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Dans une lettre ouverte, 40 personnalités interpellent Frédérique Vidal pour lui demander d'agir sur le dossier de l'IEP de Grenoble et pour Klaus Kinzler.
Dans une lettre ouverte, 40 personnalités interpellent Frédérique Vidal pour lui demander d'agir sur le dossier de l'IEP de Grenoble et pour Klaus Kinzler.
©Philippe DESMAZES / AFP

Affaire Klaus Kinzler

Le « J’accuse » de 40 intellectuels… Et la réponse honteuse de Frédérique Vidal

Elle a deux modèles : Ponce Pilate et Tartuffe.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Quand Emile Zola écrivit son « J’accuse », il était quasiment seul pour clamer l’innocence du capitaine Dreyfus. D’autres vinrent le rejoindre et après des années de bataille, la vérité finit par éclater.

Ils sont une quarantaine, intellectuels, chercheurs, historiens à prendre la défense de Klaus Kinzler, le professeur lynché pour sa soi-disant « islamophobie » à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble. Leur pétition a été publiée dans Le Figaro.

D’autres se joindront à eux et on peut espérer que cette université sera enfin purgée de ses fanatiques indigénistes et racialistes.

Le « J’accuse » de Zola s’adressait aux autorités civiles et militaires de la République. Celui des quarante intellectuels interpelle directement Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur. On attendait sa réponse à défaut de sanctions qu’elle ne peut pas prendre compte tenu de l’autonomie des universités.

Si elle avait le sens de l’honneur et  un peu de considération pour le poste qu’elle occupe, elle aurait dû crier son dégoût face à la terreur qui règne à l’IEP de Grenoble. Elle aurait pu dire qu’elle condamnait l’attitude de la direction de l’IEP qui couvre lâchement les agissements des lyncheurs. La loi l’empêche d’agir mais ne lui interdit pas de parler.

Voici sa réponse. Frédérique Vidal demande « le retour à la sérénité ». C’est charmant. Pas un mot sur Klaus Kinzler dont on peut imaginer qu’il n’est pas très serein. Elle ajoute souhaiter « que tout le monde se remette au travail ». Or Klaus Kinzler a été suspendu pour quatre mois par la direction de l’IEP.

Frédérique Vidal a-t-elle une suggestion pour que le professeur se mette au travail ? Comble de l’hypocrisie, elle précise qu’elle ne peut pas s’immiscer « dans les rapports entre employeur et employé ». Et quand l’employeur se conduit de façon odieuse, on peut quand même gueuler. Ponce Pilate et Tartuffe en même temps : Frédérique Vidal a réussi ce tour de force. 

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