C’est quand même incroyable, nous devons être le seul pays occidental à être dans l’ignorance de ce phénomène. Les Français qui s’expatrient sont en général des gens très riches, la plupart du temps ils passent par un banquier spécialisé (donc les banquiers savent qui part), ils peuvent même passer directement par les services de Bercy. Donc Bercy est au courant. De toute façon, on sait bien chez Pierre Moscovici l’évolution des déclarations d’ISF. Quand la famille part, elle arrête ses déclarations. Pour ceux qui sont moins riches, des jeunes chefs d’entreprises par exemple, les Chambres de Commerce savent qui part et où ils partent. Les douanes aussi, les services extérieurs qui délivrent des visas… Bref on peut tout savoir, au plus haut niveau de l’état. Pour les jeunes diplômés qui sont très nombreux à partir depuis le début de la crise, les grandes écoles le savent. HEC, ESSEC, L’X… Ils connaissent exactement le nom et le nombre de leurs étudiants qui s’expatrient à l’étranger. Depuis 5 ans ils les invitent à s’en aller. Une catégorie dont on ne parle pas, ce sont les contribuables à la retraites. Des ex-professions libérales aux ex-fonctionnaires modestes ; ils s’en vont au Maroc, au Portugal, en Asie, ou même en Floride pour échapper à l’impôt sur le revenu et s’exonérer de frais de chauffage l’hiver. Là aussi on le sait, les caisses de retraites savent bien à qui, et où elles versent les pensions. Bref, tout le matériel statistique existe et pourtant on ne peut pas en disposer avec précision. On connait ces informations mais avec trois ans de retard.