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Nid d'oiseaux, termitières ou encore... tour Eiffel : les animaux, ces remarquables ingénieurs et architectes souvent copiés par l'Homme
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Nid d'oiseaux, termitières ou encore... tour Eiffel : les animaux, ces remarquables ingénieurs et architectes souvent copiés par l'Homme

Les animaux sont beaucoup plus intelligents qu’on ne l’a jamais cru... Régulièrement, des découvertes se font jour qui nous éclairent sur leur sensibilité, leur capacité d’émotion, leur générosité, leur solidarité et, osons le dire, leur sagesse. Sept esprits brillants, aux parcours exceptionnels, nous emmènent dans cet univers fascinant de l’intelligence animale. Extrait de "L'animal est-il l'avenir de l'homme ?" de Yolaine de La Bigne, aux Editions Larousse (2/2).

Yolaine De la Bigne

Yolaine De la Bigne

Yolaine de La Bigne est auteur de plusieurs livres. Son Université d’été de l’animal, créée en août 2016, a pour vocation de réunir chaque année les meilleurs spécialistes de l’intelligence animale et de communiquer leurs découvertes au grand public.

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Le propre de l’homme ?

Ensuite, si on parle d’objet – toujours dans la forme – on peut se poser la question suivante  : est-ce que les outils et les objets sont un « propre de l’homme », à votre avis ? Que pensez-vous d’un nid d’oiseau, comme le magnifique nid de l’oiseau tisserand ? C’est un objet créé par le vivant, et avec quelle complexité, quelle beauté ! Et que dire d’une termitière ? Bref, l’utilisation d’outils, voir leur création est loin d’être le propre de l’homme. Nous avons été un peu prétentieux de croire que nous étions les seuls à être capables d’utiliser des objets, mais on oublie qu’un truc aussi évident qu’un nid, c’est un objet. Et si vous faites mal votre nid, l’évolution va vous trier rapidement. C’est un concept important, car quand vous créez un objet, c’est une extension de vous-même dans l’environnement quelque part. Si vous avez un objet qui apporte un bénéfice à court terme, mais de nombreux problèmes à long terme, l’évolution va faire le tri, je peux vous le dire. Il y a toutes sortes d’objets qui sont créés par le vivant, toutes sortes d’outils également qui sont utilisés. Par exemple, prenez le jardinier brun, un oiseau extraordinaire qui crée une sorte de jardin où il va jouer avec les couleurs, les perspectives… bien sûr, pour charmer sa femelle. C’est d’une complexité et d’une subtilité avec des dominantes de couleur remarquables. Je parlais du castor tout à l’heure, il va créer carrément un nouvel écosystème quand il crée son objet – un barrage, en l’occurrence. Toujours dans le biomimétisme de la forme, beaucoup d’ingénieurs et d’architectes s’inspirent des formes créées par les organismes.

On peut citer, par exemple, le célèbre stade des jeux Olympiques de Munich développé par Frei Otto, qui s’inspire des toiles d’araignées et de la façon dont elles arrivent à structurer leur toile sur les brins d’herbe (village olympique de 1971).

Peu de gens le savent, mais notre célèbre tour Eiffel est indirectement bio-inspirée : l’ingénieur allemand qui avait travaillé avec Gustave Eiffel s’est inspiré de la coupe sagittale du fémur pour essayer de comprendre comment faire avec un minimum de matière sur les lignes de force, pour avoir une structure en treillis extrêmement solide avec une consommation de matière réduite.

Autre chose très intéressante, la termitière. Cette fois-ci, il ne s’agit pas que de la forme, puisqu’un architecte, Mick Pearce, s’en est inspiré au Zimbabwe pour construire un immeuble qui se passe de climatisation, en comprenant comment les termites arrivaient à réguler l’environnement intérieur de leur termitière. En effet, les termitières sont traversées par des galeries souterraines reliées à des opercules que les termites vont ouvrir en fonction de l’heure de la journée ou de la nuit, selon qu’elles veulent faire remonter ou non de l’air frais du sol. C’est le principe du puits canadien. L’architecte a donc conçu une sorte d’algorithme définissant à quel moment ouvrir ces opercules et dans quelle proportion sur un building, ce qui permet ainsi de se passer d’une consommation importante d’énergie liée à la climatisation dans des régions tropicales.

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