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Non, vous n'arrivez pas à vous rendre compte de quand votre enfant vous ment
©Capture d'écran

Veritas liberabit vos

Non, vous n'arrivez pas à vous rendre compte de quand votre enfant vous ment

Selon une nouvelle étude, les adultes détectent le mensonge chez les enfants à peine mieux qu'un tirage à pile ou face.

Tout parent aime croire qu'il comprend ses enfants. Par cœur, même. Beaucoup mieux qu'on le croit. Et pourtant… Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Law and Human Behavior et rapportée par le magazine Science, qui se fonde sur 45 expériences avec plus de 10 000 enfants et adultes, les adultes ne pouvaient discriminer entre mensonge et vérité correctement qu'à un taux de 54%, soit un tout petit peu mieux qu'en tirant à pile ou face… Et ce à n'importe-quel âge.

L'étude a également révélé une légère corrélation entre la confiance entre son jugement et la justesse de ce jugement. Ce qui est un peu rassurant : les professionnels, c'est-à-dire les assistantes sociales, les policiers et les enseignants, étaient un peu meilleurs que les quidams.

Le mensonge, un universel

Donald Brown, anthropologue américain connu pour avoir répertorié la liste des "universels humains", ces pratiques et valeurs qui existent dans toutes les sociétés humaines. Dans la liste : le mensonge, qui existe donc dans toutes les cultures.

Les enfants mentent en général à partir de 2 ou 3 ans. "Les enfants de maternelle avec un QI élevé mentent plus souvent", explique Angela Crossman, professeur de psychologie à la City University of New York. Un talent pour le mensonge au premier âge est corrélé avec de bonnes compétences sociales à l'adolescence.

Le mensonge commence de la manière la plus simple : pour éviter quelque chose de négatif ou problématique. Un père de jumeaux raconte que si on leur demande lequel des deux a la couche sale, chacun nomme immédiatement l'autre. Ils veulent éviter la corvée du changement donc ils dénoncent leur frère.

A ce stade les enfants ne font pas forcément la différence entre la vérité et le mensonge. "Si un enfant de deux ans tire la queue du chat et dit que c'est son ami imaginaire qui l'a fait, la meilleure réponse est de dire "le chat aussi a des sentiments". Ça ne sert à rien de se battre pour faire admettre à l'enfant que c'est lui", explique le docteur Elizabeth Berger.

Plus tard, vers 6 et 8 ans, c'est l'apparition du mensonge "prosocial", le mensonge qu'on fait dans l'intérêt d'autrui ou pour éviter de heurter l'autre. L'apparition de ce mensonge n'est même pas forcément un mauvais signe, selon la psychologue Angela Crossman—cela signifie que l'enfant comprend les réalités du monde social et est sensible à ce que ressentent les autres.

Et évidemment, à partir de l'adolescence, tout change. Le mensonge par omission arrive—tout d'un coup, l'enfant ne raconte plus tout de ce qui se passe à l'école. Il peut utiliser son indépendance, évidemment, pour dire et faire des choses à l'insu de Papa et Maman. C'est là que ça devient vraiment compliqué…

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