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François Hollande, victime 
de sa stratégie de campagne
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Malédiction ?

François Hollande, victime de sa stratégie de campagne

Le candidat PS va-t-il devoir changer sa stratégie prudente pour réagir à l'inversion des courbes d'intention de vote au premier tour ?

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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On se souvient qu’en 2007, il a fallu deux ou trois formules malheureuses à Ségolène Royal pour, en quelques jours, perdre quatre à cinq points d’intentions de vote et passer derrière Nicolas Sarkozy sans plus jamais être capable d’inverser la tendance.

François Hollande est parfaitement au fait de cette mésaventure et c’est la raison pour laquelle ses propos et son projet sont d’une grande prudence, hormis un dégagement sur le taux à d’imposition à 75 % des revenus supérieurs à un million d’euros.

Cela étant, l’hypothèse d’un décrochage “hollandais”, impensable il y a encore quelques jours, peut-elle être exclue ? Le premier sondage le donnant derrière Sarkozy au premier tour est-il sans signification ? Non. Pour la raison qu’une élection présidentielle a besoin de dramaturgie, de rebondissement, d’inattendu. Et, précisément, à quarante jours du scrutin, l’imprévu radical, le vrai coup de théâtre serait que le favori depuis des mois affronte un trou d’air qui le fasse piquer du nez.

Certes, la chose est peu probable. Mais elle correspondrait pourtant à la sanction d’une erreur commise par Hollande, maladresse qui, pour l’heure, n’a pas produit ses effets.

Le candidat socialiste est parti très tôt, trop tôt. Il a livré ses propositions trop vite et s’est mis dans une sorte de cul-de-sac. Désireux de laisser les forces d’entropie et les effets de la crise économique enfoncer Sarkozy, il a choisi la stratégie d’une guerre de position.

Le président sortant, affaibli par un bilan plombé par les difficultés économiques, s’est, par la force des choses, lancé, en ce qui le concerne, dans une guerre de mouvement. Il bouge sans cesse, se bat à fronts renversés et, puisque l’actualité internationale ne fournit pas d’événement international, de conflit, qui rebattraient les cartes, il tente de créer une sorte de tempête dans un verre d’eau, une mini-crise européenne purement hypothétique mais qui a l’avantage de souligner ses capacités à incarner le chef. D’où le dégagement sur la renégociation de Schengen, assez habile il faut l’avouer.

Car l’élection présidentielle est celle d’un homme ou d’une femme, elle ne peut être la validation du programme d’un parti. François Hollande a tenté de se dégager de la gangue de l’appareil socialiste, mais il l’a forcément moins fait qu’un Nicolas Sarkozy qui n’a pas à composer avec qui que ce soit, tant l’UMP lui est dévouée, n’existe que pour lui et par lui.

La personnalisation du pouvoir voulue par De Gaulle continue de distiller ses effets.

Que Mélenchon se maintienne durablement au dessus de 10% et que Marine Le Pen baisse encore et Nicolas Sarkozy reprendra la tête de la course. Par la suite, la difficulté sera grande pour François Hollande, à se concilier à la fois les voix du Front de Gauche, celles des écologistes avec lesquels il a déjà dû passer un accord qui lui a en réalité été imposé par le parti et celles des Bayrouistes.

Dans un jeu instable où les petits et moyens candidats peuvent réclamer leur dû en échange de leur ralliement, il est plus difficile de mener une guerre de position qu’une guerre de mouvement.

Bref, s’il veut que la victoire ne lui file pas entre les doigts, François Hollande va devoir très vite entrer dans l’arène et prendre des risques. A l’évidence, il n’aime pas cela. Sans doute parce qu’il ne se sent pas très doué pour ce type de combat, blanchi qu’il est sous le harnois de la rue de Solférino, où tous les conflits se résolvaient dans des jeux d’équilibre et d’évitement, dans le temps long de luttes d’appareil menées dans l’ombre et le silence.

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