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Dissensions

Les parlementaires socialistes veulent un nouveau gouvernement avant les municipales… mais pas François Hollande

Certains élus PS réclament un remaniement rapide, voire un changement de Premier ministre.

Par delà l’immense soulagement des intéressés et la légitime émotion de leurs proches, la libération des quatre otages détenus depuis plus de trois ans au Niger devrait apporter une bouffée d’oxygène à François Hollande et Jean-Marc Ayrault. De quoi redresser la barre du navire qui tangue et lui permettre de reprendre un cours plus serein ? C’est peu probable.

Car l’impopularité record de l’exécutif suscite une inquiétude de moins en moins dissimulée des parlementaires socialistes qui redoutent une bérézina aux municipales et des interrogations voire accusations de la droite sur la « légitimité » du gouvernement. Ce répit risque en effet d’être de courte durée. La « suspension » de l’écotaxe n’a rien réglé. Ceux qui se réjouissent que le Premier ministre ait « éteint  l’incendie » déplorent aussi le manque à gagner que cet abandon va entraîner pour les collectivités locales et singulièrement pour les départements qui ont en charge l’entretien des routes.

C’est pourquoi on va retrouver très vite la contestation des élus PS qui réclament un remaniement rapide, voire un changement de Premier ministre. Dans les couloirs de l’Assemblée, on a pu entendre un député expliquer que «  Ayrault est carbo » (carbonisé ) et que la majorité a besoin « d’un taulier », du type Aubry, Fabius ou Bartolone, de « quelqu’un qui tienne tête à François Hollande, pour imposer ses vues ! » Autrement dit, la France a besoin d’un Premier ministre à poigne

« Pourquoi a-t-il fallu attendre aujourd’hui (hier en l’occurrence), pour entendre Jean-Marc Ayrault dire ce qu’il en est du coût de l’écotaxe et rappeler que le contrat entre l’Etat et ses partenaires privés a été signé in extrémis ? », s’interrogeait un député particulièrement remonté. En effet, le décret d’attribution à la société privée Ecomouv de la gestion de l’écotaxe avait été publié le 6 mai 2012, (c’est-à-dire le jour du deuxième tour de l’élection présidentielle ) ! Mais ce n’est pas tout. Hier, les députés ont dû voter le budget de la Sécu qui ne sera jamais appliqué en l’état puisque le gouvernement a reculé sur la fiscalisation des intérêts des PEA et des PEL. Le texte sera amendé au cours de son examen par le Sénat. D’après les députés en colère, cet épisode désastreux pour l’exécutif aurait pu être évité si « on » avait écouté ceux qui tiraient la sonnette d’alarme à trois reprises à propos de cette mesure impopulaire…

Un remaniement ? C’est prévu pour après l’après-municipales. « C’est avant qu’il faut bouger et pas après, il faut se donner un peu d’air », plaident ces députés inquiets que le scrutin de mars voie une «  soixantaine de villes moyennes basculer au Front national parce que les gens sont à cran ! » Filant la métaphore alpine, l’un d’eux ajoute : « Quand ça dévisse, on ne sait pas sur quoi mettre le pied pour rebondir ! »

Et en ce moment, à les entendre, ils cherchent vainement un point d’appui. Alors, imminent, ce remaniement ? Dans la foulée de la bonne nouvelle de la libération des otages ? La politique se nourrissant de rumeurs, on dit que François Hollande consulte beaucoup ces temps-ci. De grands stratèges ou qui se prétendent comme tels affirment qu’il a tout prévu et qu’il finira par ramasser la mise. Et Jean-Marc Ayrault ? Le Premier ministre qui multiplie les efforts pour empêcher que la contestation bretonne s’étende à d’autres régions, et notamment le Nord-Pas-de-Calais, en « appelle toutes les forces vives, toutes les bonnes volontés à se mobiliser, qu’elles soient de droite, de gauche ou du centre, économiques ou sociales ou territoriales » car, explique-t-il, « c’est cela ma responsabilité ».

En attendant que les « bonnes volontés » veuillent bien se mettre autour de la table, Jean-Marc Ayrault a réuni les chefs de la majorité (PS, Verts, Radicaux de Gauche), hier à Matignon. Le Premier ministre ne semblait pas inquiet pour son avenir immédiat, même si son entourage reconnait « qu’il faut repartir sur de nouvelles bases ». Les Écologistes, représentés par les responsables des groupes parlementaires et le Secrétaire National d’EELV,  n’ont guère protesté contre la « suspension » de l’écotaxe, ce qui fait dire à l’un des participants que « Cécile Duflot a très envie de rester au gouvernement », avant d’ajouter « qu’avant de penser à  0,1 ou 0,2% de déficit de plus ou de moins, on devrait penser à nos électeurs ! » Pas sûr qu’à Bercy, on soit de cet avis ! 

 

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