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EDITORIAL

La France menacée ? Les marchés jugent les programmes présidentiels insuffisants

Les propositions des candidats ne convainquent pas pour l'instant les marchés qui jugent que l'urgence de la crise économique n'est pas suffisamment prise en compte.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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La campagne pour l’élection présidentielle qui entre dans sa dernière phase ne ressemble à aucune autre. D’un côté, il y a les électeurs qui souhaitent être rassurés quant à l’évolution de leur pouvoir d’achat, de l’autre, les marchés, de plus en plus présents au fur et à mesure que l’échéance approche, prêts à sanctionner tout manquement à la discipline et à la rigueur. Entre les deux, les candidats se livrent à une bataille de plus en plus rude, où l’invective supplée souvent au manque de perspective dans les projets annoncés.

Si l’on fait abstraction des propositions faites par les postulants extrêmes, sur le mode du « demain on rasera gratis », on constate que c’est le candidat centriste par excellence, François Bayrou, qui perd le plus de terrain dans les sondages – mais qui est aussi le plus adulé pour les alliances du deuxième tour. Comme si chacun des deux principaux adversaires pour la finale mettait un bémol à leurs programmes afin de rallier le maximum d’électeurs.

Certes, dans les meetings, les anathèmes et les formules rituelles sont présentes, ce qui conduit les observateurs à dénoncer un double discours ou le caractère flou de certaines propositions. Force est de constater au fil du temps un certain rapprochement des positions. Ainsi François Hollande n’annonce plus s’il est élu une hausse immédiate du Smic et lance -t-il un appel aux sociétés du Cac 40, dont le pays a besoin pour opérer son redressement. De même, Nicolas Sarkozy, qui se voulait le champion de la baisse des impôts justifie aujourd’hui la hausse des prélèvements obligatoires et la modération dans la réduction du train de vie de l’Etat en raison de la fragilité d’un corps social drogué trop longtemps aux dépenses publiques.

Le premier prône le retour à l’équilibre financier par l’augmentation des impôts et une intervention accrue de l’Etat pour stimuler l’innovation qui permette le retour de la croissance. Le second plaide plutôt en faveur de la réduction du coût du travail pour favoriser la productivité nécessaire à la reconquête des marchés. Dans les deux cas, il s’agit de méthodes qui demandent du temps, parce qu’elles veulent tenter de ne pas frapper trop fort pour éviter de casser une activité économique languissante.

Mais les marchés risquent de manifester rapidement leur impatience. La presse anglo-saxonne se délecte déjà de ce que The Economist qualifie de "l’élection la plus frivole des pays occidentaux" et joue des tensions croissantes qui se font à nouveau jour, à la faveur des difficultés rencontrées par l’Espagne, l’Italie ou le Portugal dans la mise en œuvre de leurs plans de redressement. L’écart se creuse à nouveau entre les taux d’intérêt pratiqués pour le financement de la dette : au 1,7% enregistré en Allemagne, s’opposent un 2,9% en France et déjà 5,8% en Espagne.

C’est un signal, alors que les tensions reprennent sur les matières premières et que les prix du pétrole continuent de grimper : les attaques pourraient être déclenchées contre la France, en malmenant la mise en œuvre de programmes jugés insuffisants. Voilà qui devrait susciter chez les électeurs une réflexion sur le meilleur candidat susceptible de faire front à un retour de la crise.

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