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Des fumeurs de crack près de la place Stalingrad, à Paris.
Des fumeurs de crack près de la place Stalingrad, à Paris.
©JOEL SAGET / AFP

Aux armes riverains !

La bataille de Stalingrad : les combats font rage pour le contrôle de la rue de Flandre…

Pour le moment, les assaillants tiennent le bon bout.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La bataille oppose ceux d’en haut et ceux d’en bas. En haut, les riverains de cette rue située dans le quartier du métro Stalingrad. En bas les dealers et leurs clients. Il ne fait pas bon habiter rue de Flandre. Elle est une des artères principales du trafic de drogue à Paris. On y vend du shit, de la cocaïne. Mais elle est surtout spécialisée dans un produit roi : le crack.

Dans la journée, cet endroit est à peine fréquentable : une déchetterie en plein Paris. Le soir, c’est l’enfer : les dealers et les toxicos tiennent le pavé. Les habitants de la rue de Flandre n’en peuvent plus. Ils considèrent qu’ils sont chez eux. Ce qui n’est pas l’avis des dealers.

Alors, excédés, à bout de nerfs, les riverains ouvrent leurs fenêtres et tirent aux mortiers sur ceux d’en bas prenant en cela modèle sur un modus operandi très en vogue dans les banlieues. Trois nuits d’incidents consécutifs depuis dimanche. Mais les dealers ne plient pas : leur activité commerciale est trop profitable pour qu’ils y renoncent.

Un jour ça peut dégénérer. Des dealers énervés par les tirs de mortier iront en haut dans les appartements. Et ceux parmi les riverains qui ont un permis de port d’arme tireront. Ce qui n’est pas sûr et au demeurant pas souhaitable.

Que fait la police ? Elle ne peut pas être présente rue de Flandre : elle est occupée ailleurs à verbaliser les conducteurs qui ne respectent pas le couvre-feu. Les dealers ne le respectent pas non plus. Certes mais si on les dérange ils risquent de devenir méchants.

Que se passe-t-il donc quand la police déclare forfait ? La réponse se trouve dans « Taxi Driver », le très beau film de Scorsese. Comme la police parisienne, la police new-yorkaise se montre incapable de ramener la sécurité dans une ville gangrenée par le crime et les stupéfiants.

Alors le héros du film, un chauffeur de taxi, se transforme en justicier. Méthodiquement, il extermine gangsters, dealers, souteneurs et voyous. C’est illégal mais pourtant il deviendra un héros national. Concédons que Paris n’est pas New York. Pas encore ? 

Ps : Un policier vient d'être tué par balles à Avignon lors d'une opération antidrogue. Un jour viendra peut être quand les policiers tireront les premiers.

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