La primaire des Républicains : le début d’un espoir de retour au réalisme | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Tribunes
La primaire des Républicains : le début d’un espoir de retour au réalisme
©ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Retour au réalisme ?

La primaire des Républicains : le début d’un espoir de retour au réalisme

Claude Robert

Claude Robert

Après des études supérieurs d’Arts Appliqués et de Sciences Humaines, un Master et un mémoire de DEA de Marketing et différents postes à responsabilités dans les domaines des études de marché, du marketing et de l’audit opérationnel, Claude Robert est actuellement consultant international en organisation. Il a exercé à ce jour dans près d’une trentaine de pays aux environnements politiques, ethniques et religieux les plus variés.

Voir la bio »

Le déroulement de la primaire des Républicains et l’issue de son scrutin nous apprennent énormément sur le glissement politique actuellement en cours dans l’hexagone. Les principaux candidats que sont Ciotti, Pécresse, Barnier et Bertrand partagent tous un point commun : un salubre retour au réalisme. 

Ce retour fait suite aux errements idéologiques d’Hollande et de Macron dont une grande partie de la population ne veut plus subir les conséquences. En réaction tardive mais logique aux problèmes générés par ces technocrates socialistes auxquels s’ajoute le laxisme des présidences précédentes, ce retour au réalisme s’exprime sur deux dimensions très spécifiques : le libéralisme économique d’une part, un certain conservatisme sociétal d’autre part. Analyse :   

Libérer le travail de la chape de plomb étatique 

Tous les candidats de la primaire LR se sont fait une raison et l’ont affiché dans leur programme, ce qui constitue en soi un petit miracle : il y a trop d’Etat, trop de taxes et trop de réglementations ! Il y a longtemps qu’un tel discours n’avait pas été tenu.  De LREM à la France Insoumise en passant par le PS et EELV, l’ensemble du spectre de la gauche ne jure que par un excès de contraintes et de charges :

-Des contraintes punitives pour EELV et LFI, respectivement à l’encontre des citoyens consommateurs et des riches ou des entreprises. Il faut en effet se rappeler que pour EELV, la voiture, l’avion, le nucléaire, entre autres symboles du progrès industriel, sont des fléaux dont il faut se débarrasser au plus vite. Quant à LFI, Jean-Luc Mélenchon ne fait pas mystère de son intention de réquisitionner l’argent des riches et les grandes entreprises.

-Toujours plus de charges et de fonctionnaires pour le PS et LREM, deux partis qui semblent avoir oublié que l’Etat est au service des citoyens et non pas l’inverse. La progression de la dette a certes commencé bien avant Hollande. Mais elle a subit une considérable accélération relative avec ce dernier et atteint à présent de dangereux sommets du fait de l’inconséquence notoire de Macron. 

S’il n’est pas reconduit dans ses fonctions, l’actuel président laissera une ardoise considérable. Aucune des quelques rares améliorations apportées sous sa gouvernance, à savoir le commencement d’une baisse des charges des entreprises et la suppression de l’ISF, n’a été financée autrement que par de la dette ! Ce sont autant de hausses d’impôts à retardement qu’il aura léguées à notre pays.

Car ne nous y trompons pas, même si les socialistes ne semblent toujours pas l’avoir compris, à l’exception des Gracques dont on entend hélas plus beaucoup parler, l’incroyable désindustrialisation du pays qui s’est matérialisée par une chute de 50% de nos parts du marché mondial en moins de 30 ans est la conséquence directe de ces excès de contraintes fiscales et réglementaires.

Protéger la culture et l’art de vivre français  

Reprendre le contrôle de l’immigration et des frontières est également un leitmotiv chez les candidats de LR et là aussi, il s’agit d’un petit miracle. On peut remercier au passage le courageux travail de libéralisation de la parole entrepris depuis des années par le philosophe Alain Finkielkraut et par un journaliste devenu lui-même candidat, Eric Zemmour. 

Cette reprise de contrôle va de pair avec un durcissement de la justice et une amélioration de son fonctionnement afin d’éviter cette noria de crimes impunis tout simplement pour des raisons de procédures ou de lenteur administrative voire d’inaction diplomatique auprès des pays de provenance desdits criminels. 

Mais au-delà de la maîtrise du problème de l’immigration, et de l’insécurité qu’il génère, le regain d’une certaine fierté nationale véhiculé dans le discours des candidats des Républicains n’est pas aussi anodin qu’on puisse le penser. 

A l’époque où le wokisme et la cancel culture d’importation font des ravages indus tandis que l’idéologie gauchiste nous inculque depuis des décennies la détestation de notre nation, de notre langage, de notre histoire, de nos symboles judéo-chrétiens et tout simplement de notre niveau de civilisation, ce regain de fierté identitaire devenait une nécessité de santé publique. 

Les Républicains peuvent-ils gagner la présidentielle ?  

Il y a une énorme attente populaire au croisement du libéralisme économique et du conservatisme sociétal. Ce courant porte plusieurs noms dont le plus fréquent est le libéral-conservatisme.

Or, de l’extrême-gauche (LFI, EELV) à la gauche (LREM, PS), aucun des partis qui les constituent n’est porté sur le conservatisme sociétal. Anti judéo-chrétiens comme les écologistes ou les macroniens, toujours à l’affût des symboles de notre histoire à déconstruire, la gauche dans son ensemble se trouve en totale incompatibilité avec ce courant. 

Il en est exactement de même en matière de libéralisme économique. Au-delà de l’image dynamique d’un Macron en costume cravate, son gouvernement s’est avéré tout aussi keynésien, centralisateur, dispendieux et pour résumer, socialiste, que celui d’Hollande. Sans même parler du Rassemblement National, dont le programme ressemble à celui de Mélenchon et de Montebourg, tous prêts à actionner la nationalisation des entreprises en difficulté et le protectionnisme le plus contreproductif !

Ainsi, à la croisée de ces attentes que sont le libéralisme économique et un certain conservatisme sociétal se trouve LR. Cela suffira-t-il pour assurer sa victoire ? Certainement pas tellement les forces de gauche sont prêtes à tout, si peu habituées à la concurrence des idées qu’elles sont après tant de décennies de domination sur les cerveaux. En attendant, il faut au moins saluer le travail de Christian Jacob qui a réussi à rassembler les leaders de sa famille politique, famille dont l’électorat se sentait plutôt abandonné depuis quelques temps…    

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !