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L’Italie championne d’Europe : un grand bonheur qui ne fut pas sans histoire 
©Laurence Griffiths / POOL / AFP

Finale Euro 2021

L’Italie championne d’Europe : un grand bonheur qui ne fut pas sans histoire 

À l'issue d'une finale hachée et âprement disputée, l'Italie s'offre le second sacre Européen de son histoire après celui de 1968. Pour ce qu'elle a montré tout au long de la compétition et parce qu'elle a su revenir au score dans un stade hostile, elle mérite son sacre.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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S'il est des huis clos qu'il faut respecter, celui d'un vestiaire peuplé de vaincus en fait assurément partie. Par un étrange effet de mimétisme, sans distinction de niveau ou de géographie, et certainement parce que le sentiment de l'échec est l'une des choses les mieux partagées au monde, les vestiaires que la défaite accable se ressemblent tous. Dans ces déserts habités les visages sont toujours à marée basse, les corps sont toujours voûtés et les pas sont d'autant plus lourds que les efforts ont été vains... Les plus touchés pleurent en hommes, la tête dans les mains, et il n'est pas difficile d'apercevoir, à la confluence du maillot, les larmes se mêler à la sueur dans une triste harmonie. Hier soir, à l'issue de la finale, ce vestiaire dévasté, c'était celui des Anglais.
De l'autre côté du couloir, dans le même temps et par un contraste saisissant, les clameurs et la liesse de ceux qui allaient connaître une aube triomphale étaient perceptibles. Ce vestiaire, au sein duquel les silhouettes des titulaires et des remplaçants se découpaient, c'était celui d'une équipe qui appartient désormais à une espèce qui honore la compétition qu'elle vient de remporter. Je vous parle des Italiens, les nouveaux champions d'Europe.
 
Le bonheur n'étant jamais sans histoire, voici la leur. Et elle est belle car leur parcours n'aura pas été une promenade de santé. Aussi, après être venus successivement à bout des Autrichiens, des Belges (beaucoup de Bruyne pour rien) et des Espagnols, les Italiens devaient hier soir terrasser les Anglais pour pouvoir jouir du privilège de repartir avec la coupe. Et à Wembley s'il vous plaît. C'est ce qu'ils firent à l'issue d'une finale tendue et âprement disputée. Une finale un rien longuette, il faut bien l'avouer, puisqu'il aura fallu aller au bout de la nuit et d'un spectacle inégal pour départager les deux équipes. Deux équipes qui s'étaient d'ailleurs équitablement réparties les deux mi-temps : La première pour les Anglais et le 3/5/2 surprise de leur sélectionneur Gareth Southgate (but de Shaw à la 2e)... La seconde pour les Italiens revenus dans le match grâce à leur foi indéfectible (Il suffira d'Insigne) et un but de l'imputrescible Bonucci (66e).

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Comme les prolongations, traczir oblige, étaient restées stériles et que le vainqueur n'est plus désigné par le jet d'une pièce en l'air depuis belle lurette, les penalties (les tirs aux dupes) étaient inévitables. Un exercice dans lequel la présence relativement intimidante de Donnaruma a fini par peser sur les débats. Il faut dire qu'avec son mètre 96 et ses 91kg, cette bombe anatomique en impose... Pour le dire autrement, face à un tel monstre et avec un tel enjeu, y'a de quoi les avoir comme deux noyaux de cerises ! Peut-être de quoi expliquer les échecs consécutifs de Rashford, Sancho (deux joueurs rentrés à la 120e !) et Saka (19 ans) dans l'exercice...En tous cas, si l'Italie est sacrée championne d'Europe pour la seconde fois de son histoire, elle le doit grandement à celui qui pourrait bien marcher sur les traces du grand Dino Zoff. 
 
Au passage, elle pourra également remercier ses milieux Jorginho et Verratti (moins bavard et moins blessé qu'au PSG) ou encore Chiesa et Insigne pour l'ensemble de leurs œuvres. Il est à espérer, surtout, qu'elle honore la performance d'un duo qui confirme que les grandes aventures Italiennes se mènent souvent à deux. Ainsi, après Al Bano et Romina Power ou encore Ricci e Poveri, il faudra désormais ajouter Bonucci et Chiellini à cette liste ô combien prestigieuse. Je vous parle là de joueurs comme on n'en fera plus, inoxydables et garantis à vie... des joueurs d'occasions, dans le meilleur sens du terme.
Leur triomphe est aussi celui de leur sélectionneur, Roberto Mancini. Un véritable redresseur de sort qui a récupéré une Nazionale en lambeaux, après sa non-qualification pour le mondial 2018, avant de la transformer en véritable machine à gagner. Aujourd'hui, son groupe reste sur 34 matchs sans défaite, soit trois ans d'invincibilité, et un titre Européen. Chapeau bas.
 
Amis lecteurs, à la lecture de ces lignes, vous comprenez que les Italiens, pour avoir aboli tous les hasards et pour s'être montrés beaucoup plus joueurs que leurs adversaires, méritent leur victoire. Et il est probable que les Anglais, avec leur insulaire de ne pas y toucher, rumineront longtemps cet échec dans leur stade fétiche. 
Évidemment, pour nous, pauvres Français vaincus depuis la semaine dernière, voir nos chers voisins transalpins heureux à ce point, non seulement ça ne fait pas spécialement plaisir, mais ça foutrait presque le cafard... Surtout à une heure pareille et quand on bosse le lendemain.
Et puis, quand ce n'est pas le sien, c'est toujours dur de voir tout un peuple qui va danser comme s'il allait mourir de joie (vous avez la chanson ?). Vous me direz, c'est toujours difficilement supportable le bonheur des autres...
Une dernière confidence : Je ne sais pas pour vous mais... juste avant de m'endormir... j'ai gardé, longtemps, et bien malgré moi, l'image de ces joueurs Italiens euphoriques perpétuant cette coutume aussi ancienne qu'étrange qui pousse tous les vainqueurs, après la cérémonie protocolaire, à ôter leurs tenues pour les jeter à la foule. Vous ne trouvez pas ça déplacé, vous, cette façon qu'ont les nouveaux propriétaires d'un trophée de laisser leurs loques à terre ? Quand il s'agit des autres, moi si.

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