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François Bayrou ou Manuel Valls : quand le centre droit rencontre le centre gauche, de quoi parlent-ils ?
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François Bayrou ou Manuel Valls : quand le centre droit rencontre le centre gauche, de quoi parlent-ils ?

François Bayrou était l'invité de l'émission politique "Des paroles et des actes" sur France 2 jeudi soir. Pour le chroniqueur David Abiker, le débat avec Manuel Valls s'est résumé à une partition compliquée, faite de désaccords sur le désendettement, et de rapprochements sur l'opposition à Nicolas Sarkozy.

David Abiker

David Abiker

David Abiker est chroniqueur pour Europe 1, Canal Plus et l'Express.

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Atlantico : François Bayrou était l'invité de l'émission politique "Des paroles et des actes" sur France 2 jeudi soir. Il a notamment débattu avec Manuel Valls. Entre le candidat dit de "centre droit" et celui de "centre gauche", qui vous a convaincu ?

David Abiker : Manuel Valls et François Bayrou avaient à jouer une partition compliquée... Ne pas se heurter pour ménager l’avenir d’un soutien éventuel entre les deux tours. Ménager les susceptibilités de leurs électeurs en n’apparaissant pas trop proches l’un de l’autre. 

Voilà pourquoi le début a consisté en un échange d’amabilités. Ensuite François Bayrou a pris le parti de débattre avec l’ancien candidat aux primaires socialistes plutôt que le porte-parole de François Hollande. Une manière assez simple de le mettre en difficulté par rapport à ses positions passées sur la TVA sociale ou les finances publiques. Mais Manuel Valls a rétorqué en mettant le candidat centriste face à ses contradictions, non pas économiques  mais politiques. 

Qui choisira le centriste entre la droite et la gauche s’il n’est pas au second tour ? 

En réalité, François Bayrou a titillé Manuel Valls sur ses positions du passé, Valls a titillé Bayrou sur sa position à venir. Sur la forme, le candidat centriste a parfaitement utilisé l’ironie et le sourire. Le porte-parole de François Hollande a été plus sombre, mais son ardeur à soutenir le candidat socialiste m’a semblé bien plus évidente que celle déployée par Laurent Fabius mardi soir face à Nicolas Sarkozy.

Sur les idées, les mesures proposées et leur formulation, en quoi se sont-ils principalement différenciés ?

Ce qui fait véritablement la différence entre le programme socialiste et celui de François Bayrou, c’est que les socialistes font de la croissance un moyen de financement de leurs promesses. Le candidat centriste a lui une approche beaucoup plus circonspecte quant à la croissance comme moyen de financer les promesses de sa campagne. 

En clair, il ne croit pas aux hypothèses de croissance des socialistes. Pour cette raison, il promet peu, ou plus exactement ses promesses s’incarnent davantage dans une forme de gouvernance plus apaisée que celle de Nicolas Sarkozy et surtout, François Bayrou a un crédo depuis 1997 : le désendettement. Il se fait fort d’être légitime sur ce sujet face a un Nicolas Sarkozy qui a vu progresser la dette sous son mandat, et face à des socialistes qui promettent d’embaucher des enseignants.

Quels points communs ?

Ils ont eu un débat courtois, se sont écoutés mutuellement. Leur point commun, c’est évidemment Nicolas Sarkozy. Ils veulent être devant lui au premier tour. Mais Manuel Valls n’a aucune envie de voir François Bayrou au second.

De manière générale, que retenez-vous de cette émission ?

Je retiens la sérénité affichée de François Bayrou (sauf quand on lui demande avec qui il compte gouverner et avec quelle assemblée…) et le dynamisme de Manuel Valls. Si le candidat centriste parvenait à faire la démonstration qu’il est l’incarnation béarnaise du vote utile à droite, il pourrait peut-être créer la surprise. 

Reste qu'il semble encore trop caramélisé dans ces formules qu’il affectionne, « les Français qui en ont assez des vieux clivages », etc. Il est bien meilleur quand il est en interaction avec les journalistes et ses contradicteurs. Plus il est spontané et réactif, meilleur il est. Plus il se pose, plus son propos perd en efficacité. 

Je l’ai trouvé également assez souriant. Il est le seul des candidats à ne pas se vautrer dans la victimisation permanente des Français, et cette atmosphère de fin du monde qui donne l’impression que le pays n’est peuplé exclusivement que d’"Indignados", de candidats à l’exil fiscal et de néoconservateurs xénophobes... 

 

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