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La police du comté de Qingtian a déclaré qu'elle avait installé 15 "postes de service de police" dans des villes du monde entier.
La police du comté de Qingtian a déclaré qu'elle avait installé 15 "postes de service de police" dans des villes du monde entier.
©LUDOVIC MARIN / AFP

Espionnage

Les Européens s’inquiètent (enfin) des stations de police chinoises « délocalisées » à travers le monde

Selon l’ONG Safeguard Defenders, la Chine aurait ouvert des postes de police à l'étranger et notamment dans l'Union européenne. Ces commissariats, au sein des ambassades, permettraient d'espionner et de menacer les dissidents qui ont trouvé refuge à l'étranger.

Jean-Vincent Brisset

Jean-Vincent Brisset

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est chercheur associé à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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Atlantico : En 2018, la police du comté de Qingtian, a déclaré qu'elle avait installé 15 "postes de service de police" dans des villes du monde entier, à quoi servent ces postes de police et ou sont-ils actuellement ?

Jean-Vincent Brisset : Tout d’abord, il faut bien comprendre que ce n’est pas la seule ambassade avec un détachement de police en son sein et que ce n’est pas un commissariat comme on en connaît. Ils sont répartis dans plusieurs pays dont les États-Unis, les Pays-Bas, l’Irlande et la France. Ceux-ci servent en majorité à faire de la liaison avec leurs pays mais aussi gérer une partie administrative. C’est quelque chose qui est normalement banal dans toutes les ambassades. 

Les Pays-Bas suivis de l’Irlande viennent d’interdire ces postes de police, pourquoi le font-elles ?

Toutes ces antennes peuvent avoir des actions qui sont non-conformes avec le fonctionnement des relations diplomatiques classiques. Certains de ces « postes de service de police » n’ont pas de statut diplomatique mais sont enregistrés comme des entreprises privées.

Mais celles-ci ont pour mission avant tout d’identifier les opposants chinois en France. C’est une pratique qui a toujours été employée par le gouvernement chinois. 

Leurs activités semblent « préoccupantes » selon le ministre de la sécurité britannique, pourquoi l’Europe ne commence à s’en soucier que 4 ans après ?

D’un côté, il y a un aspect de communication de la part des États -dans ce cas précis de l’Angleterre- vis-à-vis de la Chine et aussi une volonté de détourner l’attention sur autre chose.

D’un autre côté, on ne peut pas parler simplement de la communication. C'est sans doute la mise en évidence d’un problème d’importance dont on ne se souciait pas et qui a pris plus d’ampleur que prévu. Il s'agit d'un phénomène dont on souhaite freiner l’extension.

On se rend compte avec ces postes que la Chine essaye de contrôler son image un peu partout dans le monde. On a pu l’observer en 2008 lorsque des manifestants avaient bloqué le passage de la flamme olympique pour manifester contre le gouvernement chinois. L’ambassade de Chine avait rapidement réuni des étudiants chinois pour une contre-manifestation C’est ce genre d’évènements que ces antennes essayent d’éviter au maximum pour faire la communication du pays.

Le premier changement après toutes ces prises de position de la part de différents pays c’est le frein à cette extension et à ce contrôle de la communication externe qu’exerce la Chine depuis plusieurs années. Le fait de les mettre en valeur ainsi permet d'avoir un impact sur ces actions plus tard.

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