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Harcèlement de rue : et si on parlait aussi de TOUS les harcèlements que l’on peut subir en France ?
©Reuters

Insécurité et incivilités

Harcèlement de rue : et si on parlait aussi de TOUS les harcèlements que l’on peut subir en France ?

Les débats sur le harcèlement de rue reviennent sur le devant de la scène médiatique et alimentent les conversations sur les réseaux sociaux depuis des semaines. Pour autant (et sans vouloir le minimiser) le harcèlement de rue ne concerne pas uniquement les femmes.

Christophe Soullez

Christophe Soullez

Christophe Soullez est criminologue et dirige le département de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) à l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Il est l'auteur de "Histoires criminelles de la France" chez Odile Jacob, 2012
et de "La criminologie pour les nuls" chez First éditions, 2012. 

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Atlantico : Pourquoi ne pas en profiter pour élargir le débat à tous les types d'incivilité ?

Christophe Soullez : Le harcèlement de rue, et principalement le harcèlement à connotation sexuelle, vise principalement les femmes. Ce sont les premières victimes et, malheureusement, elles ne déposent pas souvent plainte ce qui fait que jusqu’à maintenant ce phénomène restait plutôt caché ou tabou. C’est vrai aussi qu’il existe d’autres types d’incivilités (qui n’en portent que le nom car ce sont généralement des infractions réprimées par le code pénal) comme le harcèlement sonore (les rodéos de véhicules ou de deux roues), des comportements agressifs parfois de la part de certaines personnes sans domicile fixe ou encore tout ce qui relève de la propreté. Je pense toutefois qu’on ne doit pas placer ces différentes situations sur le même plan. Elles n’entrainent ni les mêmes conséquences ni les mêmes traumatismes. En revanche se poser la question du vivre ensemble, de la nécessité d’améliorer les rapports sociaux et donc aussi de faire un peu de pédagogie sur le respect de l’autre et de son environnement est en effet indispensable. Cela d’autant plus que ce sont ces « incivilités » qui contribuent généralement à alimenter le sentiment d’insécurité.

Ouvrir le débat sur d'autres types de harcèlement ne serait-il pas pourtant sain ?  N'est-ce pas en s'attaquant de front à tous les types d'incivilité et de harcèlement qu'on luttera de manière efficace contre le harcèlement des femmes ?

Il est clair que le débat sur le rapport aux autres et à son milieu d’évolution ne doit pas rester cantonné au seul harcèlement de rue. C’est une approche globale qui devrait être envisagée. A ce titre les campagnes de sensibilisation mises en place par la RATP sont des exemples même s’il est toujours difficile d’évaluer leur efficacité.

Enfin, quelles réponses institutionnelles pourraient déjà apporter l'Etat ? Comment expliquer que la lutte contre ce type de comportement semble être dans l'angle mort de l'action publique ?

L’Etat doit favoriser le développement de campagnes pédagogiques et clairement tournées vers la prévention de tels comportements. Mais lui, comme les collectivités locales sou encore certaines entreprises, doivent aussi se donner les moyens de réprimer plus systématiquement les comportements incivils qui tendent les relations entre les individus. Ainsi il faut une politique de sanction claire en direction des contrevenants ce qui semble être envisagé à Paris avec le développement d’une brigade de lutte contre les incivilités. Les polices municipales ont aussi un rôle à jouer et peut être devrait-on envisager l’extension de leurs compétences dans ce domaine. Les bailleurs sociaux ou encore les entreprises de transport public ont aussi des moyens légaux leur permettant d’agir. Il faut les encourager. Mais là encore c’est en combinant ces deux politiques, sensibilisation et répression, que des résultats pourront éventuellement être obtenus.

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