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La boulimie ou comment la première bouchée en amène une autre
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Bonnes feuilles

La boulimie ou comment la première bouchée en amène une autre

Qui est Nestor ? Ce petit singe perché sur mon épaule. Nestor est l'avocat de ma boulimie. Il s'est fait embaucher pour m'éviter tout effort de réflexion car il a réponse à tout. Normal, Nestor a LA réponse, la seule, l'infaillible, celle qui selon lui, convient à toutes les situations : MANGE ! Par la méthode et les outils proposés, Nestor, la bouffe et moi est un véritable guide pratique du rétablissement sur tous les plans. Extrait de "Nestor, la bouffe et moi", de Dominique Buffet, aux éditions du Rocher 1/2

Dominique Buffet

Dominique Buffet

Dominique Buffet, femme d'affaires et auteure, après de brillantes études en France et aux États-Unis, a réussi à se libérer de la boulimie. Elle s'est engagée au niveau international pour transmettre ce message d'espoir. Le livre "Nestor, la bouffe et moi" est né de son expérience personnelle et des interviews menées depuis plus de trente ans sur tous les continents.

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Le croque-bouffe

La première bouchée

Nestor, petit malin, est l’ennemi du moindre effort. Pour aller droit au but : me faire tomber dans la nourriture, premier volet de sa stratégie, il a inventé le croche-bouffe.

Technique aussi sournoise que celle du croche-pied, le croche-bouffe que Nestor a rebaptisé “croque-bouffe”, consiste à me faire prendre la première bouchée d’une nourriture piège.

Nestor sait très bien que pour moi, boulimique, la première bouchée entraîne, tôt ou tard, une crise de boulimie. C’est donc l’outil de sabotage par excellence. En ce qui me concerne, qui dit première bouchée dit deuxième, troisième, centième. La bouchée qui entraîne toutes les autres et me mène à la crise, est donc bien cette fameuse première bouchée. Inversement, si je m’en abstiens, aucune autre bouchée ne s’enclenchera, ni deuxième, ni troisième, ni centième.

Alors me direz-vous, un(e) boulimique ne peut plus du tout manger ? Soyons précis, le label de qualité « première bouchée » répond à des critères bien définis, que nous allons identifier en nous posant les quatre questions suivantes : Pourquoi ? Quoi ? Quand ? Comment ?

Pourquoi ?

Est-ce que je prends cette « première bouchée » pour compenser un manque (de sécurité, affectif…), me protéger de peurs (intimité, rapports sexuels…), ou m’anesthésier et éviter de ressentir certaines émotions ?

« Je mange, poussée par ce qui me mange à l’intérieur : mieux vaut s’obséder sur la bouffe, que de ressentir cette angoisse…

Valérie, 37 ans, boulimique

Quand je prends la première bouchée, ai-je l’illusion que ce n’est justement pas la « première bouchée », mais l’unique, la seule, que je vais prendre :

Juste une bouchée, juste pour goûter… après j’arrête.

N’est-ce pas, Nestor ?

Quoi ?

Qu’est-ce que je m’apprête à manger ?

Attention, c’est en grande partie la qualité de l’aliment ingéré qui déclenche une réaction dite « du désir de plus ». Cette réaction active le « signal d’encore » (pour « j’en veux encore »), qui me pousse à continuer à manger, alors qu’un être normal saura s’arrêter quand il n’aura plus faim.

Dans mon cas, la première bouchée de sucre est de trop, car mille ne me suffiront jamais.

La compulsion, « ce besoin pressant et irrésistible de manger de façon irraisonnée », fait que la taille de la première bouchée importe peu. Cela peut être une lichette, une miette, mais son effet sur moi, boulimique, est tel, qu’il suffit à amorcer la pompe qui déclenche le gavage.

Quand ?

La « première bouchée » peut être prise n’importe quand, de façon spontanée, ou préméditée, et plutôt en dehors des repas. À la fin d’un repas, cette première bouchée est celle que je prends quand je dépasse les portions « modérées » que j’avais prévues, quand je me ressers, alors que je n’ai plus faim, et que mon repas se transforme en crise de boulimie.

Comment ?

La première bouchée est souvent prise debout, de préférence devant le réfrigérateur ouvert, affalé(e) devant la télévision, en cachette des autres, dans la précipitation, en marchant dans la rue, au volant de ma voiture… Ce faisant, je me répète presque toujours la même chose :

Un seul… après j’arrête, je ne devrais pas, lundi, régime…

Dans sa technique du croque-bouffe, Nestor sélectionne avec soin certains aliments pour mieux me piéger, d’où l’origine du terme « nourriture piège ».

Les nourritures pièges

Pour moi, les nourritures pièges sont surtout le sucre raffiné, et tout ce qui est à base de farine blanche, mais cela peut aussi être n’importe quoi. Comme nous sommes tous différents, c’est à chacun d’identifier ses aliments pièges.

Nestor, lui, sait parfaitement ce qui fait « craquer » chaque boulimique, et il offre toujours la nourriture piège la mieux adaptée au goût de chacun. Il sait aussi, que certains aliments sont plus pièges, plus déclencheurs que d’autres. Déclencheur de quoi ? De cette réaction « du désir de plus », de ces énièmes bouchées qui suivront la première, pour tenter en vain de satisfaire cette insatiable et incontrôlable compulsion. 

Victime du croque-bouffe, me voilà prise au piège de la nourriture. Que se passe-t-il alors ? Après avoir mal dormi, ayant fait une crise de boulimie la veille, pendant laquelle j’ai mangé sans faim tout ce qui me tombait sous la main, je me réveille nauséeuse et le moral au plus bas. Devant les cadavres d’assiettes et de papiers vides, tandis que je capture d’un index humecté quelques miettes rescapées dans les pliures d’un paquet éventré, Nestor me serine :

Tu as « encore » craqué, demain, il faut que tu arrêtes !

Demain, hier… Et aujourd’hui là-dedans ? Dans les oubliettes ! Aujourd’hui, ce bien au-delà de toute valeur, que je ne pourrai jamais récupérer, Nestor me le dérobe.

La technique du croque-bouffe étant infaillible, Nestor gagne toujours la première manche. Maintenant comment s’y prend-il pour assurer sa victoire ?

C’est l’objet du deuxième volet de sa stratégie : me maintenir dans la nourriture. Paresseux et adepte des pièges, Nestor me présentera tout simplement les « solutions pièges », qui vont perpétuer le problème.

Extrait de "Nestor, la bouffe et moi", de Dominique Buffet, publié aux éditions du RocherPour acheter ce livre, cliquez ici

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