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Les chimpanzés et les rats aiment eux aussi être chatouillés et c'est un élément majeur de la recherche scientifique sur l'évolution de l'Homme
©Flickr/Vermin Inc

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Les chimpanzés et les rats aiment eux aussi être chatouillés et c'est un élément majeur de la recherche scientifique sur l'évolution de l'Homme

Robert Provine, un chercheur en neurosciences a choisi de travailler sur les comportements humains complexes. Il s'agit des comportements comme les bâillements ou les chatouilles. Des animaux tels que les singes et les rats sont très réceptifs à ces chatouilles. Leur compréhension pourrait permettre de créer des traitements contre les troubles psychiatriques.

Rochelle Ackerley

Rochelle Ackerley

Rochelle Ackerley est professeur assitante en Physiologie à l'Université de Goteborg en Suède. Elle est également professeure invitée à l'INIA, le Laboratoire de Neurosciences Intégratives et Adaptatives de l'Université d'Aix-Marseille.

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Atlantico : Robert Provine, chercheur en neurosciences a choisi de s'intéresser à l'étude scientifique  des comportements humains complexes parmi lesquels les chatouilles​ auxquels​ les singes et les rats seraient sensibles et réceptifs. En quoi consistent ces comportements ? Comment se manifeste​nt​-ils dans notre cerveau ?

Rochelle Ackerley : Robert Povine étudie la façon dont le système nerveux se développe et la complexité du comportement. Il est particulièrement connu pour son travail sur différents aspects du comportement social humain, qui comprend pourquoi nous nous chatouillons. De tels comportements sociaux complexes sont des moyens d'interactions les uns avec les autres et fournissent un moyen de former des liens sociaux forts, par exemple entre un parent et un enfant. Le contact tactile interpersonnelle est quelque chose qui se fait entre des individus proches et ces types de comportement peuvent rapprocher les gens. Il existe de nombreux réseaux neuronaux associés à ce sujet dans le cerveau. Certains, fondamentaux, tels que la façon dont nous traitons les informations tactiles entrantes, et d'autres plus complexes, par exemple si nous considérons que l'action est gratifiante et si nous voulons qu'elle se reproduise. Ces processus de niveau supérieur comprennent l'interprétation de l'émotion, de la motivation et des attentes, en combinaison avec l'expérience (mémoire) pour décider si nous aimons l'action et voulons la poursuivre.

Toujours selon ​Robert Provine​, comprendre ces comportements permettraient de mettre au point des traitements. De quels traitemen​​t​s​ parle-t-il ? Et pour quels symptômes ?

Robert Povine ne parle pas vraiment de troubles et de traitements, mais je peux essayer de répondre à la question.
La compréhension de ces comportements nous aide à comprendre comment les interactions sociales sont formées et la façon dont elles progressent vers des liens sociaux forts. Il existe diverses personnes qui peuvent avoir des déficits de comportement social, comme les autistes, et comprendre comment ces réseaux de cerveau fonctionnent nous aidera à comprendre ce qui se passe quand ils fonctionnent différemment - et potentiellement comment le traiter. Les comportements sociaux qui impliquent le contact entre les individus, comme les chatouilles, les étreintes et les bisous, devraient être intrinsèquement enrichissants, pour renforcer les liens entre des individus proches, mais si cela ne se produit pas, les familles et les réseaux sociaux se décomposent. Si nous comprenons ce qui ne va pas, ce qui pourrait être dû à plusieurs raisons, nous pourrions le traiter, par exemple avec un traitement médicamenteux ou cognitif. Les traitements médicamenteux pourraient imiter les comportements sociaux bénéfiques et ainsi faciliter les interactions sociales.

Comment expliquer que le rire soit la réaction naturelles contre les chatouilles ?

L'action du chatouillement et la réaction du rire est une façon d'avoir des interactions bidirectionnelles enrichissantes. Cela implique un certain nombre de mécanismes complexes interpersonnel, de contact étroit et de génération d'émotions agréables. Le rire est une vocalisation d'une émotion et crée un sentiment élémentaire de bonheur partagé. Les mammifères, en particulier les humains, sont des créatures très sociales, et nous utilisons nos sens du toucher, de l'ouïe et de la vision pour communiquer les uns avec les autres. Les chatouilles et les rires sont de bons exemples d'une communication aussi complexe. Le rire n'est pas un mot, mais un bruit généré par les humains de toutes les langues. C'est un moyen global de communication émotionnelle positive et peut être compris par n'importe qui. C'est pourquoi un tel comportement social complexe est universel pour des interactions sociales positives et pour renforcer les liens personnels.

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