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Mais qui sont les "bonnets rouges" qui mènent la fronde en Bretagne ?

Le collectif antifiscal breton prépare une nouvelle manifestation pour le 30 novembre. L'occasion de se pencher sur un mouvement trouble et complexe qui dépasse le clivage droite/gauche.

Les "bonnets rouges", ce mouvement antifiscal breton, a annoncé vendredi préparer une nouvelle manifestation le 30 novembre, dont le lieu sera précisé dans les prochains jours, rapporte Le Figaro. D'ici là, il y aura "diverses actions qui seront menées pour attirer l'attention du gouvernement et dire que, de toute façon, les Bretons de céderont pas", a assuré Christian Troadec, maire DVG de Carhaix et membre du collectif pour l'emploi "Vivre, décider et travailler en Bretagne". 

Cette annonce tombe alors que l'image de ces nouveaux chouans de l'impôt - qui tentent de se faire entendre à grands coups d'ultimatum et d'actes de vandalisme
vient un peu plus d'être égratignée. Les couvre-chefs des manifestants, fournis par Armor-Lux et symboles du made in Bretagne, viennent en réalité d'Ecosse, a reconnu le PDG de l'entreprise Jean-Guy Le Floch, interrogé par l'Humanité. Reste à savoir si ce "confrère écossais" est fabricant ou négociant en bonnets venus d'Asie ou d'ailleurs...

Du reste, le mouvement des "bonnets rouges" reste obscur. Quelles sont les personnes qui le compose ? Qui le
 dirige ? Pour Libération, il s'agit d'un "assemblage hétéroclite de politiques, responsables paysans, syndicaux et de chefs d'entreprises". "Le réduire à un mouvement réactionnaire, populiste ou poujadiste est, à mon sens, beaucoup trop simpliste. C'est un mouvement populaire, pas une bande de fachos, même si des minorités ont leur propre agenda", analyse Romain Pasquierdirecteur de recherche au CNRS et enseignant à l'lEP de Rennes.

Selon lui, le clivage droite/gauche n'a ici aucun sens. Interrogé par Challenges, le chercheur poursuit : "Aux patrons du départ [qui s'opposaient à l'écotaxe], le mouvement s'est élargi aux salariés des entreprises, aux artisans, aux marins-pêcheurs, pour prendre la forme d'une union régionale face au pouvoir national".

Ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde. Du côté des syndicats, on reste divisé : samedi dernier, plusieurs organisations se sont désolidarisées de l'appel à manifester à Quimper, la CGT, Solidaires et la FSU appelant à leur propre rassemblement à Carhaix. Mercredi, le secrétaire régional de la CGT, Thierry Gourlay, a même qualifié les "bonnets rouges" de "mouvement de patrons qui manipulent les salariés". "Beaucoup de travailleurs manifestent aux côtés de patrons", confirme Romain Pasquier.

D'autre part, plusieurs figures de proue du mouvement, Christian Troadec en tête, sont accusées de marcher aux côtés des "bonnets rouges" pour mieux servir leur ambition personnelle - à des fins électorales ? Le maire divers gauche de Carhaix, régionaliste convaincu, ex-journaliste et ancien chef d'entreprise est presque aussi composite que le mouvement dont il est devenu le héraut. 

Agé de 47 ans, l'homme, également conseiller général du Finistère depuis 2011, n'est pas à une contradiction près et s'illustre pour sa "tendance girouette" : "Eliminé dès le premier tour des régionales, en 2010, il apporte son soutien à Europe Ecologie. Pourtant, c'est François Hollande qu'il soutient, en 2011, au premier tour de la primaire socialiste", explique France TV Info. "Un an plus tard, il appelle à voter pour lui à la présidentielle, mais indique à Ouest-France qu'il soutiendra Eva Joly au premier tour."

Du reste, ses combats visent tous un même objectif : l'émancipation de sa région. "La Bretagne est debout, avec la tête haute et l'envie de construire un projet pour son pays", clamait-il samedi dernier à Quimper.

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