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La malédiction Tinder : vous êtes inscrit sur une application de rencontres depuis plusieurs mois mais n'avez toujours rencontré personne ? Rassurez-vous, ce n'est pas (entièrement) de votre faute
©Reuters

L'amour toujours

La malédiction Tinder : vous êtes inscrit sur une application de rencontres depuis plusieurs mois mais n'avez toujours rencontré personne ? Rassurez-vous, ce n'est pas (entièrement) de votre faute

Deux études se sont intéressées à la manière dont nous nous comportons sur les applications de rencontres. Leurs observations expliquent en partie pourquoi il est si difficile de rencontrer l'âme sœur du bout du doigt.

Pour draguer de nos jours, plus vraiment besoin de sortir dans les bars espérer attirer l'attention de votre coup de cœur d'un soir. Avec l'essor des smartphones, de nombreuses applications de rencontres ont connu un franc succès, notamment chez les jeunes. La plus célèbre, Tinder, comptabilise près de 100 millions de téléchargements à travers le monde.

Alors vous avez voulu vous y essayer. Vous avez posté une photo de vous prise sous votre meilleur profil… Mais hélas ! Vous aviez beau "liker" à la pelle les profils d'autres personnes qui vous plaisaient, vous n'obteniez que quelques "likes" en retour, et encore moins de discussions avec ces derniers. Ne parlons même pas des rendez-vous réels : vous n'en avez comptabilisé aucun. Cependant, ne désespérez pas. Deux études ont montré que le comportement que nous adoptons face à nos écrans de smartphones n'est pas vraiment propice à faire des rencontres, mais s'apparente davantage à du lèche-vitrine, rapporte le Washington Post.

Les femmes plus exigeantes que les hommes

La première étude menée par des chercheurs de l'Université londonienne Queen Mary, l'Université romaine Sapienza et le Royal Ottawa Health Care Group a porté sur quatorze faux profils Tinder, masculins et féminins, créés pour l'expérience. Sous couvert de ces faux comptes, les chercheurs ont "liké" les profils de toutes les personnes proposées par l'application dans un rayon de 160 kilomètres à la ronde – Tinder fonctionnant par géolocalisation. Résultat : les profils masculins fictifs n'ont reçu que très peu d'attention, puisque seulement 0,6 % de leurs mentions "likes" en ont déclenché de nouvelles en retour. En revanche, les profils féminins ont eu davantage de succès, déclenchant un "like" en retour une fois sur dix. Une première information émane donc : les femmes ont plus de succès sur Tinder – et sur les autres applications de rencontres – que les hommes.

Autre observation : en cas de match (lorsque deux profils se plaisent mutuellement), les femmes sont bien plus avenantes que les hommes, puisqu'elles entament une conversation dans 21% des cas, contre trois fois moins pour les hommes. Des chiffres toutefois à nuancer, puisque le nombre de messages reçus de la part de profils masculins était au final bien plus élevé que ceux rédigés par des internautes féminines, en raison des plus nombreux matchs enregistrés par les faux comptes féminins. Pour cause, un tiers des utilisateurs masculins de cette application confient "liker" automatiquement tous les profils qui se présentent à eux.

Cercle vicieux

Au fil du temps, les internautes féminines ont compris qu'en aimant un profil masculin, elles avaient de grandes chances d'être notifiées d'un match. En conséquence, elles sont désormais plus précautionneuses, et n'appuie sur le bouton du "like" qu'en cas de véritable coup de cœur. Un engrenage se met en marche, et les utilisateurs masculins ressentent un sentiment de désespoir alors que leurs chances de recevoir un "like" en retour se font plus faibles encore. Ils tentent d'augmenter ces chances en aimant alors encore davantage de profils, etc.

Une seconde étude menée par deux chercheurs de l'Université d'Oxford s'est quant à elle concentrée sur les discussions que nous entretenons sur ces applications. Pour cela, quelque deux millions de conversations impliquant environ 400 000 personnes hétérosexuelles ont été analysées. Premier constat : la moitié de ces dialogues sont en fait des monologues, l'un des deux acteurs de la discussion ne répondant tout simplement pas à l'autre. Et quand discussion il y a, les potentiels tourtereaux n'échangent leurs numéros de téléphone que dans seulement 19% des cas. Et encore, les discussions ne sont pas vraiment endiablées, les réponses aux messages pouvant se faire attendre plusieurs heures, voire des jours.

Enfin, les résultats obtenus par cette étude montrent que les femmes sont plus courtoises que les hommes, puisqu'elles prennent le temps d'aborder les personnes avec qui elles ont eu un match dans 53% des cas, contre 42% pour les hommes. Une preuve également que les hommes prennent cette application moins au sérieux que leurs homologues féminines.

Les hommes semblent tout simplement davantage en quête d'estime de soi ou de relations sans lendemain, tandis que les femmes ont l'air de prendre davantage de précautions en aimant les profils masculins moins souvent et en prenant les devants lorsqu'elles sont sûres de leur choix.

Les applications ne semblent donc pas être les outils idéaux pour rencontrer la personne qui fera chavirer votre cœur. 

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