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Geler le prix de l’essence : 
symbole d’une gauche bloquée
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A l'arrêt

Geler le prix de l’essence : symbole d’une gauche bloquée

François Hollande a proposé ce jeudi "un blocage temporaire du prix de l'essence" alors que les prix à la pompe ont atteint, cette semaine, un nouveau sommet historique. A force de proposer de geler, bloquer, maintenir ou encadrer tout ce qui bouge, le candidat socialiste ne risque-t-il pas de faire du surplace ?

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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Soucieux de ne prendre aucun risque et de ramasser le fruit élyséen, en mai prochain, en attendant tranquillement la chute de Nicolas Sarkozy, François Hollande est gagné par une progressive inertie. Elle contamine peu à peu son programme qui multiplie les références aux notions de gel, de blocage ou d’encadrement. Une forme d’aveu subliminal …

Cela a commencé par l’inepte proposition d’encadrer les loyers à la relocation. Plutôt que de libéraliser les règles de construction, seule mesure efficace pour relancer l’offre de logements et faire baisser les prix, Hollande a décidé d’appliquer une cautère dirigiste sur une jambe de bois bureaucratique. 

Il faut dire que le principal obstacle à la construction en France est la frilosité des municipalités, souvent (mais pas seulement) socialistes et communistes, qui durcissent les plans d’urbanisme pour éviter que des immeubles abritant des mal-votants ne poussent sur leur territoire. Le monde idéal d’un maire de « gauche » est celui où des bureaux peuplés de gens ne votant pas dans leur commune fournissent une matière fiscale permettant d’entretenir une clientèle électorale vivant en HLM.

Plutôt que de contrarier ce syndicat d’élus locaux qu’est le Parti socialiste, le candidat à la rose envisage donc de rajouter une couche sur le mille-feuille de règlements qui pèse sur l’estomac des propriétaires fonciers en France. Indigeste et voué à accentuer la crise du logement quand les particuliers décideront de ne plus investir dans le secteur !

La tentation gélifiante gagne maintenant le prix de l’essence à la pompe puisque ce jeudi, Hollande vient de déclarer qu’il le bloquerait après son élection, le temps de palabrer autour d’une réforme de la taxe intérieure sur les produits pétroliers. Connaissant la durée moyenne de ce genre de concertation bavarde, la machine infernale du blocage aura le temps de s’enclencher. Et puisque le coût de l’énergie entre dans celui de nombreux autres produits et services, le mal dont la France a mis du temps à se dégager, dans les années 1980, risque fort de lui être de nouveau inoculé.

Si l’on ajoute à ce festival la mise au rencart de quasiment toutes les réformes, du reste très insuffisantes, lancées ces dernières années par Nicolas Sarkozy : retraites, non-remplacement d’une partie des fonctionnaires sur le départ, baisse des cotisations sur les heures supplémentaires et de certains impôts, etc. le projet hollandais ressemble de plus en plus à un exercice de rétropédalage conduisant au surplace.

Et n’oublions pas, bien sûr, le gel de la construction de centrales nucléaires !

Le choix stratégique du candidat socialiste est simple. Les Français ont peur de la crise, ils veulent être protégés le plus possible et ont envie qu’on leur dise que rien ne bougera puisque tout ce qui change semble évoluer dans le mauvais sens. Dans ces conditions, François Hollande leur envoie le message qu’il bloquera tout ce qui semble les menacer, sauf naturellement pour la catégorie fantasmatique des « riches » qui n’est formée que d’affreux profiteurs. Inertie du candidat, ankylose du projet, paralysie de la France : quoi de plus cohérent ?

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