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Des fioles de vaccin Pfizer/BioNTech.
Des fioles de vaccin Pfizer/BioNTech.
©MARTIN BUREAU / AFP

Passage obligé

Les trois raisons pour lesquelles la vaccination va devenir une obligation pour tous : Emmanuel Macron n’a pas d’autres solutions

Le débat n’a plus aucun sens. La pression est trop forte. Si la vaccination n’est pas obligatoire, elle va devenir une obligation pour tous les Français qui veulent vivre normalement. Emmanuel Macron a tout intérêt à prendre cette décision qui semble en déranger tellement.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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On ne peut pas dire d’un côté que la vaccination pour tous est la seule condition pour rétablir la confiance, on ne peut clamer partout que le vaccin est sans risque et d’un autre coté, ne pas rendre obligatoire ce vaccin pour tous.

Comme disent les médecins les plus cash, « le temps est venu d’arrêter les conneries ». Le président de la république ne le dira pas en ces termes, mais il n’en pensera pas moins. 

Le débat auquel on assiste depuis des semaines n’a aucun sens. Il est même toxique. La pression est trop forte, les chefs d’entreprise, les responsables syndicaux, les médecins et finalement une grande majorité des Français (plus de 60% selon le dernier sondage) réclament une vaccination obligatoire pour tous. 

Sur les plateaux de télévision ou dans les enceintes politiques, on en est arrivé à dire n’importe quoi. Développer des thèses les plus complotistes ou les plus juridiques, les plus idéologues aussi, parce ce projet est devenu un marqueur politicien, pour manifester son aversion à la gouvernance. Nous n’avons plus de choix : 

 Ou bien le chef de l’Etat décide que cette vaccination doit être obligatoire avec sanction à la clef si on ne la respecte pas, comme le permis de conduire par exemple, ou bien cette vaccination va devenir une obligation à la demande expresse de tous ceux qui veulent vivre normalement, travailler, voyager et se distraire en toute sérénité.  Il n’y a pas d’autres solutions. Sauf à prendre le risque d’avoir à gérer une 4e vague de la pandémie par un 4e confinement qu ‘on n’acceptera plus puisque d’autres solutions existent.

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Cette vaccination obligatoire est inévitable. Pour 3 raisons qui s’imposent comme des évidences. 

 

1e raison, les bénéfices de la vaccination sont immensément supérieurs aux risques. Près d’un milliard d’êtres humains vaccinés dans le monde, depuis presque un an et pas d’incidents majeurs. En l’état de la recherche médicale, il n’existe pas d’autres moyens de combattre le virus que de s’en protéger par un vaccin qui reste aujourd’hui encore la procédure la plus performante. Au pays de Pasteur, l’inventeur des vaccins,  il n’y a pas débat.  Il n’y a que des faits et des chiffres et ils sont têtus. Même le professeur Raoult a fini par l’admettre. 

 

2e raison, économique et sociale. Si on veut restaurer la confiance dans les relations interhumaines et sociales sans être obligé de confiner tout le monde et d’arrêter la vie, la seule solution est de donner à chacun les moyens d’échapper aux risques de la contamination et ainsi de retrouver ses libertés individuelles.

 

La 3e raison est d’ordre éthique, et civique. Actuellement, le virus est libre de circuler partout au prix d’hypothéquer nos libertés individuelles et de mettre en danger la vie d’autrui et la santé publique. La vaccination pour tous permet l’inversion des valeurs, en enfermant le virus. Après avoir confiné les humains et étouffé l’activité, mieux vaudrait étouffer le virus. D’où le vaccin. 

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Concrètement, il n'y a pas donc pas d’autres solutions que de vacciner tout le monde et dans le monde entier, à commencer par les habitants des pays qui disposent des doses et c’est notamment le cas des pays européens.

Seulement, ce protocole a l’air de poser tellement de problèmes politiques et juridiques qu’on en vient à discuter sans fin des modalités qu’on pourrait utiliser pour limiter la protection a certaines professions au contact du public et notamment des personnes à risques. Mais on rêve ! 

Alors, les personnels soignants ?  Oui bien sûr, mais la vraie surprise a été d’apprendre que plus d’un tiers d’entre eux n’était pas vacciné, ce qui est effrayant. Effrayant d’apprendre que des personnels dont la vocation est de soigner les autres et qu’on a applaudis, les larmes aux yeux au plus fort de la crise, effrayant de savoir qu’ils pouvaient eux-mêmes contaminer leurs malades. 

Mais au-delà des personnels soignants, pourquoi accepter que les enseignants non plus ne soient pas vaccinés ? pourquoi prendre le risque dans un restaurant, au théâtre ou dans l’entreprise de côtoyer des gens qui peuvent nous transmettre la maladie ?

Beaucoup d’organisations font en sorte de sécuriser leurs clientèles, leur personnel, ou tout simplement leur environnement. Des pays contrôlent très soigneusement leurs frontières et ne l’ouvrent qu’à ceux qui peuvent présenter la preuve de leur vaccination. Les compagnies aériennes, les théâtres et les cinémas l’ont compris. 

Pour se mettre complètement à l’abri et ne plus y penser, la seule solution sera évidemment de rendre cette vaccination obligatoire. Au plus vite, puisqu’on a les doses et la logistique. Et de sanctionner les récalcitrants. 

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Techniquement, tout est possible. 

On peut utiliser le passeport vaccinal (forme moderne du carnet de vaccination qu’on utilise pour permettre aux enfants d’aller en crèche ou à l’école élémentaire), on peut aussi utiliser les tests mais qui, au bout du compte, sont très contraignants et coûtent une fortune à l’Etat (surtout en France qui est un des seuls pays où les test PCR sont gratuits.) 

 

Alors politiquement et juridiquement, tout cela méritera un peu d’habileté pour éviter les faux procès. Sans décision du président et sans vote au parlement, la vaccination ne peut pas être obligatoire puisqu’à priori, elle serait considérée comme attentatoire à notre sacro- sainte liberté individuelle.  

Cette situation est tellement folle et aberrante qu’elle oblige beaucoup d’entreprises, par exemple, à se livrer à des contorsions juridiques et administratives. 

Le président du Medef a demandé très officiellement au président de la république d’instituer le caractère obligatoire de la vaccination pour tous les salariés ; Geoffroy Roux de Bezieux a d’ailleurs été rejoint par Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, les autres syndicats ne sont pas contre, non, mais ils ne sont pas ouvertement favorables, ils ménagent leurs adhérents parce qu’ils pensent que leurs adhérents seraient récalcitrants. Les partis politiques eux-mêmes ne sont pas courageux pour monter au front, or, les premiers bénéficiaires d’une campagne de vaccination généralisée profiteraient d’abord aux personnes les plus en difficultés. Ce qui est étonnant, c’est d’ailleurs le silence de la gauche pour défendre une décision qui est par essence une décision de bien public. 

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Bref, le débat est devenu surréaliste. Les chefs d’administration et les dirigeants d’entreprises qui sont responsables de plus de 30 millions de salariés dans le privé comme dans le public, sont équipés pour procéder à des vaccinations sur le lieu de travail, mais ils n’auraient le droit de les faire qu’à deux conditions : 

Un, si la vaccination était prévue dans le code de la santé, ce qui n’est pas le cas pour la Covid 19. 

Deux, si cette vaccination était recommandée par l’employeur sur recommandation du code du travail, ce à quoi le ministère du travail est favorable. 

On n’est donc dans une situation complètement ubuesque. : 

Avec des salariés qui, majoritairement, souhaitent être vaccinés pour pouvoir travailler et vivre, avec des chefs d’entreprise qui veulent l’organiser, avec un ministre du travail qui s’y déclare partisan, mais .... Avec un code de la santé publique qui ne l’autorise pas, alors que la santé publique est en risque.  

C’est donc au président de se fâcher, comme il l’a fait à plusieurs reprises pendant cette pandémie et de prier le dieu de l’administration qu’il soit entendu et obéi. 

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