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Les jeunes Français 
ont abandonné la religion
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Enquête planétaire 2011

Les jeunes Français ont abandonné la religion

Quatrième épisode de notre feuilleton de la semaine sur la jeunesse du monde, sous la direction de Dominique Reynié. Chiffres à l'appui, l'enquête révèle que, contrairement à ses voisins, près d’un jeune Français sur deux se déclare agnostique ou non-croyant.

Dominique Reynié

Dominique Reynié

Dominique Reynié est professeur des Universités en science politique à l’Institut d’études politiques de Paris et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol).

Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Populismes : la pente fatale (Plon, 2011).

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Religion : une présence très contrastée

Parmi les jeunes des pays européens, en cumulant l’expression de l’agnosticisme et de la non croyance (1), nous obtenons un total de 38%, soit une proportion sensiblement inférieure à l’affirmation de la croyance chrétienne (46%). La jeunesse française se distingue par un intérêt moins marqué encore pour le christianisme (28%). Près d’un jeune Français sur deux se déclare agnostique ou non-croyant (49%). L’irréligion est devenue une réalité dominante au sein de la nouvelle génération française. L’affirmation de l’appartenance au christianisme est plus importante chez les Espagnols (43%). Elle est encore plus forte chez les Italiens (60%). Elle est massive chez les Polonais (70%) et chez les Roumains (76%), de même qu’est massive l’appartenance à l’islam au sein de la jeunesse turque (86%).

(1) La question portant sur l’orientation religieuse offrait les options suivantes aux personnes interrogées : « en quête de spiritualité », « agnostique », « athée », « bouddhiste », « chrétien », « hindouiste », « juif », « musulman », « shintoïste », « sikh », « d’une autre religion », « croyant, sans dénomination », « non croyant », « ne sait pas », afin d’avoir une analyse la plus affinée possible. Dans la présente note, le terme « non croyant » agrège les personnes se déclarant « athées » ou « non croyantes ».

Si, en Pologne, les jeunes sont encore nombreux à se déclarer chrétiens, ils sont cependant une majorité (61%) à se dire pas ou peu intéressés par l’idée de consacrer du temps à la religion, cette proportion atteignant 77% parmi les Allemands et 80% parmi les Français.

Dans les pays émergents, à l’inverse, c’est dans des proportions très supérieures que les jeunes se déclarent intéressés par l’idée de consacrer du temps à la religion, que ce soit au Brésil (58%), en Turquie (64%), en Inde (68%), en Afrique du Sud (72%) ou au Maroc (90%). Parmi les pays riches, la jeunesse américaine (50%) et la jeunesse israélienne (52%) se trouvent sur ce point plus proches des pays émergents que de la jeunesse européenne (24%), laquelle est comparable aux jeunesses canadienne (26%) et australienne (26%). Pour des raisons évidemment très différentes, les jeunesses des deux anciennes grandes puissances communistes sont les moins intéressées par l’idée de consacrer du temps à la religion (22% en Chine et 13% en Russie).

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


La religion, facteur d’identité

Dans les 25 pays, la jeunesse reconnaît toujours plus d’importance à la dimension religieuse dans son identité qu’elle n’est disposée à consacrer du temps à la religion, comme si le lien avec la religion devait davantage à des logiques d’affiliation qu’à des logiques d’engagement.

La foi religieuse n’est pas une valeur que les jeunes veulent en priorité transmettre à leurs enfants

C’est notamment le cas des Français (4%), des Estoniens (3%) et des Européens en général (7%), avec cependant un intérêt plus marqué chez les Roumains (20%). La volonté de trans-mettre la foi religieuse aux enfants à la maison est plus répandue chez les Américains et les Brésiliens (21%), les Turcs (29%), les Sud-Africains (36%) et les Marocains (56%).

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Extraits deLa jeunesse du monde, une enquête planétaire 2011, sous la direction de Dominique Reynié, Lignes de Repères Editions (septembre 2011)

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