Mais d’où pouvait donc venir cette roquette qui s’est écrasée sur la Lune et que la NASA ne sait pas expliquer ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Science
Au mois de mars, un débris de fusée s’est écrasé sur la Lune.
Au mois de mars, un débris de fusée s’est écrasé sur la Lune.
©Juan BARRETO / AFP

Espace

Mais d’où pouvait donc venir cette roquette qui s’est écrasée sur la Lune et que la NASA ne sait pas expliquer ?

Un débris appartenant à une fusée s'est abîmé sur la face cachée de la Lune, le 4 mars dernier, créant un double cratère. La Nasa peine à expliquer cette découverte, tout comme l'identité du propriétaire de ce débris.

Anna Alter

Anna Alter

Anna Alter est journaliste et écrivain. Docteur en astrophysique, elle a été journaliste à Science et Vie, à l'Evènement du jeudi, grand reporter à Marianne et rédactrice en chef adjointe de La Recherche. 

Voir la bio »

Atlantico : En février, des astronomes de la NASA ont découvert un corps de fusée se dirigeant vers la Lune. Le 4 mars, le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA a repéré son site d'impact. Le problème est que la NASA est incapable d’identifier cette fusée ni sa provenance. Quels sont les scénarios ou les responsables possibles ?

Anna Alter : Notre espace proche est devenu une poubelle de l’histoire de la conquête spatiale : des millions de débris, de restes de fusées et de morceaux  de vieux satellites traînent autour de notre planète.  Depuis le premier vol de Spoutnik en 1957, on n’a pas arrêté de salir en abandonnant sur la route du cosmos des boulons et des bidons. On a du mal à savoir qui a fait quoi, ceux qui montaient là-haut se comportaient comme si le ciel leur appartenait et tous y jetaient leurs encombrants… Résultat de la course à l’espace, notre environnement céleste est pollué et ces objets abandonnés restent suspendus en équilibre précaire au-dessus de nos têtes. Des déchets qui décrochent de l’orbite se désintègrent régulièrement dans l’atmosphère et des bouts d’engins se retrouvent au sol ou font plouf dans l’océan... D’autres comme ce corps de fusée sont projetés au loin et attirés par la Lune peuvent lui tomber dessus. C’est ce qui s’est produit le vendredi 4 mars 2022 sur la face cachée complètement vérolée de cratères de notre satellite naturel et le Lunar Orbiter de la Nasa en a repéré deux petits nouveaux liés à l’impact. Le crash observé en temps réel n’était ni  volontaire, ni programmé et tout le monde se défend de l’avoir provoqué. En fait il s’agirait d’un étage de fusée, plus précisément d’un booster qui au lieu de redescendre sur Terre après le décollage serait entré en errance et en dérivant aurait été happé par la gravité de notre compagne de la nuit. Ni les Chinois, ni les Américains de l’entreprise ultra polluante SpaceX ne veulent en assumer la propriété et la responsabilité, pourtant ils sont dans la ligne de mire.

À Lire Aussi

Ces cinq planètes qui sont exceptionnellement alignées et que vous pourrez voir si vous vous levez tôt ce mois de juin

Cet impact a provoqué deux cratères, l’un fait 18 mètres de diamètre, alors que l’autre est légèrement plus petit, avec 16 mètres de diamètre. En quoi est-ce surprenant ? Quels indices cela donne sur la nature de la fusée ?

Les chercheurs qui avaient prévu la collision ne s’attendaient pas à observer deux cratères mais arrivent à la conclusion que le morceau d’engin non identifié qui s’est écrasé sur la Lune portait deux grosses masses à ses extrémités. Ce n’est ni le premier, ni le dernier bout de fusée qui s’écrase sur la Lune. On a déjà recensé une cinquantaine de cratères d’impact mais aucun n’est double et pour cause, en général la masse se concentre à une extrémité, l’autre étant un réservoir vide. Par conséquent, ces deux trous sont une singularité qui devrait aider à identifier l’engin responsable. D’aucuns, à l’instar de l’astronome Bill Gray, spécialiste du suivi des objets célestes qui croisent notre orbite, n’hésitent pas  à franchir le pas et avancent l’hypothèse de la fusée chinoise expérimentale Chang’e 5 T1 dont le booster serait parti à la dérive alors qu’elle rentrait sagement sur Terre en vue d’une future mission lunaire...

Alors que la Lune est régulièrement scrutée, comment expliquer que personne ne soit en mesure de déterminer la provenance de cette fusée et qu’aucune nation reconnaisse en être à l’origine ?

Comme je l’ai dit plus haut, il y a des milliers de débris et on ne peut pas les suivre tous… D’ailleurs cela n’aurait pas beaucoup d’intérêt. En revanche, nettoyer l’espace devient urgent, parce que ces objets perdus posent des problèmes de sécurité sur Terre comme au ciel. Peu importe les propriétaires, la propreté est une priorité.

Source : NASA

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !