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©GEORGES GOBET / AFP

Chaîne d'approvisionnement

L’industrie du recyclage frappée de plein fouet par le grand gel des activités imposé par le Coronavirus

La crise du Covid-19 a troublé la chaîne d’approvisionnement de nombreux secteurs via l’industrie du recyclage. Quels ont été les les secteurs les plus touchés et comment expliquer ce phénomène ?

Dominique Audrerie

Dominique Audrerie

Dominique Audrerie est un expert indépendant des questions environnementales.

Il est également docteur en droit de l'environnement et ancien directeur du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (en 1993).

Il est avocat à la Cour et maître de conférences.

Il est l'auteur de Petit vocabulaire du patrimoine culturel et naturel (Confluences, 2003).

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L’industrie du papier hygiénique a été l’une des premières à être touchée par la crise du Covid-19, et pour cause : tandis que la consommation de papier-toilette a augmenté durant le confinement, les fabricants de papier hygiénique ont perdu l’accès au papier (de bureau) recyclé et bon marché qui était jusque-là utilisé dans la fabrication des rouleaux de papier toilette.

En quoi la crise du Covid-19 a-t-elle troublé la « chaîne d’approvisionnement » (supply chain) de nombreux secteurs via l’industrie du recyclage ? Quels secteurs ont été les plus touchés et pourquoi ? 

Dominique Audrerie : La crise qui a suivi la pandémie liée au corona virus a entrainé, et ce point est important, une modification des comportements. En effet, si certains n'ont pas voulu y croire, nombre de personnes ont sombré au contraire dans le catastrophisme : accumulation de victuailles et de produits de nécessité … de peur de manquer !

A cela il faut ajouter la peur de l'autre, possible porteur du virus. On a pu entendre ici ou là des reproches, presque des insultes au motif de ne pas porter un masque, celui-ci pourtant apparu bien tardivement.

Les réactions primaires de chacun ont trop souvent consisté dans le désir de protection à tout prix. Le papier hygiénique a fait partie très vite de ces moyens, réels ou supposés, de se défendre des « autres ».

L'arrêt des activités de production et simultanément l'augmentation de la consommation de ce produit ont conduit à la rupture des stocks, conséquence évidente en ce domaine, comme en d'autres d'ailleurs.

On observe deux évolutions durant la crise du Covid-19. D’une part, la baisse du rythme du recyclage ; d’autre part, la meilleure intégration des produits recyclés à la supply chain et à l'économie en général. Comment expliquer cette double évolution, reposant sur deux processus à première vue contraires ?

En premier lieu on a vu que le traitement des déchets était suivant les cas fortement ralentie ou même stoppée. D'où une accumulation de déchets en des endroits divers, voire dans des décharges sauvages. De plus le traitement spécifique des déchets à risque (mouchoirs, masques, etc.) n'a pas été prévu et donc organisé avec des mesures adaptées. Face à la pénurie, surtout de la ressource, comment reprendre la production ?

La période de déconfinement étant amorcée, l’industrie du recyclage renouera-t-elle avec l'activité économique comme toutes les autres industries ? Peut-on espérer que certains progrès dans l’industrie du recyclage durent après la crise ? 

Je crois qu'une nouvelle fois l'occasion nous est donnée de reconsidérer le traitement des déchets. Ceux-ci ne peuvent plus, ne doivent plus être vus de manière négative, mais bien au contraire comme une ressource. Pour le dire autrement les déchets doivent être traités, récupérés et transformés. Outre la limitation de fait des décharges, on peut disposer là d'une matière première gratuite et en forte quantité. Certes cela suppose une modification des comportements et aussi de quelques circuits économiques au demeurant forts lucratifs pour certains. Mais il y va de la santé de notre planète, sans oublier une moindre dépendance au regard de ressources naturelles plus rares et situés dans des pays qui à leur tour veulent en prifiter.

Je le redis : nous avons aujourd'hui une occasion de revoir nos habitus vis à vis du traitement des déchets  pour  faire des déchets une ressource véritable.

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