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Le débat sur le chaînon manquant est relancé.
Le débat sur le chaînon manquant est relancé.
©Reuters

Darwin es-tu là ?

Le chaînon manquant entre le poisson et l'homme identifié : connaissez-vous le nom de cet animal vieux de plus de 70 millions d'années ?

La capture d'un spécimen de ce poisson considéré comme un "fossile vivant", le 18 août 2003, a relancé le débat du chaînon manquant.

La réponse est peut-être dans son génome. Encore faut-il y avoir accès. Depuis la capture d’un cœlacanthe vivant, à la mi-août 2003, au large des Comores, la communauté scientifique est en émoi. Dans les gènes de ce poisson, considéré par certain comme un fossile vivant, qualificatif que d’autres réfutent, se trouvent peut-être la réponse à une question pour l’heure restée sans réponse : qui est la chaînon manquant entre le poisson et le tétrapode, qui comprend batraciens, reptiles, oiseaux et mammifères, dont l’Homme ?

Résoudre cette question permettrait à la communauté scientifique de comprendre comment l’homme est passé du milieu aquatique au milieu terrestre.

Lorsque les premiers fossiles du poisson, vieux de plus de 70 millions d'années, ont été découvert en 1839, par le suisse Louis Agassiz, plusieurs éléments de son anatomie ont intrigué la communauté scientifique. Mais ce n’est que lorsque un exemplaire en chair et en os fut découvert par l’ornithologue sud-africaine Marjorie Courtenay-Latimer, en 1938, que le débat fut relancé : le cœlacanthe était-il le chaînon manquant, le lien entre poisson et tétrapode ? Celui qui avait jailli des mers pour s’installer sur la terre ferme et mener, progressivement, à l’être humain ?

Sur ce débat, deux camps s’affrontaient : ceux qui croyaient au cœlacanthe – notamment les paléontologues qui pensaient avoir trouvé dans les nageoires supérieures de l'animal des indices concernant l’identité du "lien manquant" – et ceux qui voyaient dans une espèce de salamandre découverte en Amazonie dans les années 1830 de meilleurs chances d’apporter des réponses.

Pour en avoir le coeur net, il fallait étudier un spécimen de cœlacanthe, vivant ou tout juste décédé. Problème : le poisson est un très grand timide, il vit entre 200 et 400 mètres de profondeur et ne remonte que très rarement à la surface, à proximité de l’archipel des Comores, où a été pêché le spécimen de 2003. De quoi alors faire naître une lueur d’espoir dans la communauté scientifique.

A sa découverte, il fut décidé de séquencer le génome du poisson. Un poisson bleu-ardoise, aux yeux brillants, pacifique et immense, autant que la tâche qu'allait accomplir Chris Amemiya, professeur de microbiologie à l’université de Washington, aidé d’une équipe de 91 scientifiques venus de 40 instituts et de 12 pays différents.

Le défi à relever se résume en deux chiffres, qui donnent le tournis : le génome du cœlacanthe contient environ 3 milliards de paires de base, les briques qui composent l’ADN. Chaque chromosome contient 50 millions à 250 millions de paires de base et la machine utilisée ne pouvait que séquencer 100 paires de base à la fois.

A l’issue d’un travail titanesque de dix ans, le fameux poisson se retrouva en une de la revue scientifique Nature, en avril 2013: il venait de livrer ses premiers secrets.

Dans leur rapport, l’équipe d’Amemiya explique que "l’analyse génétique montre assez fortement la preuve que les tétrapodes sont plus proches des salamandres que des cœlacanthes". Malgré ce résultat, l’étude des gênes du poisson ne perd pas son intérêt car ces derniers sont plus facilement maniables que ceux de la salamandre, et apportent de meilleures chances de comprendre comment la vie a pu coloniser la terre. Autre résultat étonnant : le cœlacanthe est plus proche de l’Homme que du saumon ou du requin. Plus de 75 ans après sa découverte, le poisson vient de livrer ses premiers secrets et ne devrait pas s’arrêter là.

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