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Mon scenario (et mon espoir) pour la fin du cauchemar à partir du 15 Mai.
©BERTRAND GUAY / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Mon scénario (et mon espoir) pour la fin du cauchemar à partir du 15 Mai

Le 15 Mai, pourrait, je dis bien pourrait, car l’espoir est malheureusement soluble dans l’incompétence et la versatilité, marquer le retour à une forme de démocratie dans laquelle les frontières, les activités économiques et culturelles, la liberté d’aller et venir pourrait enfin échapper à la censure, la répression parfois, l’interdiction et se rappeler au bon sens.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Alors pour un moment, imaginons, scénario impossible dans la démocratie française (vous n’y pensez pas un gueux à la tête de l’État) que l’un d’entre vous, et puisque je tiens la plume, moi en l’occurrence, soit Président de la République. Que devrait-il faire pour racheter son incompétence passée ? Je me permets de parler d’incompétence, car lorsque l’on cumule d’avoir raté le premier confinement, le premier déconfinement, le second confinement et la vaccination, un « strike » en quelque sorte, il ne parait pas tellement abusif d’utiliser ce terme !

Tout d’abord je commencerais, contrairement au souhait du président actuel, de faire un mea culpa. Quand on a tort une fois, on peut faire l’impasse, mais en cas de faute sur toute la ligne, une petite fissure dans « l’arrogancratie » s’impose !

Je dirais donc que je suis désolé d’avoir osé faire une ségrégation entre « essentiels » et « non essentiels », que ce terme était insultant pour ces petits commerçants et artisans, qui rendront l’âme pour préserver celle de la grande distribution, qui est en large partie responsable au même titre qu’une politique de déremboursement des médicaments aveugle, que nos emplois aient été méthodiquement délocalisés, que nous y ayons même perdu les principes actifs que nous avons « offerts » aux pays étrangers à bas coût.

J’ajouterais que oui, nous avions tort, fermer les restaurants, au moins en extérieur, les salles de sport (quand on sait que sa pratique renforce les défenses immunitaires), les musées (il était facile de les maintenir sans risque), était une erreur, nous le savions par l’observation des statistiques en Suède (jamais confinée), en Floride et au Texas, à Taiwan ou au Japon (moins de 50 morts chacun), et que rien ne justifiait de condamner à l’indigence des pans entiers de notre économie, que nous avons ainsi dû perfuser de milliards de crédits alors qu’il suffisait de les laisser travailler.

Je m’excuserais de n’avoir pas fait mon job et d’avoir laissé la médecine prendre un pouvoir que le suffrage universel ne leur a jamais confié, puisque vous m’aviez confié à moi, votre Président, le pouvoir, et que le pouvoir, en théorie au moins, est confié dans un « package » qui comprend le courage. Le courage consistait à maintenir un équilibre entre les malades et les 99,9% du reste de la population au lieu de concentrer ma politique à fermer le pays entier pour préserver les quelques hôpitaux arrivés à saturation. Je demanderais pardon de n’avoir su gérer les vivants comme le disait Gaspard Koenig dans une excellente tribune dans les Échos récemment.

Pour vous offrir à nouveau un goût à l’avenir, plutôt que d’entretenir pour certains le plaisir d’être payés à ne rien faire, et pour d’autres, de vous permettre de retrouver les interactions sociales dont nous avons besoin en tant qu’animaux sociaux, et de reprendre le chemin d’un travail nécessaire pour payer les milliards de l’addition Covid, je vous proposerais le plan suivant :

Ouverture immédiate de tous les espaces publiques de convivialité. Cinéma, musées, conférences, festival. Progressivement mais sûrement. Comme en Espagne ou en Hollande, je testerai un nouveau concept dans le sens d’une ouverture toujours croissante dès le 15 Mai à minuit. Avec une jauge progressivement augmentée. Mais tout de suite ! En Espagne notamment, un premier concert debout, de 5000 personnes a eu lieu. Sans conséquence sanitaire observée. Aucune raison que la France n’en fasse pas autant. On y permettrait rapidement, après 1 mois, la restauration, au lieu de l’interdire comme c’est prévu pour cet été. Une fois que les gens sont là, quel est le sens de leur interdire de manger ? Laissons les restaurateurs retrouver l’espoir et le plaisir de travailler.

Ouverture immédiate de toutes les terrasses des restaurants. Puis 15 ou 30 jours plus tard, de tous les restaurants. Et 45 jours plus tard, sauf en cas de reprise massive de l’épidémie, et uniquement dans les régions touchées, les bars et discothèques. Les salles de sport bien entendu. Dans les régions peu touchées comme la Bretagne ou le Pays Basque, on avancerait ce calendrier de 15 jours. Tous les commerces rouvriront immédiatement, et la grande distribution progressivement sur 1 mois, car top forte en concentration humaine. Priorité aux petits, les profits de Carrefour sont au sommet, les petits sont au fond du gouffre. Priorité aux « faibles » qualifiés injustement de non essentiels par mon gouvernement. Encore pardon !

Ouverture des frontières. Ils sont tous moins contagieux et plus vaccinés que nous, donc les touristes ne présentent qu’un seul risque, celui de dépenser leur argent chez nous !! C’est un risque (!) qu’il faut prendre. Nous allons vous rendre la liberté de circulation que l’Europe nous avait promis, et offert comme un bien à ne plus jamais remettre en cause, sous aucun prétexte, à la sortie de la 2nde guerre mondiale, qui elle était une guerre mortelle, notamment pour les Juifs. Nous devions à leur mémoire de ne pas vous voler cette liberté essentielle, nous vous la rendons bien volontiers et je m’engage à ne jamais vous la reprendre. Jamais.

Vous pourrez voyager partout où les autres pays nous le permettront. Avec un test fait notamment à l’aéroport, qui installera pour ce faire des centres géants de tests afin de pouvoir les faire avant de prendre votre avion. Le vaccin ne sera pas obligatoire pour voyager, car il ne garantit pas de la contagion et serait discriminatoire et je rejoins le Président Biden sur ce point. Je m’alignerais sur cette sage position.

Je vais dissoudre le conseil scientifique, pour lui substituer un conseil de la société civile, enfin ouvert à l’intelligence de l’intégralité de la société et non aux œillères des spécialistes de la santé, en conseil où la santé mentale, physique, économique, humaine, sociale de la France sera mise au même niveau que son niveau de protection sanitaire.

Je m’engage sur un plan ambitieux, qui ne soit pas réservé à des déclarations sans lendemain au journal de 20h, sur la relocalisation ou la souveraineté économique et je vous garantis que nous aurons chez nous pour l’avenir, la capacité de développer des vaccins à temps, d’en avoir les capacités de production chez nous, et d’avoir un stock stratégique de produits anti-covid, pour lequel le professeur Salomon, que nous remercions immédiatement, car il a déjà trop duré et sur la seule base de l’enquête qui le concerne, nous aurions dû, c’est vrai, le remercier plus tôt. Nous allons nous doter qu’une capacité de réanimation digne de la 6ème puissance du monde, au lieu de continuer à réduire le nombre de lits permanents comme nous avons continué à le faire en 2020, en plein crise sanitaire et faire en sorte, la prochaine fois de travailler dès le départ avec les cliniques au lieu de confiner le pays sous prétexte d’un manque de lit à Paris ou Mulhouse.

Nous allons réparer ce que nous avons cassé par arrogance, aveuglement, isolement. Réparer la monstruosité technocratique qui a même réussi à faire des attestations incompréhensibles, ou des stations de ski sans remontées mécaniques, un sujet de rigolade mondiale. Nous allons réparer vite et fort, car la France mérite la vie, elle mérite que l’on se concentre sur les vivants. 

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