracter, celle de l'Allemagne plus rapidement que celle de la France du fait des carnets de commande en chute dans l'industrie. Berlin est-il victime des politiques de rigueur adoptées dans les autres pays de la zone euro ? Les investisseurs peuvent-ils s'en inquiéter ?

La France et l’Allemagne ne sont pas du tout dans la même situation. Au premier semestre, les Allemands ont dégagé un excédent budgétaire. Ils prévoient un déficit sur l’année 2012 mais en termes de compte d’exploitation, l’Allemagne fait beaucoup d’efforts et est quasiment en équilibre budgétaire. Mais leur dette reste relativement importante. Nous ne pouvons donc pas nous attendre de relance budgétaire outre-Rhin.

L’Allemagne a eu cette particularité d’avoir un dynamisme important au niveau de ses exportations d’une part parce qu’elle a fait des efforts de compétitivité majeurs et, d’autre part, parce qu’elle a mieux réussi que d’autres pays à vendre aux pays émergents, notamment à la Chine. L’Allemagne se trouve donc dans une situation assez particulière puisque son dynamisme intérieur est affecté par deux choses, un affaiblissement de ses ventes dans les pays émergents mais aussi dans les pays de la zone euro. 

L’Allemagne n’est pas insensible à son contexte européen ; sa croissance devrait être relativement molle dans les mois qui viennent.

Les bourses ont été plutôt dynamiques au mois d’aout. La zone euro a été délaissée car il y avait trop d’incertitudes. Mais la BCE a laissé entendre qu'elle pourrait acheter des titres publics, et qu’il y aurait donc un acheteur en dernier ressort, un élément qui rassure les investisseurs. Cependant, nous ne sommes pas à l’abri d’un retournement de situation surtout si les décisions politiques concernant les interventions de la BCE devenaient incertaines. Si la BCE revient en arrière, il est fort possible que les marchés soient de nouveau chahutés.

Court-on le risque que les pays les plus forts de la zone euro soient à leur tour fragilisés ? Pouvons-nous nous attendre à un ajustement entre des taux d'intérêt élevés des pays du Sud et les taux faibles de l'Allemagne et de la France ?

Si tel est le cas, il faut que ce soit pour de bonnes raisons. Avec la crise qui a touché les pays du Sud, les taux allemands ont été sous-évalués.

Il y a eu à l'inverse une détente des taux espagnols et italiens car ces deux pays ont légèrement regagné la confiance des investisseurs. Cet effet de qualité, qui a joué sur les taux allemands anormalement faibles, tend à s’estomper. Ces derniers devraient revenir vers des taux plus normaux.

Le Pacte budgétaire européen va t-il permettre de maintenir l'objectif de 3% de déficit pour l'ensemble de la zone euro ?

Un engagement a été pris mais si la croissance est plus faible il faudra des ajustements budgétaires. Mais n’oublions pas que l’on parle des déficits structurels. Les effets de la conjoncture peuvent amener à des déficits plus importants. Toutefois, les pays qui voteront le pacte seront engagés.

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