Joséphine Baker : les délires anticolonialistes de France Culture… | Atlantico.fr
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Joséphine Baker pose avec un masque de bal à New York en février 1960.
Joséphine Baker pose avec un masque de bal à New York en février 1960.
©STAFF / UPI / AFP

Coupables peaux de bananes !

Joséphine Baker : les délires anticolonialistes de France Culture…

Elle était belle, attirante et courageuse. Mais ce qui compte aux yeux de cette radio imbécile, c’est qu’elle était noire.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Elle va entrer au Panthéon. Ce n’est que justice : Joséphine Baker a été une grande résistante. Le général De Gaulle a eu l’occasion de lui rendre hommage. Car elle a servi dans les Forces Françaises Libres.

France Culture lui a consacré une longue émission avec pas un seul mot sur sa résistance. Ce qui titille cette radio, c'est son corps. Un objet, paraît-il, de tous les fantasmes sexuels du colonisateur. Elle est, selon France Culture, le cliché absolu de tous les désirs de l’homme blanc. S’ensuivent de longs développements sur l’imaginaire torride et bestial du colonisateur.

Venue de Saint-Louis aux Etats-Unis, elle montra son corps à Paris. Le succès fut foudroyant. Pourtant les filles nues sur les scènes parisiennes ça ne manquait pas à l’époque. Mais celui de Joséphine Baker sert ici de témoin à charge contre la colonisation. Elle est la négresse lascive offerte à toutes les convoitises.

Tout y passe avec des formules et des images les plus éculées... Non content de conquérir des territoires, l’homme au casque colonial voulait aussi s’emparer du corps des filles noires. C’est assez classique. Dans chaque guerre de conquête, les filles font, hélas, partie du butin.

Le cosaque rêve du corps de la belle Polonaise. Le Français en Indochine a convoité celui de la ravissante Tonkinoise. C’est pas beau. Mais c’est ainsi. Mais le plus condamnable aux yeux de France Culture, ce ne sont pas les seins nus de Joséphine Baker mais la ceinture de bananes qu’elle porte autour de la taille et qui ne cache pas grand-chose…

La banane, voilà l’objet du délit ! Le symbole raciste ! Car, toujours selon France Culture, elle renvoie aux singes. Plus dégoûtant que ça tu meurs. Ce que cette radio omet de préciser, c’est que c’est Joséphine Baker qui a choisi cette tenue si excitante.  

Ce qu’elle oublie également de dire, c’est que sur les premières photos des débuts de la colonisation les filles africaines étaient à peu près complètement nues sans que l’envahisseur blanc y soit pour quelque chose. Quand on veut faire le procès du colonisateur, on ne s’arrête pas à ce genre de détails. Seules comptent les bananes qui servent à cacher la médaille de la résistance de Joséphine Baker. 

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