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Municipales de 2014 : ces élus qui n’en finissent pas de vieillir !
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Apparatchiks

Municipales de 2014 : ces élus qui n’en finissent pas de vieillir !

Au Creusot, ville industrielle de Saône-et-Loire, d’aucuns pensaient que les élections seraient une simple formalité pour le maire sortant, André Billardon, 74 ans, ancien ministre de François Mitterrand, élu depuis plus de 40 ans... C'était sans compter sur le courage d'un jeune entrepreneur qui tient à assurer la relève.

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Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr
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Paris, Lyon, Marseille, Hidalgo, Collomb, Gaudin, les jeux sont faits ou presque. Mais dans les 36 000 autres communes de France, il y a tous ces candidats dont on ne parle pas, ceux qui ont fait le choix de s’affranchir des partis pour redonner du sens à la politique ou pour lui redonner ses lettres de noblesse.

Au Creusot, ville industrielle de 22 000 habitants en Saône-et-Loire, d’aucuns pensaient que les élections ne seraient qu’une simple formalité pour le maire sortant, André Billardon, 74 ans, ancien ministre de François Mitterrand, ancien député, ancien Président du Conseil Régional de Bourgogne, ancien Président du Conseil Général de Saône-et-Loire et ancien Président de la Communauté Urbaine Creusot-Montceau, … et accessoirement ancien fonctionnaire de l’Education Nationale ! L’apparatchik socialiste élu depuis plus de 40 ans pensait que pour son 4ème mandat de maire, il ne serait pas nécessaire de faire campagne mais c’était sans compter sur le courage, la détermination et une forme d’insouciance d’un jeune homme de 25 ans, Charles Landre, qui s’est engagé dans la campagne électorale de la commune qui l’a vu naître là où ses grands-parents avait posé leurs valises après la 2nde guerre mondiale.

Charles Landre est atypique dans le paysage politique français : ancien collaborateur de Dominique Perben et de Nora Berra, il refuse leur aide au moment de la débâcle de la droite pour sa reconversion et créé sa petite entreprise de conseil en stratégie en s’installant au Creusot sans penser aux municipales. La chose politique l’intéresse bien sûr mais il n’aime pas les partis et surtout il veut rester libre. A l’automne 2013, il annonce sa candidature dans une ville ou le maire a été réélu en 2008 avec 66% des voix et où la droite est absente comme s’il n’y avait aucun intérêt d’offrir un débat démocratique à une population qui n’en finit pas de vieillir car seuls les plus âgés restent dans cette cité industrielle qui a connu ses heures de gloire sous la dynastie Schneider. En trente ans, la ville a perdu un tiers de ses habitants, dans les années 80 les plans sociaux se sont succédés et la reconversion industrielle a laissé des milliers de personnes au chômage.

C’est le genre de territoire où personne ne va même si Paris n’est qu’à 1 h 20 en TGV parce qu’il n’y a rien qui puisse séduire les néo-ruraux. Charles Landre a donc retroussé ses manches, mis ses économies sur la table, créé la liste Osons le Creusot, frappé aux portes des petits pavillons proprets, monté les cages d’escalier des cités HLM et a expliqué aux Creusotins sa vision de la ville pour les 20 prochaines années sans avoir à préciser que l’avenir est devant lui et que même avec la meilleure volonté du monde, le maire sortant ne peut pas se projeter dans 20 ans !

C’est donc deux conceptions qui s’affrontent, celle d’un bilan et celle d’un projet dans une France où la décentralisation met les villes en concurrence et où il faut inventer chaque jour les conditions de l’attractivité. C’est aussi deux générations qui s’affrontent, l’une enracinée dans le XXème siècle et l’autre portée par le XXIème siècle avec tout ce que cela comprend de modernité, de technologie, de langage, de culture, d’ouverture et d’oxygénation. C’est ça la politique, pas celle des écoutes, des scandales financiers ou des partis, mais celle de la vie de la Cité qui puise ses origines à Athènes où Charles Landre a passé quelques années. Alors, quand dans les quartiers difficiles du Creusot, les jeunes sans emploi, plus habitués aux petits trafics qu’aux élections, appellent à voter Charles Landre, une habitante des cités s’interroge sur le soutien surprenant de ces jeunes, ils expliquent qu’il est le seul à être venu les écouter et leur parler, libre de tout engagement, juste audacieux de vouloir faire changer le rapport des citoyens à la politique. Il ose et il a raison de le faire.

En grec, liberté se dit elephteria, comme le nom de la petite société créée par Charles Landre en 2011 pour ne rien devoir à personne …

NDLR : De vendredi à minuit, jusqu'à dimanche 20 heures, des règles très strictes s'imposent aux candidats, mais aussi aux internautes. Conformément à l'article L. 52-2 du code électoral, il est interdit de poster un commentaire pouvant influencer le vote, ou un résultat. L'amende prévue en cas de sanction est de 3.750 euros. C'est pourquoi par mesure de prévention nous fermons aux commentaires ce week-end les articles évoquant les municipales. Merci de votre compréhension.

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