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Les stress tests des banques européennes fonctionnent… avant même d'avoir commencé
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Les stress tests des banques européennes fonctionnent… avant même d'avoir commencé

La BCE entame une nouvelle analyse des créances douteuses chez les banques européennes. Désormais bien conscientes de leurs faiblesses, certaines d'entre elles se préparent déjà à affronter un éventuel nouveau coup dur.

Michel Ruimy

Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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Atlantico : Alors que la Banque centrale européenne commence un nouveau volet d'analyse des créances douteuses qui dorment dans les banques européennes, plusieurs instituts comme Unicredit ou Santander ont déjà mis à l'abri plusieurs millions d'euros. peut-on dire que les "stress tests" sont finalement déjà en train de produire leurs effets ?

Michel Ruimy : La crise de 2007 a été un révélateur. En effet, elle a rappelé aux acteurs du monde financier l’importance d’anticiper les nouveaux risques et la nécessité de les analyser même s’ils ne sont pas encadrés par la réglementation en vigueur. C’est pourquoi les outils de stress testing sont devenus incontournables. Ces stress tests ont vocation à évaluer l’impact potentiel d’un choc macroéconomique sur un système financier ou un établissement donné, en particulier sur les volumes et les risques de crédit portés par les banques, sur la valeur de leurs actifs et in fine sur leur ratio de solvabilité. Ainsi, ils doivent faire apparaître la capacité des banques à faire face à d’éventuelles crises économiques, la sous capitalisation éventuelle de certaines d’entre elles et la fragilité éventuelle d’un système bancaire national lorsqu'une proportion non négligeable d’établissements d’un même pays n’obtient pas des résultats satisfaisants à un test. Dans ce cas, les banques doivent, soit augmenter leurs fonds propres, soit opérer des restructurations.

Dans notre cas précis, Santander fait partie des 28 banques présentant un risque systémique dans le monde car elle ne respecte pas notamment les règles prudentielles d’endettement. Concernant Unicredit, cette banque a décidé d’amortir son bilan de 14 milliards d’euros – elle pouvait se le permettre car ses fonds propres se montaient à 61 milliards. En fait, les audits de la BCE notamment, mettent les établissements financiers face à leurs responsabilités comptables et de transparence. Les dernières actions menées par les banques italienne et espagnole peuvent s’inscrire dans ce cadre.

Des inquiétudes persistent néanmoins sur plusieurs banques du vieux continent dont la stabilité resterait des plus fragiles. qu'en est-il concrètement ?

Les examens de la BCE se dérouleront en deux temps : d’abord une revue des actifs détenus dans les bilans détenus, puis des tests de résistance à divers scenarii économiques. Les résultats seront connus en novembre 2014, date à laquelle l’Institut d’émission assumera sa nouvelle fonction de superviseur direct des grandes banques européennes.

L’ensemble des banques européennes ont fait des efforts considérables depuis l’éclatement de la crise financière afin de leurs consolider leurs bilans. Les trois premières banques européennes, par leur capitalisation ont cumulé, en 2013, un bénéfice net de plus de 22 milliards d’euros. A fin juin 2013, le ratio de solvabilité médian des établissements (ratio des fonds propres durs sur total du bilan) atteignait 11,2 %, soit 4 points de plus qu’en 2008. Il n’en demeure pas moins que certaines banques, notamment allemandes mais aussi grecques et portugaises, n’ont pas d’avenir.

Les premiers stress tests avaient été bien timides en comparaison de la gravité de la situation. peut-on parler d'une réelle prise de conscience des responsables européens cette fois-ci ?

Les responsables européens ont pris conscience de l’ampleur de la crise de 2007 et de ses conséquences. C’est pourquoi, tablant sur une reprise économique en 2015, l’exercice est censé encourager les banques à nettoyer leurs portefeuilles d’investissements et de prêts afin de dégager la confiance des investisseurs et de dégager de nouvelles capacités de prêt pour soutenir la croissance. A ce titre, les grandes lignes des tests de résistance ont été dévoilées aux grandes banques. Toutefois, déjà, certaines analyses estiment que l’ensemble des tests menés pourraient mettre en évidence des besoins de recapitalisation d’un montant total de 100 milliards d’euros. Un océan de fonds …

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