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Le « crowdfunding » s’attaque au BTP
©Reuters

Economie collaborative

Le « crowdfunding » s’attaque au BTP

Les investisseurs institutionnels se détournent de la construction de logements. Les particuliers peuvent-ils prendre le relais via le financement participatif ?

Hugues Serraf pour Drivy

Hugues Serraf est journaliste et directeur de la communication de Drivy, la plateforme Internet de location de voitures entre particuliers.

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En France, on ne construit pas assez de logements. Il faudrait, dit-on, en faire sortir 500 000 de terre chaque année pour absorber la croissance de la demande et réduire la pénurie chronique. On peine pourtant à franchir la barre des 300 000, par les temps qui courent…

Une explication (mais il y en a bien d’autres) : le manque d’investisseurs institutionnels, qui semblent privilégier l’immobilier d’entreprise sur les petites maisons dans les prairies.

L’économie collaborative, qui a le chic pour se mêler de ce qui ne la regarde pas, peut-elle permettre aux particuliers de prendre le relais via des structures de « crowdfunding » ? Pour ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler, ces plateformes Web permettent de financer tout un tas de projets sans passer par les banques – généralement dans les secteurs culturels et sociaux.

Vous avez un projet de documentaire sur la culture de la marguerite au Baloutchistan et il vous manque encore 850 euros pour le billet d’avion et la location de la caméra ? Vous voulez creuser des puits dans un village africain et vous avez besoin de 5 000 euros pour rémunérer un bureau d’étude et acheter des outils de forage ? No problemo. Sur KissKissBankKickstarter ou Ulule, des particuliers sensibilisés à ces causes vous aideront à boucler votre budget et ne vous demanderont, en général, pas grand chose en échange (un jolie bouquet de marguerites, une photo dédicacée d’un villageois malien tout sourire dans son bain…).

Mais le crowdfunding ne se réduit pas à la philanthropie et aux projets de faible envergure : sur Fondatio, on peut prendre des parts dans une startup prometteuse et sur MyDorcel, on peut mettre des billes dans le prochain blockbuster pornographique. Le choix est vaste, on le voit.

Pour l’immobilier, une vingtaine de plateformes (LymoBuildeegCrowdimmo…) ont également vu le jour sur lesquelles des promoteurs présentent des projets tout ce qu’il y a de plus classiques (résidences en copropriété, lotissements, etc.) et vous pouvez choisir de leur en donner les moyens au gré de vos intuitions. Enfin, vous ne financez généralement pas exactement la totalité du projet, mais contribuez plutôt à réunir les fonds propres permettant au promoteur d’aller taper la Société Générale.

Et est-ce que ça rapporte ? Il paraît. Jusqu’à 8%, d’après les promoteurs interrogés par Challenges. Et est-ce que c’est risqué. Sans doute un poil, ajoute Le Monde, qui évoque quelques arnaques ici et là même si les plateformes affirment refuser tous les projets louches. C’est de l’investissement, quoi. On tombe bien, on tombe mal… Mais surtout, on évite de concentrer ses éconocroques sur de l’assurance vie tout en continuant de se plaindre de la crise du logement…

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